Débats

Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 19:34
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"Il est douloureux mais il ne ploie pas" fut la réponse de Menahem Begin au secrétaire d'Etat américain qui s'enquérait de la situation de son genou. Et effectivement M. Begin (zal) pouvait ressentir des douleurs mais il maintenait qu'un Juif "ne se prosterne que devant l'Eternel". Et lorsque à Camp David le président américain Carter est venu lui demander de discuter du statut de Jérusalem, M. Begin a donné l'ordre à sa suite de préparer les valises pour un départ immédiat. C'est le genou de Carter qui a plié !

 

 

Les pressions américaines peuvent être douloureuses mais l'Etat Juif ne doit pas s'y plier. Toute concession actuelle entraînera  d'autres concessions fatales.

Le fait que M. Natanyahou, après avoir brillamment expliqué les droits du peuple juif sur toute sa terre ancestrale, ait accepté l'idée néfaste d'un état arabe supplémentaire sur la terre juive est devenu un nouveau point de départ des pressions "obamiennes". Oubliées les conditions posées à la création de cet état car c'est un général américain qui entraîne la future armée "palestinienne" sous couvert de "police anti-terroriste"!

Ce ne sont pas des ovations que le premier ministre israélien a recueilli mais l'exigence insensée d'un arrêt de la construction en Judée-Samarie et même à Jérusalem. A peine ce gel inique et scandaleux est-il rentré dans les faits que l'équipe Obama exige la signature du Traité de non prolifération nucléaire, ce qu'aucune administration américaine ne s'était jamais autorisée à exiger. Et Hussein Obama se fait photographier en parlant au téléphone avec Natanyahou, les pieds sur son bureau et en montrant ses semelles. Se serait-il permis une telle attitude avec un autre premier ministre d'un quelconque état dans le monde? Une prosternation devant le Roi d'Arabie et les semelles pour Israël !

Pendant ce temps l'Iran discute avec le nouveau locataire le la Maison Blanche qui exclut le droit d'Israël d'attaquer ses installations nucléaires.

Le rassemblement des terroristes du Fatah à nos portes à Bethlehem, a prouvé de la manière la plus évidente que les "modérés" arabes veulent notre destruction contrairement aux "extrémistes" qui souhaitent notre "extermination". Il ne reste plus qu'à négocier la manière dont nous devrions commettre  notre suicide national pour complaire aux Mitchell, Kouchner, Brown et autres nouveaux vikings suédois. Natanyahou dans sa position ne devrait pas négocier avec Mitchell, un anti-israélien notoire,  mais lui envoyer son propre représentant, par exemple le secrétaire général du Conseil des localités de Judée-Samarie.  

Il fut un temps où l'arme essentielle de notre pays était le manque de choix. "Eyn Bréra" disions nous et nous réussissions les exploits les plus héroïques et les plus complexes. Aujourd'hui le manque d'esprit patriotique et l'anesthésie défaitiste opérée par la gauche israélienne nous amène à déclarer qu'il n'y a pas le choix et donc à nous croiser les bras.

C'est ainsi que nous restons impotents devant la menace arabe intérieure et devant les agissements de la cinquième colonne "juive". Huckabee, l'un des  anciens et brillants candidats républicains à la présidence US, a raison de déclarer que les dizaines de millions d'évangélistes américains soutiennent Israël et ses droits avec plus d'ardeur que "certains dans la communauté juive américaine et dans l'opinion publique israélienne". Parlons clairement et agissons avec raison juive pour regagner le respect de nous-mêmes, pour que nous puissions être compris, respectés et même soutenus.

Notre légitime indignation accompagne l'inacceptable article suédois nous ramenant aux heures les plus noires de l'antisémitisme européen. Nous avons raison d'exiger une réaction du gouvernement scandinave. Mais quid chez nous?

Qu'avons-nous fait de ces irresponsables israéliens qui ont fourni au monde entier un rapport sur des soldats israéliens qui auraient tiré sur des arabes comme toujours et par définition "civils, innocents, enfants et désarmés"? Où est la vertueuse indignation juive? Que faisons nous de ces "militants de la Paix" respectables qui ont fourni aux arabes des caméras pour filmer les actions des soldats de Tsahal? Quelles mesures avons-nous prises contre ces individus qui parcourent les réimplantations juives en Judée et en Samarie pour traquer la moindre trace de plâtre ou une nouvelle terrasse? Pourquoi tolérons nous le financement pléthorique de ces associations par des fonds étrangers officiels et hostiles?

Le ministre Yaalon a tort de parler seulement de virus avec lequel un individu affaibli et malade peut néanmoins continuer à vivre. Cette minorité masochiste qui ne représente en rien la volonté nationale finit par agir non comme un virus mais comme un cancer qui étend ses métastases jusque dans les bureaux gouvernementaux et  les universités après avoir rongé toutes les cellules saines des médias. Pourquoi serions nous le seul pays au monde où en temps de guerre, on ne punit pas l'intelligence avec l'ennemi, l'espionnage et le fait d'être un agent de l'étranger ?!

Mettons bon ordre chez nous et ne permettons pas que notre démocratie devienne une arme dévoyée par les ennemis de l'Etat juif. Nul ne force ces Juifs à rester en Israël et commençons par appeler sans complexe les choses par leur nom: Ce sont des traîtres.

Une fois isolées les cellules cancéreuses,  le peuple se ressaisira et saura que le choix est entre la fin de notre état juif ou la victoire sur tous les ennemis.

 

Il n'y a donc plus le choix.  Nous sommes condamnés à réussir, à accomplir notre destin et à vaincre.

Eyn Bréra !

 

Jacques KUPFER

Président du Bloc National des Juifs Francophones 

Par voline - Publié dans : Débats
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 20:41

Il semble qu’on ne peut, sans crouler sous les sarcasmes des « experts » , dissocier l’existence d’Israël de la bienveillance, du soutien, de « l’indéfectible amitié » américaine. On voudrait nous faire croire à une histoire d’amour idyllique. C’est oublier un peu vite la crise de Suez et la menace nucléaire (excusez du peu ! ), l’attaque monétaire contre la livre sterling et l’envoie de forces navales et aériennes pour interférer dans le dispositif franco-israélo-britannique de la part du conglomérat américano-soviétique

C’est oublier, aussi, l’attitude de l’ami américain durant la « guerre des six jours » et la riposte israélienne : le 8 juin 1967 des jets israéliens attaquent le navire-espion américain USS Liberty : 34 morts, 171 blessés.
Pour la classe politique israélienne, se souvenant des pressions américaines de 1956 , c’est le moyen de rappeler à Washington que l’État hébreux n’entend certes pas se contenter de jouer les Républiques bananières pour son compte, mais au contraire, de récupérer sa liberté d’action pleine et entière. Pour les Américains, empêtrés dans cette sombre histoire de navire-espion, ayant fort imprudemment prêté à Israël six RF-4C (version de reconnaissance du McDonnell Phantom II), appartenant à la 26ème escadre de reconnaissance tactique basée à Ramstein (Allemagne) et opérant sous cocardes israéliennes mais avec des pilotes américains (!), il importait de mettre fin, le plus rapidement et le plus discrètement possible, à une désastreuse erreur dans une guerre « non maîtrisée ». Washington ruminera son humiliation, bien décidée à rappeler qui était le maître à son encombrant protégé israélien.
L’attente durerait six ans… 1973 : la NSA indiqua à son frère israélien qu’aucune perturbation ne troublerait ce beau jour de kippour. Pas sympa…. Mais pas fini.
Jonathan Jay Pollard travaillait en 1985 en tant qu’officier de renseignement au Naval Anti-Terrorist Alert Center de Washington.
Les États-Unis lui reprocheront en particulier d’avoir livré à Israël le manuel des codes d’accès et de cryptage des écoutes de la NSA dans le monde, manuel qui fut ensuite livré par Shamir aux soviétiques .Pas sympa du tout.

Mais on s’arrangeait … Avoir un porte-avion, pendant la guerre froide, face aux alliés des russes était très utile et confortable pour Washington. Cela fournissait une armée supplétive, permettant, de fait, de ne pas engager directement des troupes US sur le terrain. Les conflits par procuration sont les meilleures des guerres pour les empires.

Puis la fin de la « guerre froide », le rapprochement avec les pays arabes, l’installation, véritable occupation, des « Marines » à l’intérieur des pays musulmans, la « neutralisation » de l’Irak, rendit caduque, plus que la victoire d’Obama, la pseudo alliance indéfectible. Les rapports diplomatiques solidaires ont laissé place aux épreuves de force et aux diktats.

Si les américains ont profité sans vergogne d’Israël, il est tout aussi évident que l’État israélien n’a jamais totalement souhaité une politique indépendante. En avait-il les moyens ? Il en avait en tout cas l’idéologie. Le Sionisme, héritier de l’humanisme religieux, a voulu concilier Spiritualité et Nation comme le prônait Yeshayahou Leibovitch.

Son organisation sociale première s’inspirait plus des fermes collectives enracinées que des théories capitalistes vagabondes. Israël état socialiste non-aligné ? Le défi aurait pu être relevé et les crises économiques majeures se succédant, n’insultons pas l’avenir. Impossible n’est pas historique.

L’existence d’un état est conditionné par la nature de ses alliances. Quelles alliances pour quelle politique ?

Si nous répondons Indépendance, cela devient : Quelle politique pour quelles alliances ?

Israël ne doit rien s’interdire, à priori. Un des premiers allié pourrait être le Liban débarrassé de l’influence néfaste du Hezbollah avec le retour aux affaires des Chrétiens à des postes de grande responsabilité ( souvenons-nous de L’armée du Liban libre du général Lahad, devenue ALS, regroupant non seulement des chrétiens maronites (majoritaires), mais aussi des musulmans).
Deuxièmement, la Jordanie et L’Égypte peuvent présenter des caractères de sûreté certains, si la question palestinienne se règle définitivement et rapidement : Un État palestinien laïque. Concernant la Syrie, il convient de jouer sur son caractère « laïque-socialiste -arabe ». Cela demanderait aux israéliens, surtout à leurs dirigeants, à se penser comme un État libre, un État indépendant, et disons-le tout net, comme un État pleinement laïque, pilier d’une Union du Proche-Orient, un Commonwealth démocratique, comparable à L’UE. Toutes les parties y ont intérêt. Il suffit, et chacun a conscience des travaux herculéens, de « décrocher » des impérialismes destructeurs d’identités opposés aux « Droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

On verra alors peut-être Israël ressembler plus au Venezuela et Netanyahou plus à Morales. Loin d’être un cauchemar, sauf pour les pilleurs de peuples, cela réalisera le rêve des premiers sionistes qui, comme Meir Dizengoff ( « Nous ne posséderons jamais des canons » ) pensaient que leur cause triompherait par la seule force morale…

« Et les résidus islamistes ? » me direz-vous.

Ils apparaîtront pour ce qu’ils sont : les collaborateurs empressés des impérialistes dans le vaste jeu de divisions et de massacres des peuples qu’est leur pratique nauséabonde du Monopoly mondial.


Jean-Marc DESANTI

Par voline - Publié dans : Débats
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 19:15

La burqa s'est donc invitée au château. Ce voile intégral, porté par des musulmanes, y a été réprouvé, lundi à Versailles, par le chef de l'État. " (Elle) ne sera pas la bienvenue ", a-t-il dit, sous les applaudissements nourris du Congrès. Plus tôt, des parlementaires, menés par André Gerin (PC), avaient réclamé une commission d'enquête sur ce phénomène et sa possible interdiction. Mais cet accoutrement répulsif, qui enferme la femme, n'est qu'un symptôme. Il révèle, plus gravement, la poussée de l'islamisme en France.

C'est une mission d'information parlementaire qui a été chargée, en définitive, de cerner ce choix vestimentaire encore marginal. Il faut dire que le Conseil français du culte musulman avait fait savoir son opposition à une commission d'enquête, accusée de "stigmatiser l'islam et les musulmans de France " : un argument spécieux, invitant à se taire. Or, la burqa comme le voile sont les signes d'une soumission et d'un rejet des règles de la République laïque (1). Doit-elle se résoudre à être défiée par ses hôtes ?

Quand Nicolas Sarkozy déplore : "Notre modèle d'intégration ne fonctionne plus", il se garde d'en fouiller les causes. Elles mériteraient, pourtant, la "remise à plat" promise quand le président parle de la crise économique, sociale, écologique. Car cette autre crise oubliée, multiculturelle celle-là, est autrement plus déstabilisante. Aristote : "L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation"(2). La France laisse venir l'épreuve, en refusant de se confronter à ceux qui rejettent ses valeurs.

Les nombreux musulmans démocrates ne peuvent se sentir solidaires d'une idéologie qui cherche, à terme, à subvertir la nation. Sarkozy parle d'or quand il dit : " Dans la République, la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions". Pour autant, cela ne doit pas interdire d'enquêter, au-delà de la burqa, sur le fondamentalisme dans les cités. La nation peut se perdre à fermer les yeux sur des processus de néocolonisation enclenchés dans des territoires déjà perdus. Cette évidence, le pouvoir devra bien l'aborder, autrement que par le petit bout de la lorgnette et en craignant de choquer.

Pourquoi faudrait-il craindre de contrarier les islamismes, qui se conduisent de plus en plus, en France, en territoire occupé et qui viennent de montrer leur vrai visage en Iran ? Les ménager encore serait faire reculer l'islam des Lumières, qui peine à consolider sa place. Notre "vieux pays", ainsi nommé par Sarkozy, aurait-il perdu le goût de se défendre ?

 

Ce que dit le peuple d'Iran
La France doit d'autant moins redouter d'interdire la burqa ou le niqab, et même de stigmatiser le voile comme fantasme sexuel imposé par des machistes, que l'islam radical qui inspire ces marques d'asservissement est en train de se faire désavouer par les Iraniens eux-mêmes. Ils ont forcé leur République islamiste, économiquement en ruine, à dévoiler son assise dictatoriale. Neda, belle étudiante tuée par balle, samedi, lors d'une manifestation à Téhéran, est devenue le symbole de cette oppression théocratique qui, au nom de ses interdits, truque les votes et tire sur les foules. Certes, on ne risque pas de voir défiler, à Paris, les islamo-gauchistes qui protestaient hier avec le Hamas contre le sort des Palestiniens. Ces indignés-là ne soutiennent que les tyrannies. Mais, en Iran, c'est un peuple aspirant à la démocratie qui ouvre la voie à une modernité sécularisée. Le régime des mollahs, qui commence à se fracturer de l'intérieur, a entamé sa chute.

L'histoire dira si ce tournant qui s'amorce en Iran aura été inspiré par la "contagion démocratique" qu'avait espérée George W. Bush au Moyen-Orient en libérant l'Irak de son dictateur, ou par la main tendue de Barack H. Obama à l'Islam, lors de son récent discours du Caire. Les deux politiques ont sans doute concouru, par des chemins opposés, à ces effets qu'elles recherchaient. Il a été en tout cas rassurant d'entendre le président des États-Unis sortir de ses pesants silences, dénoncés ici la semaine dernière et qu'approuvait la moutonnière obamania. Mardi, Obama a "condamné fermement les actions violentes ", en rendant hommage au "courage" des manifestants. Refuser de s'ingérer dans les affaires iraniennes, comme s'y astreint l'Occident avec raison, ne peut interdire, par excès de prudence, les élémentaires signes de soutien en direction de ce peuple musulman qui dit vouloir être libre.


Court-termisme
Reste la question : Nicolas Sarkozy désire-t-il vraiment prendre à bras-le-corps les problèmes les plus graves, dont celui de la sauvegarde de la cohésion nationale ? La promotion de femmes de confession musulmane, républicaines et laïques, est restée timide dans le remaniement ministériel. La tentation existe de dissiper les Français par une pipolisation de la politique, illustrée par l'arrivée de Frédéric Mitterrand à la Culture. Quand le chef de l'État assure, lundi, parlant d'économie et de social : " Le modèle français a de nouveau ses chances", alors que le rapport de la Cour des comptes, publié le lendemain, met en alerte sur les déficits colossaux produits, notamment, par l'État-providence, se retrouve cette constante attirance pour le court-termisme, qui a toujours repoussé les décisions les plus drastiques. À quand l'électrochoc ?

 

(1) Lire, à ce propos, Les dessous du voile, aux Editions Riposte laïque.

(2) J'emprunte cette citation à l'interessante étude que David Mascré vient de consacrer au meurtre de Ilan Halimi, Des barbares dans la cité, Editions de l'Infini. Le texte d'Aristote, cité par l'auteur, dit plus longuement ceci:"L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation.Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C'est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre".

Par voline - Publié dans : Débats
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 18:13

Algérienne d’origine, exilée en France avec sa famille pour échapper à la mort, elle vit au Québec depuis 1997. Djemila Benhabib vient de publier son premier essai Ma vie à contre-Coran. Une femme témoigne sur les islamistes dans lequel elle raconte la terreur qu’elle a vécu avec la montée de l’intégrisme religieux et met à nu les différentes stratégies des islamistes pour imposer leur dictature. L’auteure nous met aussi en garde contre notre trop grande tolérance vis-à-vis ceux qui cherchent patiemment à saper les bases de notre démocratie pour imposer leur vision fasciste et obscurantiste de l’islam.

Citoyenne du monde, féministe et laïque, Djemila Benhabib est tissée de la même étoffe que les Taslima Nasreen, Wafa Sultan, Chadortt Djavann et Ayaan Hirsi Ali. Ces femmes, toutes de culture musulmane, reprennent le flambeau des Lumières, et au nom de la défense des droits humains, osent avec une farouche détermination, s’attaquer à l’intégrisme islamique. Et cela, au péril de leur vie.

Nouvelles dissidentes de l’Histoire, elles mériteraient toutes de pouvoir jouir ici en Occident de la même sécurité, du même soutien, de la même admiration, du même respect et de la même attention médiatique auxquels les Sakharov et Soljenitsyne ont eu droit, à une époque pas si lointaine.

Ce livre de Benhabib, nous l’attendions depuis longtemps. Tous les « Tremblay » du Québec l’attendaient. Puisse-t-il ouvrir une brèche dans la pensée unique de nos bien-pensants qui étouffent invariablement toute critique de l’islamisme.

« J’ai écrit ce livre pour que les gens sachent ce qu’est l’islam politique, une idéologie de mort qu’on veut nous imposer. » 

En Algérie, vous avez risqué votre vie en refusant de porter le voile, alors qu’ici on le présente comme un choix personnel?
 « Le voile n’est pas qu’un simple vêtement,  il fait partie d’un « package »,  d’un système de valeurs qui est rétrograde, archaïque et barbare à l’égard des femmes parce que le voile, c’est aussi la répudiation, la polygamie, le mariage forcé et arrangé, l’excision, la non-mixité, les châtiments corporels comme la flagellation, la lapidation. Or on nous le présente comme indépendant de tout cela. Mais c’est faux. Le voile, c’est l’emblème de l’intégrisme. »

Il y a des gens qui pensent qu’il faut tolérer le voile parce qu’il fait partie de votre culture?
« Moi le voile, cela ne fait pas partie de ma culture, ni de la tradition. Ma grand-mère ne se voilait pas, enfin oui,  elle se voilait parce que ce sont des sociétés encore fortement patriarcales, mais elle ne portait pas le voile islamique tel que le font aujourd’hui les militantes islamistes. On a vu l’apparition de ce voile dans les années 80 avec Khomeini. C’est lui qui a imposé le port du voile islamique tel qu’on le voit aujourd’hui. Donc il n’est pas du tout ancré dans notre culture, bien au contraire, le voile islamique est venu chasser du décor visuel ce que nos femmes portaient comme un truc traditionnel. Il n’est donc pas une spécificité culturelle, mais bien un geste politique d’adhésion à l’islamisme politique. C’est tout. »

Et que répondre à Amir Khadir, affirmant que les femmes iraniennes ont porté le voile comme un étendard politique pour s’opposer au Shah?
« C’est bizarre,  parce que moi,  toutes les Iraniennes que j’ai rencontrées, sont des femmes qui ont dû s’exiler parce que leur vie était en danger et qu’elles ne cadraient pas avec le régime islamiste. Alors c’est bien étrange que M. Khadir n’en parle pas. Est-ce à dire qu’il n’est pas au courant de la situation? Je ne le pense pas.  Saviez-vous que la législation iranienne prescrit l’emprisonnement jusqu’à 12 mois, des amendes et la flagellation pour des infractions relatives au code vestimentaire?

Mais vous savez, en politique, il y a des choix à faire. Et si M. Khadir a choisi de parler des femmes voilées, c’est peut-être parce qu’il les soutient? Pourquoi ne parle-t-il pas des femmes opprimées, laïques et féministes? Il y en a beaucoup. Ne les a-t-il pas rencontrées? »

Devrait-on, comme le veut Françoise David, accepter le port du voile dans les institutions publiques pour empêcher l’exclusion sociale et économique de ces femmes musulmanes? « Écoutez, le Québec ce n’est pas un bazar. Le Québec est une société qui s’est donné démocratiquement des institutions laïque et égalitaire et, par conséquent, lorsqu’on pose des gestes, on doit constamment les inscrire dans ce cadre-là. On doit respecter les choix de la collectivité et le bien commun. Cela doit primer sur tous les autres choix que l’on fait. On a un contrat social à respecter. Et ceux qui disent qu’on peut accepter le port du voile dans les institutions publiques violent le consensus social. La laïcité, c’est notre ciment, et tant et aussi longtemps que les Québécois décideront de faire du Québec un État laïque, alors il va rester laïque, et tous les citoyens doivent respecter cette laïcité-là. »

Et la laïcité ouverte, cela signifie quoi pour vous?
« Moi, dès qu’on ajoute un adjectif à la laïcité, cela me dérange. Pour moi, il n’y a que la laïcité, et c’est un concept qui est très clair. C’est l’égalité entre les croyants, les agnostiques et les athées. Et l’État doit veiller à cela. Sur la place publique, on est égaux. C’est tout,  et je ne vois pas pourquoi on lui associe le terme de fermée ou d’ouverte. »

2017348595_2.jpgOn va dire de cela que c’est de l’intégrisme laïque, non?
« Écoutez, moi j’ai vécu les prémisses d’un État intégriste. Je n’en ai vécu que les prémisses et je peux vous dire que de vivre dans un tel état de peur permanente, c’est un cauchemar. Ma réflexion, elle se nourrit d’un vécu, et j’en suis arrivée à penser que nous ne pouvons vivre librement que sous un État laïque. Parce que j’ai déjà vécu sous des régimes oppressifs où il m’était interdit de dire que je n’étais pas croyante. Je ne pouvais pas le dire parce que je risquais ma vie. Cette violence-là, je l’ai vécue. »

Des femmes voilées se disent féministes à la « manière musulmane » et prétendent que nous n’avons pas à leur imposer « notre » féminisme qui n’est somme toute qu’une invention de l’Occident. Les féministes du Québec sont divisées sur cette question. D’après vous, peut-il y avoir plusieurs féminismes?
« Pour moi le féminisme, c’est s’insurger contre les injustices à l’égard des femmes, et vouloir les réparer. Et ici, je ne me pose pas la question de savoir si cette femme est afghane ou péruvienne. Je dis que lorsqu’il y a une injustice, il faut mettre fin à celle-ci.

Aujourd’hui, dans les pays musulmans et arabes, la plupart des femmes vivent dans l’injustice. Et cela, il faut le dire. Ce sont dans ces pays-là où, par exemple, les crimes d’honneur sont les plus élevés. Ce sont dans ces pays-là, où les femmes se font fouetter et lapider, dans ces pays-là, où elles se font répudier et maltraiter. Alors, on n’invente rien. On part de la réalité. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec cette réalité? On se ferme les yeux, en disant que l’Afghanistan, cela ne nous regarde pas? Ce n’est pas la voie que j’ai choisie. Pour ma part, à chaque fois que je vois une injustice, je la dénonce parce que c’est mon devoir de citoyenne du monde de le faire. Mon combat, c’est un combat universel pour les droits humains. »

Que pensez-vous de l’attitude de la gauche et des féministes vis-à-vis l’intégrisme musulman?
« Je pense que Québec solidaire, en particulier, a des positions extrêmement dangereuses et inquiétantes par rapport à l’islamisme politique. Moi je suis très inquiète quand Mme David, qui est une des grandes féministes du Québec, cède devant les islamistes et prend position en faveur du port du voile. Mais Mme David lorsqu’elle a organisé la Marche mondiale des femmes, elle ne l’a pas organisée toute seule avec le Québec, mais avec toutes les femmes du monde. C’est dire que toutes les femmes du monde ont le droit à une vie décente. Et donc, on ne peut pas être féministe au Québec et ne pas l’être ailleurs dans le monde. C’est une contradiction. Et c’est en cela que la position de Mme David est problématique, parce qu’elle nous dit : quand l’intégrisme est catholique, je vais le dénoncer, mais quand il devient musulman, là on peut s’accommoder.

Non merci! On n’en veut pas de ces accommodements. C’en est assez de « folkloriser » les femmes musulmanes. L’argument culturel et identitaire relève du pur mépris. Pourquoi des traditions injustes, façonnées dans des sociétés patriarcales, que des hommes et des femmes ont combattues partout dans le monde, seraient-elles acceptables pour des musulmanes? Parce que ces accommodements-là, ce n’est pas Mme David qui va les subir, mais les femmes musulmanes. Et moi, je ne veux pas subir ce que j’ai fui. Si j’ai fui l’intégrisme musulman, ce n’est pas pour le retrouver ici au Québec. Ici, je veux vivre comme toutes les femmes du Québec. Je demande l’égalité, c’est tout. »

Dans votre livre, vous exposez les différentes stratégies utilisées par les islamistes, aussi bien en Orient qu’en Occident. Parlez-nous de celles utilisées ici même au Québec.
« D’une manière générale, ils profitent de toutes les défaillances de l’État. Lorsqu’un immigrant arrive dans un nouveau pays, il est confronté à des difficultés et si nous, en tant que société, n’y répondons pas, alors d’autres vont le faire. Et ce sont des groupes islamistes extrêmement bien organisés et financés par des États étrangers comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite qui vont prendre en charge socialement et économiquement les nouveaux arrivants. Donc, ils les dépannent. »

Et cela se fait ici au Québec?
« Bien évidemment! Il y a des réseaux très bien structurés qui les aident à se trouver un logement ou un emploi, qui payent les loyers de certains immigrants, qui payent même parfois l’Université, qui donnent des cours d’informatique, de langues, des cours de n’importe quoi, qui organisent des conférences sur différents sujets comme, par exemple, les médias et l’islam. J’ai même déjà reçu une invitation de « Présence Musulmane » pour une conférence sur, tenez-vous bien, l’environnement et l’islam! N’importe quoi! Et il y a aussi la propagande dans certaines mosquées et écoles islamiques.

Ils ont un agenda politique qu’ils ne nous montrent pas parce qu’ils ont compris que cette stratégie n’était pas gagnante. Par contre, ce qui est gagnant, c’est de passer par la liberté religieuse, les demandes d’accommodements, parce que cela titille des valeurs qui sont fondamentales pour l’Occident. Donc, c’est sur le terrain de la liberté religieuse qu’ils mènent leur combat. Et c’est sur ce même terrain qu’ils crient au racisme et à l’islamophobie pour museler la liberté d’expression et faire taire les critiques. »

En Algérie, les islamistes ont liquidé l’élite intellectuelle mais ici, ils la courtisent…
« Vous savez les intégristes ne sont pas des idiots. Ils ont compris, par exemple, qu’en instrumentalisant les femmes, qu’en envoyant les femmes voilées aux médias, les plus pimpantes, les plus éduquées qui s’affichent comme des modèles d’intégration et présentent le voile comme un choix personnel, ils savent que cela déstabilise les gens.

Mais moi, cela ne me déstabilise pas du tout parce que ces femmes-là ne sont pas des femmes opprimées et soumises. Ce sont des militantes politiques et il faut les considérer comme telles, c’est-à-dire des adversaires politiques qu’il faut combattre. On n’a pas à faire du copinage ou du charme avec elles. Ce sont des militantes qui sont engagées dans une voie différente de la nôtre et il faut les combattre. C’est tout. »

Il y a des intellectuels musulmans qui souhaitent réformer l’islam, tels l’Algérien Malek Chebel qui nous a donné plusieurs propositions pour réformer l’islam ou encore la Canadienne d’origine pakistanaise Irshad Manji. Peut-on réformer l’islam, et pourrait-il enfin connaître son siècle des Lumières?
« Je le souhaite. De toute façon, en islam, il y a déjà des Voltaire. Il y a déjà des gens libres qui ont dénoncé un certain nombre de choses et qui ont remis en cause l’islam. Par contre, moi je ne veux pas m’inscrire dans la religion pour me libérer. Mon émancipation trouve sa place dans l’universel et la religion ne peut pas constituer l’universel. Donc pour moi, s’émanciper, c’est lutter à l’extérieur de la religion.

Je ne me situe pas dans un courant réformiste de l’islam. Il y a mille et une interprétations possibles de l’islam.  Et aujourd’hui la tendance la plus lourde qui est largement répandue dans le monde, c’est l’interprétation la plus rétrograde. Il aurait pu y avoir une interprétation moderne, mais malheureusement, elle n’est pas là. Donc moi, je ne vais pas attendre quatorze siècles encore pour réformer cette religion-là. Moi je veux vivre en femme libre, maintenant, et je veux m’inscrire dans mon temps. »

Avez-vous le sentiment d’avoir le Québec derrière vous?
« Vous savez, ce qui m’a motivée à écrire ce livre, ce sont les gens qui ont témoigné à la commission Bouchard-Taylor. Quand j’ai vu leur attachement à la laïcité et à l’égalité des sexes et les leçons que leur ont données les deux commissaires qui les ont finalement traités avec mépris et dédain, cela m’a propulsée dans l’écriture et j’avais envie de dire aux gens qu’ils sont sur la bonne voie et qu’ils ont raison de se tenir debout pour défendre la laïcité et l’égalité. Je n’invente rien, je n’ai fait qu’ajouter ma voix à celle des autres. »

Et pourtant, durant les travaux de la Commission, nombreux ont été les médias qui ont présenté les Québécois, ceux des régions en particulier, comme une bande d’attardés. Les conclusions de la commission les accusaient même d’étroitesse d’esprit et de crispation identitaire?  « Vous savez quand je suis arrivée au Québec, je voulais connaître le pays et je me suis donc baladée un peu partout. Je me suis même rendue en Abitibi en autobus en plein mois de février pour donner une conférence sur la situation des femmes musulmanes dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, et j’ai découvert un Québec généreux et ouvert. Et la façon dont on a dépeint le Québec, notamment durant la commission Bouchard-Taylor, m’a déplu parce qu’elle ne correspondait absolument pas à ma réalité.

Les commissaires ont essayé de ridiculiser des gens,  de minimiser la portée de leur message en faisant taire des voix laïques et féministes. On les a dénigrés, Gérard Bouchard les a même catalogués parce qu’ils lisaient tel journal ou écoutaient telle télévision, et moi je trouve que c’est déplorable parce que les commissaires se devaient d’être à l’écoute de tout le monde. Ce que cela m’a prouvé, c’est qu’ils sont déconnectés du peuple, et je peux dire que le peuple est beaucoup plus en avance qu’eux, sur bien des questions, notamment celle de la laïcité et celle du droit des femmes. »

Et Hérouxville?
« Vous savez, ces gens-là ne font pas peur. Par contre, avec les islamistes, je risque ma peau, à chaque minute, pour chaque mot. »

Il vous reste des souvenirs douloureux?
« Oui… bien sûr. Ce professeur, dans la cinquantaine, qui venait à la maison et qui me saluait toujours en disant « Bonjour la Jeunesse ». Il raccompagnait sa fille au lycée, lorsqu’un jeune gars est apparu de nulle part, a pointé un fusil sur sa tempe, puis il a tiré. Sa tête a éclaté, on pouvait voir son cerveau là, sur le trottoir. C’était en plein jour, en plein soleil. À l’entrée du lycée. Le gars a ensuite pointé son arme sur la tempe de sa fille de dix-sept ans, et il lui a dit : « Ça, c’est pour pas que t’oublies ». Puis, il est parti. Ce gars-là, j’ai joué aux billes avec lui lorsque j’étais toute petite.
Sur la rue, des volets se sont refermés, et j’ai compris que la lâcheté est humaine, mais vous savez, le courage aussi, c’est humain. »

djemila-benhabib-vit-coran-L-1.jpgMA VIE À CONTRE-CORAN
Une femme témoigne sur les islamistes
Djemila Benhabib
Vlb éditeur  Montréal,  2009, 268 pages

L'aut' journal Format papier 
Avril 2009 - no.278

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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 23:14

Une mise au point s’impose : De quoi parle-t-on ?
Et d’abord, comme Israélien, je commence par une confession : Oui, il y a beaucoup de choses honteuses dans notre pays. Oui, surtout dans les territoires occupés, la population souffre de bien des injustices et des violences non justifiées. Beaucoup d’Israéliens, et des meilleurs, le reconnaissent, le regrettent, parfois le combattent. Même en haut-lieu, on avoue que… Et parfois les autorités réagissent, punissent les responsables – dans combien d’États en guerre ferait-on cet effort – mais trop peu, très peu. Bien des cas sont camouflés, ou oubliés. On fait une enquête et, six mois après, rien ne s’est passé. Ce n’est pas mon propos aujourd’hui. Du reste je sais que si je disais tout en vrac, bien de nos amis qui idéalisent Israël – qui n’a jamais tort, bien entendu, il y a toujours une justification, une explication – feraient à « Un Écho » des reproches. Or nous sommes censés ne dire que de belles choses. Et pourtant la vérité prime.

Mais la vérité réclame des nuances, et pas seulement la moitié des faits. Et c’est là que l’on devrait compléter le tableau : quand les journaux (européens ou arabes etc.) ne disent que le négatif, ce n’est plus la vérité. Or c’est très souvent le cas. Il faudrait une conscience solide et une patience rare pour toujours dire : oui, mais… Même les journalistes honnêtes n’ont pas le temps, jour après jour, de rentrer dans ces précisions, et ils ne savent pas tout non plus. Cette mise au point sur la situation en Israël pour combattre les exagérations et les calomnies demanderait un long article (ou plusieurs), revenons donc pour cette fois à l’apartheid.

Ceux qui disent ce mot ont tout simplement oublié ce qu’il veut dire, ou ne l’ont jamais su. Et l’inexactitude dans le langage est mortelle. Comme tout mensonge : on jette du poison dans une rivière et on ne peut plus courir après pour en neutraliser les effets.

Il n’y a pas d’apartheid en Israël

L’apartheid, faut-il le rappeler, c’est séparation, isolement total ; c’est dire : il y a deux poids et deux mesures dans toute la vie pour les blancs et pour les noirs – disons ici : pour les Juifs et pour les Arabes. On ne peut s’asseoir sur le même banc, voyager dans les mêmes autobus, se rencontrer dans les magasins, habiter dans les mêmes quartiers, etc.

Toutefois, avant de faire un tableau positif, il faut reconnaître qu’il y a des inégalités entre Juifs et Arabes même en Israël, ici ou là, et les journaux ne manquent pas de le signaler. Je me rappelle la belle décision d’un député de droite qui disait : Si nous arrivons au pouvoir, il faudra qu’on fasse un grand ménage dans cette situation. Donc il en avait conscience.

Du reste n’y a-t-il pas aussi des inégalités dans la population juive ?
Et que dire des autres pays ? Il y a pareil et parfois pire. Mais ce n’est pas une consolation, une justification. Amos Keinan, journaliste, auteur et sculpteur – à qui on disait : Mais regarde ailleurs, c’est pire ! – répondait : Je ne suis pas responsable des autres pays : c’est ici que je dois combattre les injustices.

Enfin, avouons, oui, il y a des lieux d’apartheid dans les territoires palestiniens sous contrôle israélien. Des cas localisés comme ces routes réservées aux habitants juifs des implantations dans les territoires palestiniens. Bien sûr, on répondra : C’est qu’il y avait des attentats, ou jets de pierre sur leurs autos quand la route était commune. Bon, mais est-ce une réponse ? Et les conditions de circulation sont-elles égales pour tous ? Les Palestiniens du coin doivent faire des détours par de mauvaises routes.
Et pourtant, ce cas dû à une situation de conflit (et à une attitude d’insensibilité au malheur de l’autre) n’est pas à généraliser. Revenons donc au territoire d’Israël, où l’on nous dit que règne l’apartheid.

J’habite un quartier en bordure du village de Sour Baher, que je vois de mon balcon. Et je me réjouis de voir les défilés de voitures pour les noces, décorées et klaxonnant en cadence, puis les feux d’artifice dans le village. Et les muezzins qui font entendre l’appel à la prière (ici c’est très beau, voix humaine et non disque trop fort), même le jour de Kippour. Dans notre autobus, qui passe au pied de leur colline, on est assis à côté de jeunes arabes qui rentrent au village, certains téléphonent à haute voix en arabe avec leur portable. Une fois c’est un soldat qui se lève pour faire asseoir une femme arabe qui vient de monter. Une autre fois, c’est une arabe qui fait lever son gosse pour donner la place à une vieille juive ; et alors une juive souriante appelle le gosse et le prend sur ses genoux. Rien de tel que les voyages en bus pour voir ces choses au jour le jour.

Dans les grands magasins du quartier juif de Jérusalem ouest, des femmes arabes élégantes font leurs emplettes, et la vendeuse les sert en souriant (bon, elle a intérêt, bien sûr), dans la rue on voit une femme juive sortir de sa voiture en compagnie d’une palestinienne amie, et elles bavardent en riant. On peut multiplier les exemples, et on doit aussi avouer que d’autres se conduisent moins bien, qui sans doutent bousculeraient autant leur femme ou leur voisin.

Mais surtout, il faut citer les hôpitaux israéliens. Tout le monde sait que là, c’est l’égalité parfaite, médecins, infirmiers, infirmières, malades sont juifs et arabes. L’accueil et les traitements se font sans la moindre discrimination. J’ai eu la chance d’être hospitalisé plusieurs fois, et parfois pour de longs séjours. Là on n’a rien à faire d’autre que de regarder autour de soi, en attendant que les heures passent. On voit médecins et infirmières juifs et arabes travailler ensemble en souriant. Quand on a un problème de langue, on se met en quatre pour trouver un traducteur. (Je connais un éditeur qui est aussi prof d’arabe à Hadassa, le grand hôpital de Jérusalem, et après des années d’enseignement, il a publié un guide de conversation hébreu-arabe traitant de tous les sujets médicaux).

Un cas assez typique : un terroriste fait sauter des explosifs parmi des civils, il est lui-même gravement blessé. Le médecin en charge a déclaré : « Bien sûr, c’est un terroriste, mais pour moi pour le moment, c’est un blessé que je dois sauver. »

Je me rappelle aussi ce vieux juif de 85 ans, grincheux et rouspétant, qui une nuit accusa un infirmier arabe de lui avoir volé des médicaments : “Je me plaindrai à la police !” Le lendemain matin sa fille vient le voir, et je les entends parler du cas. « Mais c’est moi qui te les ai pris, tes médicaments, pour éviter que tu en prennes trop ! » Et sachant ce qui s’était passé elle exigea qu’il vienne au bureau s’excuser auprès de l’infirmier arabe (qui, lui, avait été très gentil, même face aux accusations). Et le vieux s’en alla au bureau bredouiller ses excuses. Il se trouve que ce matin-là, cet infirmier arabe était le responsable de la section, à la tête de l’équipe d’infirmières juives plus jeunes que lui.

Quelques autres faits pas banals  :

– il y a quelques années la reine de beauté en Israël était une jeune fille arabe chrétienne de Galilée (et elle le méritait bien). – au grand hôpital de Nahariya on avait le choix, comme nouveau directeur, entre deux juifs et un arabe. On choisit l’arabe, parce que jugé plus compétent. – ces jours-ci, les journaux annoncent la nomination d’une arabe de Galilée professeure et chercheuse en science du comportement au poste de professeur à la Faculté académique d’Emek Izrael. C’est la première fois que la Commission pour les Hautes Études donne à une femme arabe le titre de professeur(e) [orthographe moderne discutée en France]. – et l’équipe de football du village arabe de Sakhnin a remporté la coupe nationale il y a quelques années.

Il faudrait aussi mentionner tous les mouvements de collaboration entre des Juifs et des Arabes, surtout entre des femmes juives et arabes, soit une juive et une arabe écrivant un livre ensemble, soit deux groupes jumelés agissant ensemble pour un but humanitaire.

Eh bien, ce n’est pas encore l’apartheid dans notre pays.
Yohanan Elihaï   http://un-echo-israel.net/spip.php?article7212

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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 19:29
« Vers l’olivier de la réconciliation »
Cette petite association a vu le jour il y a presque 7 ans maintenant, en décembre 2001. Elle s’est constituée pour donner suite à une formation, intitulée « Pour l’amour de Sion », qui a duré 3 mois, au centre chrétien de Gagnières (dans le Gard, en France), de janvier à mars 2001. Cette formation avait comme but d’enseigner aux chrétiens de différentes Eglises le lien que les chrétiens ont avec Israël, peuple choisi par Dieu.

L’association est interconfessionnelle : elle inclut des catholiques, des protestants et des évangéliques, qui viennent de différentes régions de France et d’Israël. Elle collabore avec d’autres associations de buts analogues.


Pourquoi ce nom ?
Dans la lettre aux Romains, chapitre 11, versets 16 à 24, Paul demande aux chrétiens d’origine païenne de ne pas faire les fiers, car c’est la racine – Israël - qui les porte. Il annonce un jour où tous, Juifs et païens, nous serons sur le même olivier, les païens étant greffés sur Israël.


Son but

La vocation principale de l’association « Vers l’olivier de la réconciliation » est de se mettre au service de l’Eglise de Jésus-Christ dans la découverte, ou la re-découverte de ses origines juives et l’épanouissement de ses relations avec le peuple juif. Elle s’adresse donc aux chrétiens en s’appuyant non seulement sur les Ecritures, mais aussi sur tous les textes récents de nos Eglises, souvent si méconnus. Nous croyons aussi que plus les Eglises retrouveront leurs racines, plus l’unité des chrétiens progressera.
Pour cela, l’association enseigne aux chrétiens qui le souhaitent les bases bibliques, historiques, théologiques et culturelles de la foi en Jésus Christ, sachant que la personne de Jésus de Nazareth et le Nouveau Testament sont inséparables d’Israël, Ecritures, pays et peuple.

D’autres buts sont aussi développés comme celui d’apporter une information aux chrétiens sur le peuple juif : sa raison d’être, ses origines, son histoire, sa destinée ; favoriser la rencontre interculturelle et interreligieuse entre Juifs et chrétiens. Notre désir est encore d’« être avec » le peuple juif aujourd’hui et demain, en respectant sa méfiance historique à l’égard du christianisme, dans l’attente de la venue en gloire du Messie.

Une autre orientation également très forte de l’association est de lutter contre toute forme de théologie de substitution, la théologie du remplacement [d’Israël par] l’Eglise qui a perduré, hélas, beaucoup trop longtemps. L’Eglise a cru, pendant des siècles, qu’elle était le nouvel Israël, et qu’Israël n’avait plus sa raison d’être. Aujourd’hui, l’Eglise demande pardon et reconnaît que les « dons et les appels de Dieu sont sans repentance ». Dieu a un projet avec Israël, qui ne s’est pas arrêté quand il y a eu la naissance de l’Eglise ! Il y a donc une implication forte de l’association dans l’enseignement du projet de Dieu selon la Parole pour Israël et pour l’Eglise.


Ses activités

« Vers l’olivier de la réconciliation » travaille par le moyen de conférences, de week-ends d’hébreu biblique, de séminaires, longs ou brefs, un peu partout en France (en Alsace, au s-ud et au nord), en Belgique, en Suisse et même en Martinique !

·         Les conférences de sensibilisation développent les thèmes ci-dessus et invitent à un approfondissement qui prend diverses formes.

·         Les week-ends d’hébreu biblique incluent l’étude de commentaires juifs et chrétiens.

·         Les séminaires de week-end incluent des enseignements théologiques, bibliques, historiques, l’étude de documents d’Eglise, des temps de prière et de partage.

·         Chaque année, un séminaire d’une semaine, sur un thème : « Lumière des nations et gloire d’Israël », « Soukkot », etc. En 2008 le sujet était « Être enraciné dans l’Alliance », en partenariat avec d’autres associations (Nesher, Emeth), avec lesquelles nous avons d’autres occasions de travailler.

·         Des voyages de deux niveaux en Israël sont proposés. Le premier est un voyage-découverte, où, pour la première fois, les gens mettent le pied sur la terre d’Israël, découvrent les lieux bibliques, lisent la Parole de Dieu - aussi bien l’Ancien que le Nouveau Testament - sur les lieux, mais ont aussi des rencontres avec des personnes vivant dans le pays. Le second niveau est ce qu’on appelle un voyage d’approfondissement. Les personnes qui y participent ont déjà eu l’occasion de visiter le pays, et l’orientation est davantage vers la prière, aller à la Source, être avec le peuple, à la rencontre de nos frères chrétiens et juifs de cette Terre.


Agnès Staes

 

© Un écho d’Israël  
LE SITE  "Un écho d’Israël".

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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 19:42

A Mythical Childhood in Jerusalem / Unraveling the Mystery / An Avatar of Palestinian Suffering / Evicting Martin Buber / Said's Network of Friends / The Response of Independent Journalists / Generating a Smokescreen / Should Intellectuals Lie?


A Mythical Childhood in Jerusalem

Professor Edward Said of Columbia University is the Western world's foremost spokesman for the Palestinian cause. Said, a world-class writer, elevated his personal parable of a paradise destroyed and dispossessed to his trump card in articles, books, lectures, interviews, and television documentaries. He presented himself as the genuine article - a dispossessed Palestinian refugee deserving of "reparations" for what he claimed was his house and his father's business.

Said writes, "I was born, in November 1935, in Talbiya, then a mostly new and prosperous Arab quarter of Jerusalem. By the end of 1947, just a few months before Talbiya fell to Jewish forces, I'd left with my family for Cairo."1 He wrote elsewhere, "I was born in Jerusalem and spent most of my formative years there and, after 1948, when my entire family became refugees, in Egypt."2

For years, the eminent intellectual and activist has told his life story as an allegory of the Palestinian people, but it is not his life story. Jerusalem, about which he claimed "nearly everything in my early life could be traced," was in fact the home of relatives whom Said occasionally visited.

Recently, Commentary magazine published "'My Beautiful Old House' and Other Fabrications of Edward Said," an expose I had written of the myths Said had created while reinventing his life story to become a "Palestinian refugee."3 In addition, the Wall Street Journal published a condensed version entitled "The False Prophet of Palestine" (August 26, 1999).
LIRE LA SUITE : http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DBID=1&TMID=111&LNGID=1&FID=380&PID=0&IID=1184

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Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /Oct /2008 19:26
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Une voix qu'il faut entendre. Il ne s'agit pas d'être "pour" ou "contre". Entendre simplement...
JM
L’amalgame, établi par la puissance dominante et les médias, entre juifs et sionistes conduit à rendre les juifs du monde entier responsables des crimes de Tsahal. Par un cruel retournement de l’Histoire, les juifs qui s’étaient battus contre le racisme hitlérien se trouvent aujourd’hui assimilés à l’apartheid israélien. Pour Alain Benajam, il est urgent qu’ils se débarrassent des sionistes comme les Allemands se sont débarrassés des nazis...

Je suis juif, mon épouse également et par conséquent mes enfants et petits enfants le sont. Je suis juif et à 63 ans, pour la première fois de ma vie je suis inquiet d’être juif.

Je suis inquiet car de nouveau dans l’histoire des juifs, il leur est attribué, dans leur ensemble des intentions de malfaisance. Intentions qui encore une fois dans leur pénible histoire les rendront responsables des pires maux pouvant accabler l’humanité.

Je suis juif, mais athée ce qui ne rend pas moins juif aux yeux des croyants. Ta mère est juive donc tu es juif me disent-ils. Je suis également juif aux yeux de beaucoup de non-juifs pour qui souvent être juif est appartenir à une race, ce qui est faux mais admis par le commun, il n’y a pas de races humaines. Je pourrais être juif malgré moi, mais j’assume. Il m’arrive d’aller à la synagogue faire le 10ème pour la prière quand mes amis me le demandent ; athée, je ne respecte pas moins la religion de mes ancêtres.

Je me souviens de ma grand mère née dans un « schtetel » du côté de Vilna en Lituanie qui me racontait comment les cosaques de Nicolas II traversaient le village au galop en sabrant ça et la hommes, femmes et enfants, comment elle devait courir se cacher dans les bois à leur approche. Dans son village on vénérait la France on disait « Heureux comme Dieu en France » dans son village on aimait les idées républicaines et révolutionnaires, on chantait La Marseillaise et L’Internationale en yiddish. Ma grand mère fut envoyée en France pendant que de nombreux membres de sa famille s’engageaient dans la révolution bolchevique. À Paris ma grand mère connu mon grand père, lui venait de Vilna également, il avait fait son service militaire en 1905 dans l’armée du tzar à Minsk, il en était devenu communiste.

C’est la raison pour laquelle j’ai coutume de dire que ma famille provient de la 8ème tribu d’Israël, les judéo-bolchéviques, tribu ayant fait beaucoup parler d’elle.

Pour moi donc être juif, c’était très tôt s’engager dans le combat contre les persécutions, le racisme, l’injustice.

Etre juif, c’était également suivre l’exemple de nombreux juifs qui en France, en Russie et dans le monde s’étaient engagés pour l’égalité des droits entre les hommes et par conséquent pour la République et la laïcité de l’État leur permettant ainsi de pratiquer librement leur religion.

J’ai toujours pensé que ma judaïté m’obligeait à m’engager pour le droit et la justice.

À 18 ans, j’ai naturellement adhéré au Parti Communiste Français ; à l’époque, parti prestigieux dont la plus part des cadres étaient issus de la Résistance. C’étaient de durs combattants ayant connu la terreur fasciste, le nazisme et l’antisémitisme. C’est le colonel Rol-Tanguy qui fit mon adhésion valeureux combattant en Espagne dans les Brigades Internationales, chef FTP sous l’occupation nazie puis chef des FFI parisiens ayant déclenchés l’insurrection victorieuse du peuple de Paris. Il n’a pas eu de mal à me faire adhérer.

À Paris au début des années 60, dans le 10ème arrondissement beaucoup de militants communistes étaient juifs, venus dans ce parti naturellement car il avait combattu leur persécuteur nazi. À cette époque, seul le PCF parlait de la solution finale, on y diffusait souvent le film d’Alain Resnais Nuit et Brouillard, on y écoutait Jean Ferrat qui chantait :
« Ils étaient vingt et cent ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
. »

J’y ai connu mon épouse, juive également, venant d’une famille de combattants communistes d’origine polonaise. Dans sa familles on a laissé un lourd tribu au fascisme, massacrés, déportés, fusillés, on ne compte plus les médaillés pour fait de guerre contre l’occupant.

Dans ma famille, nous avons une longue tradition de combat contre l’oppression, des traditions que nous ont légués nos parents et que nous avons légué naturellement à nos enfants.

Dans ma famille, on ne parlait pas ou très peu d’Israël, c’était pour nous un pays étrange et étranger, nous étions Français, fier de l’être et surtout d’avoir combattu pour que vive la France. Personne n’a jamais eu la moindre idée d’aller s’installer dans ce pays. Dans ma famille, on a jamais aimé les théories sionistes, qui pour nous s’apparentaient au racisme honni. Naturellement et conformément à nos traditions nous avons pris fait et cause pour le peuple palestinien persécuté, par des juifs certes, mais des Israéliens qui nous étaient parfaitement étrangers. Etre juif pour nous n’est certainement pas constitutif d’appartenir à une nation. Laïques nous sommes et l’appartenance religieuse ou ethnique ne peut engendrer une appartenance nationale.

Français, nous avons pris le parti de l’opprimé contre l’oppresseur tout simplement.

L’esprit de la Résistance oublié avec la paresse du temps, le Parti Communiste est mort de sa belle mort, dans son lit, je l’ai donc quitté et j’ai rejoint Thierry Meyssan qui venait de fonder le Réseau Voltaire. J’ai apporté au Réseau Voltaire ma sensibilité et mon expérience du Parti Communiste fait de lutte contre l’impérialisme.

Le 11 septembre 2001 après midi, pour moi comme pour Thierry Meyssan, ce que nous voyions et entendions à propos des attentats nous avaient mis sérieusement dans le doute quand à une action de terroristes islamistes. Visiblement tout avaient été concocté pour faire accuser les musulmans dans le but de déclencher une guerre de civilisation. Le Réseau Voltaire a pris rapidement la position que tout le monde connaît et qui est maintenant partagée par une bonne partie de la planète. Face aux premiers éléments de notre contestation de la version officielle, incroyable, imputant comme responsable de ces attentats un homme connu pour avoir été un agent de la CIA, Oussama Ben Laden, le département d’état des USA, puis lui emboîtant le pas comme toujours, le monde politico-médiatique, nous accusa de négationnisme, révisionnisme et antisémitisme.

Ces terribles accusations se référaient à l’holocauste des juifs et semblaient nous dire que si nous contestions une version officielle, nous étions complices de ceux qui contestaient l’existence des camps de la mort, sombre rhétorique, clouant d’avance au pilori toutes critiques portées contre toutes versions officialisées de crimes.

La plus terrible des accusations ne pouvait être que rapidement lancée face à la stupéfaction d’avoir été aussi rapidement démasqué. Il fallait pour les auteurs de ces criminels attentats frapper très fort, le plus fort possible, c’était le « Frapper et terrifier » de leur doctrine de guerre asymétriques. Quoi de plus abject que de nier l’holocauste des juifs d’Europe. Le monde politico-médiatique s’est engouffré dans cette voie montrée par Donald Rumsfeld lui-même dans une intervention à la télévision.

La suite des événements nous donna raison, prenant prétexte de ces attentats les Anglo-saxons et leurs alliés sionistes se sont lancés dans une suite de guerres ayant déjà fait plusieurs centaines de milliers de morts sur plusieurs théâtres, Afghanistan, Irak, Liban et récemment Caucase, ils auraient bien voulu attaquer l’Iran, mais là les militaires états-uniens on dit stop, on arrête les frais, les militaires sont des gens sérieux qui savent ce que la guerre veut dire.

Les Anglo-saxons avaient pourtant prévenu dans un texte paru en 1996, Project for a New American Century qu’ils prendraient toutes dispositions pour s’accaparer la planète, ils suivent ou plutôt ils essayent de suivre leur plan de route, ou plutôt de déroute.

Afin de geler toutes critiques de leurs terribles méfaits, les Anglo-saxons crurent intelligent d’engager Israël et pourquoi pas tous les juifs dans leur nouvelle aventure impérialiste en se dissimulant derrière le tabou absolu de l’holocauste. Ils ont ainsi déployé la rhétorique simpliste et sinistre suivante : critiquer l’un des protagonistes de cette aventure, c’est être forcément antisémite, négationniste et révisionniste.

En 2006 ils ont engagé le respectable Centre Simon Wiesenthal pour accuser Hugo Chavez d’antisémitisme, j’ai pris la plume à l’époque pour fustiger ce massacre d’image [1]. Les sionistes sont sans vergognes et particulièrement irresponsables.

Comme cette rhétorique fonctionne parfaitement bien et ayant réussi à faire taire durablement même les simples critiques de leurs crimes, les Anglo-saxons avec leurs marionnettes et affidés ont étendu l’accusation jusqu’à ceux qui critiquent leurs alliés périphériques.

C’est ainsi que l’on retrouve ce type de rhétorique alambiquée à l’encontre d’un article écrit par Thierry Meyssan accusant Nicolas Sarkosy d’avoir été porté au pouvoir en France avec l’aide soutenue des Anglo-saxons ! [2]

Cette même rhétorique court dans la blogosphère à un nombre étonnant d’exemplaires

Une autre accusation de négationnisme a été également récemment portée par la nomenklatura politico-médiatique à l’encontre de Jean-Marie Bigard qui avait osé émettre publiquement des doutes sur la version officielle états-unienne des attentats du 11 septembre 2001.

La généralisation de ces accusations galvaudées, émises hors du propos initial à l’encontre de tout le monde et de n’importe qui, pour de simples buts de polémique politique, porte un grave préjudice aux juifs.

Cette généralisation, banalisée, édulcore la gravité de l’accusation et tend à la rendre inopérante. Déjà les négationnistes véritables tentent de se présenter comme des victimes et s’engouffrent dans la brèche. C’est bien ce qui était recherché, créer ce type d’amalgame pour anesthésier toutes critiques à l’encontre des criminels.

Et bien ceci est inquiétant et va à l’encontre de l’intérêt des juifs qui se doivent de garder ce tabou net et intacte afin que cet holocauste ne puisse un jour se reproduire.

Déjà les juifs se doivent de supporter les exactions israéliennes. Quand Tsahal envoie des bombes et des obus contre le peuple libanais tuant femmes et enfants avec inscrit sur les engins de morts : « De la part des juifs », c’est terriblement choquant pour moi et ma famille. Quand les sionistes tentent de créer un amalgame entre juifs et Israéliens, ceci ne peut qu’introduire une suspicion dans l’attachement des juifs de France à leur seule et unique patrie, la France.

Quand les sionistes israéliens se livrent à tous les crimes possibles, ayant soutenu par le passé l’apartheid en Afrique du Sud, puis les pires dictatures sud-américaines et encore récemment ont apporté leur aide au criminel géorgien Saakashvilli qui a donné l’ordre, nuitamment, d’écraser sous les tirs de roquettes GRAD (orgues de Staline) la capitale d’Ossétie de Sud faisant des centaines de morts. Quand les sionistes israéliens ont organisé chez eux un apartheid encore plus terrible que celui d’Afrique du sud, il est bien évident que les juifs ne peuvent être qu’inquièts.

Tous ces crimes perpétrés en leur nom !

Au moment ou la référence à l’holocauste est instrumentée d’une irresponsable manière pour faire taire tout opposant politique, au moment ou les Anglo-saxons et leurs alliés sionistes profitent de ce silence pour commettre plus de crimes encore, il y aura forcément un temps ou la réaction des opprimés finira par s’en prendre aux juifs et là je suis inquiet.

Le peuple allemand s’est débarrassé du nazisme.

Que les juifs du monde se débarrassent enfin du sionisme, ils retrouveront ainsi leur âme et leur vocation qui est de lutter contre l’oppression et mes ancêtres dormiront en paix.

 Alain Benajam
Chef d’entreprise. Membre fondateur et administrateur du Réseau Voltaire
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /Sep /2008 21:01

Cet article, publié il y a plus de deux ans dans la revue Forum-Israël (disparue depuis), n'a malheusement rien perdu de son actualité. Alors que la probable future Premier Ministre de l'Etat d'Israël vient d'être élue par quelques milliers d'électeurs du parti Kadima, il convient de s'interroger sur ce parti : s'agit-il d'un feu de paille politique, destiné à disparaitre à plus ou moins brève échéance, ou bien d'un phénomène plus profond, traduisant des évolutions significatives de la société israélienne : individualisme, postsionisme et crise des idéologies ?

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Tzipi Livni, elue par quelques milliers de membres de Kadima

 Le phénomène Kadima constitue à bien des égards une énigme politique. Apparu subitement sur la scène politique israélienne, le parti Kadima a conquis en un temps record le pouvoir, sans appareil politique et sans véritable programme. Si tout le monde s'accorde pour dire qu'il s'agit d'un tour de force politique, les interprétations divergent quant à l'identité réelle de ce parti. Pour certains observateurs, c'est un parti centriste, "pragmatique et non idéologique 1". D'autres y voient au contraire l'incarnation de l'idéologie postsioniste.

 Pour tenter d'élucider cette énigme, nous proposons d'interpréter le phénomène Kadima comme la victoire de l'idéologie pacifiste, représentée par le mouvement Shalom Archav ("La Paix Maintenant"), né au lendemain de la guerre de Kippour. Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter plus de trente ans en arrière, jusqu'au traumatisme qui a suivi la guerre de Kippour. Kadima est en effet, comme Shalom Archav, un phénomène sociologique tout autant qu'un mouvement politique.

 Amnon Lord, un des observateurs les plus lucides de la gauche et de l'extrême-gauche israélienne, dont il est issu, apporte dans son livre Milhama Ba-Bayit (2) quelques observations capitales pour comprendre le lien qui unit Kadima à Shalom Archav. Nous tenterons d'expliquer comment la victoire du parti créé par Ariel Sharon en 2005 s'inscrit en réalité dans la droite lignée du mouvement pacifiste né au lendemain de la guerre de Kippour, tant par son programme politique, que par sa stratégie de conquête du pouvoir et par ses motivations psychologiques profondes.

 1. Le programme politique

 L'analyse du programme politique de Kadima montre qu'il est en fait quasiment identique à celui du mouvement pacifiste Shalom Archav, résumé par le slogan : "deux Etats pour deux peuples". Ce slogan trompeur correspond bien au programme de Kadima, premier parti de gouvernement qui affirme ouvertement sa volonté de créer un Etat palestinien judenrein à l'ouest du Jourdain, en expulsant manu militari les populations juives de Judée et de Samarie (même si son programme prétend que cet Etat sera "démilitarisé" et ne verra le jour qu'au terme du processus prévu par la "feuille de route").

 Reprenons point par point le programme de Shalom Archav 3. "Partage de la terre entre les deux Etats selon le tracé de la Ligne verte" : à cet égard, Kadima a adopté la plateforme de Shalom Archav, puisque la fameuse "barrière de sécurité" qui épouse grosso modo le tracé de la Ligne verte est destinée de toute évidence, et malgré les dénégations de ses promoteurs, à devenir la frontière permanente de l'Etat d'Israël.

 "Partage de souveraineté sur Jérusalem" : sur ce point, Kadima reste encore dans le flou, mais plusieurs éléments indiquent que le partage de Jérusalem ne constitue aucunement un tabou pour le gouvernement Olmert-Peretz, et que l'ancien maire de la Ville sainte a depuis longtemps accepté l'idée d'un partage de la capitale. Lors de sa récente tournée des capitales européennes, Olmert a ainsi déclaré que "tous les quartiers arabes ne feront pas partie de la ville dans l'avenir 4"...

"Démantèlement des colonies juives de Cisjordanie et de Gaza". Sur ce point capital, Kadima a non seulement adopté la plateforme de Shalom Archav, mais il en a même fait le cœur de son programme et de sa campagne électorale. C'est sans doute la seule promesse électorale que Kadima risque de tenir : la paix n'est pas à l'ordre du jour, les tirs de missiles Qassam sur les villes israéliennes se poursuivent, les inégalités économiques risquent de se perpétuer... Mais une chose est (presque) certaine, c'est que le gouvernement d'Ehoud Olmert chassera de leurs maisons les habitants juifs de Judée-Samarie. Nous verrons plus loin quelles motivations psychologiques expliquent cet ordre de priorités du parti Kadima.

"Retour des réfugiés palestiniens sur le territoire de l'Etat palestinien". A cet égard, Kadima semble être en retrait par rapport aux idéologues de Shalom Archav, qui ont depuis longtemps accepté l'idée que des millions de "réfugiés" palestiniens affluent dans le futur Etat palestinien, au nom du sacro-saint "droit au retour", cœur du plan par étapes élaboré par l'OLP et repris à son compte par la frange la plus radicale de la gauche israélienne. Mais on imagine mal comment l'Etat d'Israël, une fois retourné aux frontières de 1967 (celles que Abba Eban qualifiait avec lucidité de "frontières d'Auschwitz"), pourra empêcher la matérialisation du "droit au retour", une fois que les postes frontières sur le Jourdain seront, tout comme ceux avec l'Egypte, remis entre les mains des "policiers" de l'AP et du Hamas.

 

2. La stratégie de conquête du pouvoir.

Un des aspects par lequel Kadima ressemble le plus à Shalom Archav, par-delà même son programme politique, est la stratégie de conquête du pouvoir qu'il a utilisée et, à un niveau plus fondamental, la conception même de la politique que ce parti véhicule. Beaucoup a été dit sur le rôle des conseillers en marketing politique (les "spin doctors") dans la victoire de Kadima aux dernières élections. Mais peu d'observateurs ont fait le rapprochement avec les méthodes de Shalom Archav. Comme le rappelle Amnon Lord, Shalom Archav a d'abord été un petit noyau d'une dizaine d'activistes. Leur réussite politique a été largement due à leur utilisation de techniques empruntées au monde de la publicité et du marketing : slogans accrocheurs, affiches et autocollants aux "visuels" forts, organisation de manifestations largement médiatisées.

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Reuven Adler, "l'inventeur" de Kadima

 

La victoire de Kadima est, plus encore que celle d'un parti (qui n'existait pour ainsi dire presque pas avant les élections), celle d'un slogan, voire d'un nom (Kadima) et d'un appareil de communication, c.-à.-d. de propagande politique. Pour la première fois dans l'histoire politique d'Israël, les électeurs ont porté au pouvoir un parti qu'ils avaient choisi non pas en raison de son programme et de son contenu, mais de son "emballage" (5).

 Il faudra un jour analyser en détail comment le système démocratique israélien, longtemps vanté pour son pluralisme et sa vitalité exemplaire, en est arrivé au point où il se trouve aujourd'hui. A cet égard également, l'exemple de Shalom Archav est instructif, car il montre comment un groupuscule sans véritable assise sociopolitique peut bouleverser, à terme, la carte politique d'un pays, en utilisant des méthodes fondamentalement antidémocratiques.

 Dans un ouvrage publié en 1984, Peace Now: Blueprint For National Suicide (6), Dan Nimrod décrivait de manière presque prémonitoire la manière dont Shalom Archav a imposé ses vues, d'abord au parti travailliste, puis au gouvernement israélien. Quelque temps auparavant, en décembre 1983, lors d'une tournée de propagande de Shalom Archav aux Etats-Unis, Tseli Reshef avait déclaré au journal Jewish Week : "Il existe certes des différences de conception au sein du parti travailliste concernant la Cisjordanie, mais la direction du parti parle ouvertement de compromis territorial. Nous allons remplir un rôle déterminant afin de pousser le parti travailliste dans la direction que nous souhaitons".

 Commentant ces déclarations, Dan Nimrod écrivait il y a plus de 20 ans : "Cela constitue une véritable divulgation des objectifs de Shalom Archav, consistant à 'pousser chaque gouvernement israélien dans 'la direction qui nous convient'... Il y a là un avertissement auquel le public israélien, toutes tendances confondues, devrait prêter attention. Le choix démocratique ne constitue plus une option, du point de vue de Shalom Archav. Les foules dans les rues et les intrigues en coulisses parviendront à entraîner les gouvernements israéliens dans la direction décidée par un petit groupe élitiste, représentant une minorité en Israël et dans la diaspora. On ne saurait être plus clair."

 Cette description extrêmement lucide du phénomène Shalom Archav met précisément l'accent sur les caractéristiques fondamentales de la stratégie politique du mouvement pacifiste, et permet de comprendre, rétrospectivement, comment ce "petit groupe élitiste" a imposé ses vues aux gouvernements démocratiquement élus en Israël.

 La manipulation des foules et les négociations en coulisse : ce sont bien ces deux moyens qui ont permis à Shalom Archav de conquérir, idéologiquement, le pouvoir en Israël. Amnon Lord, dans son ouvrage cité plus haut, décrit comment le groupuscule pacifiste a imposé dans la culture politique israélienne les "manifestations pour la paix", héritage des pays du bloc communiste, et comment les dirigeants de Shalom Archav ont utilisé les techniques de communication politique et de manipulation des foules, pour asseoir leur influence sur le public israélien. Parti des franges de l'échiquier politique, Shalom Archav a peu à peu phagocyté le parti travailliste, en perte de vitesse depuis sa défaite aux élections de 1977.

 Un des moments-clés de la conquête (idéologique) du pouvoir par Shalom Archav se situe au lendemain des massacres de Sabra et Chatila, lors de la fameuse "manifestation des 400 000" [chiffre exagéré par la propagande du mouvement et les médias qui lui étaient favorables] du 25 septembre 1982 à Tel Aviv. Ce soir-là, rappelle Amnon Lord, le principal orateur du grand "happening" politique, place des Rois d'Israël, n'était pas un membre du mouvement pacifiste, mais Shimon Pérès, le dirigeant travailliste. C'est d'ailleurs ce même Shimon Pérès qui allait jouer un rôle déterminant par la suite, lors des négociations en coulisses qui devaient mener aux accords d'Oslo, guidé par les universitaires et idéologues Ron Pundak et Yair Hirshfeld.

 La victoire du parti Kadima et la politique actuelle du gouvernement sont l'aboutissement de ce processus antidémocratique de conquête du pouvoir par "les foules dans les rues et les intrigues en coulisse", dont Shalom Archav a été le principal maître d'œuvre. Les historiens devront un jour décrire comment cette stratégie de conquête a été menée victorieusement, avec l'appui et le financement de puissances étrangères (Union européenne notamment). Mais il reste à comprendre quelles ont été et quelles sont encore les motivations profondes de ceux qui, de Shalom Archav à Kadima, ont réussi à imposer au peuple d'Israël des concessions territoriales que les armées arabes n'ont jamais pu obtenir, ni sur les champs de bataille, ni dans le cadre des négociations diplomatiques.

 

 

Le logo du parti Kadima.png

3. Les motivations profondes

 On ne comprendra rien à la politique israélienne tant que l'on négligera le rôle essentiel des motivations profondes de certains partis politiques et organisations, qui peuvent se résumer en un mot : celui de "ressentiment". Shalom Archav n'est en effet pas tant née du traumatisme de la guerre de Kippour, que de la volonté de renverser le résultat des élections et d'en découdre avec le Likoud qui venait d'arriver au pouvoir, mettant fin à l'hégémonie politique travailliste de trente ans.

 Kadima, de la même façon, exprime le ressentiment des élites laïques occidentalisées face à la montée des religieux. Car, comme le fait remarquer Yitshak Adda, "le seuil des 50% d'enfants inscrits dans des écoles primaires religieuses devrait être franchi d'ici la fin de la décennie... C'est la perspective de ce basculement démographique interne qui explique le culte soudain de la classe politique pour Ariel Sharon et l'émergence de Kadima au centre de la scène politique (7)". 

Cette "menace démographique" interne qui devrait à terme assurer une majorité au public juif religieux en Israël explique la précipitation avec laquelle les dirigeants du parti Kadima au pouvoir veulent fixer définitivement les frontières, et surtout le caractère de l'Etat d'Israël, pour éviter "la transformation de l'Etat des Juifs en Etat juif" (Y. Adda)

 

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Le ressentiment erige en politique : Amona

A cet égard, le phénomène Kadima procède de la même motivation psychologique que le phénomène Shalom Archav. Dans les deux cas, c'est le ressentiment qui est le moteur principal de leur combat politique, dirigé contre "l'ennemi intérieur", qui est désigné à la vindicte du peuple, y compris en s'alliant objectivement avec les ennemis extérieurs.

 Shmuel Trigano avait décrit il y a déjà plusieurs années ce phénomène politique et sociologique, à propos du fameux "camp de la paix" : "Le 'camp de la paix' n'a cessé d'en appeler au monde, de le solliciter, de l'interpeller, pour s'imposer du dehors à ceux qu'il excluait de ses rangs distingués, en les diabolisant au passage et en attirant sur eux une vindicte et un mépris de l'opinion publique internationale... A l'époque de l'élection de Begin, les sépharades, qu'on rendait responsables de sa venue au pouvoir, s'étaient vus fustigés de la sorte et accusés d'être tout simplement des 'fascistes'... Plus tard, ce fut une autre catégorie qui fut bannie en bloc, les Juifs religieux. Puis, aujourd'hui, les 'colons'. Le 'camp de la paix' a toujours ainsi un 'mauvais Israël' contre lequel s'affirmer, une exclusion d'autrui à travers laquelle il s'identifie lui-même. Son identité est fondamentalement une identité du ressentiment (8)".

 Ainsi, loin d'exprimer un quelconque pragmatisme, le programme politique de Kadima traduit au contraire un profond ressentiment transformé en motivation politique. Les récentes déclarations de responsables de Tsahal expriment tout haut ce que les opposants au retrait de Gaza avaient prédit depuis longtemps : en quittant Gaza, le gouvernement israélien a donné au Hamas la victoire électorale sur un plateau, tout en mettant les villes israéliennes du Néguev à portée des missiles Qassam. Ces conséquences prévisibles montrent bien que le gouvernement dirigé par Kadima a sacrifié la sécurité d'Israël sur l'autel de son idéologie pacifiste, héritée de Shalom Archav.

Notes

 

1. Michel Gurfinkiel, Valeurs actuelles, 13 janvier 2006. Voir aussi Barry Rubin, "Le nouveau réalisme israélien", article publié simultanément par plusieurs quotidiens internationaux, www.project-syndicate.org.

2. Amnon Lord, Milhama ba-Bayit, Tammuz, Tel Aviv 2003.

3. Ce programme est exposé sur le site Internet de sa branche française, www.lapaixmaintenant.org.

4. Caroline Glick, "Olmert's plan for Jerusalem", Jerusalem Post, 16 juin 2006.

5. Sur les liens entre publicite et propagande politique, voir l'ouvrage important de Liliane Lurcat, La manipulation des enfants par la télévision et l'ordinateur, nouvelle édition, F.X De Guibert, Paris 2008.

6. Dan Nimrod, Peace Now: Blueprint For National Suicide, Dawn Publishers 1984.

7. Yitshak Adda, "Amona et la démographie politique d'Israël", Forum-Israël no.1, mars 2006.

8. Shmuel Trigano, L'ébranlement d'Israël, Seuil 2002, p. 124. C'est moi qui souligne.

http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/

Par voline - Publié dans : Débats
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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /Août /2008 21:47

Le Hizb ut Tahrir (Parti de la libération) se décrit comme un parti politique islamique mondial. Il aurait des millions d’adeptes dans le monde qui militent activement pour le retour à l’ère glorieuse de l’Empire ottoman, l’abolition des frontières et l’instauration d’un Califat transnational. Pour ce groupe, les musulmans ne doivent pas s’identifier à une nationalité, mais s’unir seulement en tant que musulmans, dans le cadre de la Oumma, les sentiments nationaux ou patriotiques étant non islamiques.
Une conférence d’une journée tenue la semaine dernière à Londres a réuni entre 2.000 et 2.500 musulmans enthousiastes et fervents, pour discuter du rétablissement de l’État du Califat islamique. Une participante a écrit un compte rendu, que nous avons traduit.

Mais d’abord, pour comprendre la vision politique qui sous-tend le projet d’un Califat islamique, nous reproduisons des extraits d’un document en ligne sur un site islamique qui explique la différence entre le système démocratique à l’occidentale et le système islamique de l’État du Califat :

Le système démocratique s’oppose au système du pouvoir en islam tant au niveau des fondements qu’à celui des idées de détails. La démocratie relève de l’impiété (kufr), tandis que le système islamique est issu de la foi (imân). D’ailleurs, l’Etat islamique a assuré l’application du système de l’islam pendant plus de treize siècles sans jamais employer le terme de démocratie ni se référer à ses concepts.
LIRE LA SUITE : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article564

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