Fondements

Samedi 4 avril 2009

À peine nommé ministredes Affaires étrangères, Avigdor Lieberman a rejeté le processus de paix d'Annapolis soutenupar Barack Obama. Crédits photo : AP

Dès le jour de son investiture dans le cabinet de Benyamin Nétanyahou, son discours n'a pas détonné avec les slogans qui ont servi son ascension politique.

Lieberman n'a pas changé. Devenu ministre des Affaires étrangères, le tribun populiste d'origine moldave, célèbre pour ses déclarations à l'emporte-pièce et ses sorties incendiaires contre les Arabes israéliens, ne s'est pas converti au langage diplomatique malgré ses nouvelles fonctions.

Défiant le puissant allié américain, il a rejeté le processus d'Annapolis, ultime tentative de l'Administration Bush pour relancer fin 2007 un processus de paix moribond, auquel Nétanyahou s'était pourtant dit lié, tout comme Obama. Excluant toute rétrocession du Golan, il a aussi claqué la porte au nez des Syriens, ne proposant que la paix en échange de la paix.

Seule concession à sa nouvelle position de chef de la diplomatie, Lieberman a adouci son ton à l'égard de l'Égypte, en lui reconnaissant un statut d'«élément stabilisateur dans la région» et de «partenaire important». Mais les Égyptiens gardent en travers de la gorge ses précédentes déclarations, notamment quand il envoyait «au diable» le président Moubarak peu pressé de se rendre en visite officielle en Israël. Le Caire a déjà fait savoir que ses contacts avec les Israéliens se feraient par l'intermédiaire du ministre de la Défense, Ehoud Barak.

 

Entendu par la police

 

Au cours de ses premiers jours au gouvernement, Avigdor Lieberman a aussi passé plusieurs heures d'auditions avec la police. Le bureau de répression des fraudes le soupçonne de corruption, de blanchiment d'argent et d'abus de confiance. Il est accusé, entre autres, d'avoir fait transiter d'importants versements d'argent en provenance de l'étranger par des sociétés fictives et différents comptes bancaires.

Ce personnage embarrassant apparaît comme un curieux chef de la diplomatie, fonction traditionnellement chargée de défendre les positions de l'État à l'étranger plutôt que de se livrer à de la surenchère. Pourtant les positions d'Avigdor Lieberman sont plus ou moins partagées par une large partie de l'opinion israélienne, si ce n'est la majorité.

La popularité des négociations avec les Palestiniens ne s'est jamais vraiment remise en Israël de l'échec des accords d'Oslo. Le retour à la «feuille de route », document a minima signé en 2003 qui prévoit des avancées pas à pas et réciproques, visant à créer petit à petit les conditions d'existence d'un État palestinien, apparaît aujourd'hui à beaucoup d'Israéliens comme plus réaliste que des plans plus ambitieux, s'engageant sans trop de préalables à la création rapide d'un État.

Les négociations avec la Syrie n'ont jamais soulevé beaucoup d'enthousiasme, même dans les rangs de la gauche israélienne, tant cet État n'apparaît plus depuis bien longtemps comme une menace sérieuse pour Israël, ni comme un partenaire fiable.

La paix avec l'Égypte, dont le trentième anniversaire n'a pas donné lieu à de grandes célébrations dans les deux pays, n'intéresse guère que les diplomates.

En voulant «préparer la guerre pour avoir la paix», en refusant de croire que des concessions unilatérales peuvent amener la sécurité pour l'État d'Israël, Lieberman apparaît en fin de compte comme le représentant de la majorité des électeurs qui ont voté pour Nétanyahou et les partis d'extrême droite, aujourd'hui majoritaires à la Knesset. Mais il n'est pas certain que le déclarer publiquement aide beaucoup le nouveau gouvernement dans ses relations avec l'étranger et, en premier lieu, avec ses alliés.
http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/04/01003-20090404ARTFIG00225-lieberman-ne-connait-pas-le-langage-diplomatique-.php

Par voline
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Mercredi 18 février 2009

…”Je crois au réveil (quelque peu tardif…) du peuple juif en Israël. S’il avait entendu la sonnerie plus tôt, il n’y aurait peut-être pas eu de shoah. Mon grand-père (dont je porte le nom) aurait eu le temps de danser une dernière valse avec ma grand-mère sur les rives du fleuve Hayarkon…Je suis sioniste.

L’hébreu est ma langue naturelle, celle dans laquelle je prie D., celle aussi dans laquelle j’insulte ce chauffard imprudent au feu rouge. Le légumier, ou encore l’automobiliste cherchant son chemin m’interpellent “mon frère…”. C’est vrai, je suis leur frère. La Bible, ce n’est pas seulement mon histoire, c’est aussi ma géographie: Le roi Saul a cherché les ânesses de son père sur la départementale 443. Jonas, le prophète, a pris la fuite par le port de Jaffa a quelque pas du restaurant de Margareth Tayar. C’est sur l’une des terrasses de Jerusalem (qui appartient à un oligarque russe) que le roi David espionnait Bat Sheva. Je suis sioniste.

La première fois que j’ai vu mon fils en uniforme de Tsahal, j’ai explosé en sanglots. Depuis au moins 20 ans, je ne rate plus les célébrations de l’Indépendance. Et si mon plasma est coréen, il a appris à vibrer pour la « nivheret » (la sélection israélienne de football). Je suis sioniste.

Je crois en nos droits sur cette terre. Ces gens pourchassés, opprimés ont le droit a leur nation, avec un F16 en prime. Je condamne avec fermeté l’antisémitisme de Londres à Bombay. Et pourtant, mes frères juifs, vivant en Diaspora, n’ont pas compris une chose élémentaire sur ce monde, Israel ne s’est pas construite dans le but de faire disparaitre l’antisémitisme, mais pour ne plus avoir à rendre compte à quiconque. Je suis sioniste.

En 1982, on m’a tire dessus au Liban. Une roquette m’a rate de quelques mètres à Kyriat Shmone. Des Scuds sont tombés à coté de chez moi pendant la guerre du Golfe. J’étais à Sderot lorsque la sirène “Tseva Adom” a retenti. Des terroristes kamikazes ont explosés non loin de la maison de mes parents. Mes enfants ont connus l’abri avant meme qu’ils ne puissent prononcer leur nom, blottis dans les bras de leur grand-mère venue de Pologne pour échapper à la mort. Et malgré tout, j’éprouve un profond sentiment de chance de vivre ici, je ne me sens vraiment bien dans aucun autre endroit. Je suis sioniste.

Je crois au principe que tout citoyen vivant en Israël doit servir son pays, payer ses impôts, voter et connaitre au moins une chanson de Shalom Hanor…

Je pense que l’Etat d’Israel n’est pas seulement un pays mais une idée, un concept. J’ai foi en trois nouveaux commandements gravés sur le mur du musée du mémorial de l’Holocauste à Washington: « …tu ne pacteras pas avec le mal, tu ne te défileras pas, tu ne te porteras plus en victime…”. Je suis sioniste.

J’ai contemplé la chapelle Sixtine au Vatican, j’ai même acheté des souvenirs devant Notre-Dame à Paris. J’ai contemplé en extase Bouddha au palais du roi à Bangkok. Mais Tel Aviv reste la ville la plus amusante, la Mer Rouge plus bleue, les tunnels derrière le Kotel plus émouvants. C’est vrai, je ne suis pas objectif. Mais je ne suis pas non plus objectif vis-à-vis de ma femme et mes enfants. Je suis sioniste.

Je suis un homme moderne qui vit pleinement son passé. Je fais partie d’un peuple qui compte: Moise, Jésus, Maimonide, Freud, Marx, Einstein, Woody Allen, Bobby Fisher, Bob Dylan, Franz Kafka, Herzl et Ben Gurion. Je fais partie d’une toute petite minorité oppressée depuis la nuit des temps et qui a pourtant influencé l’humanité plus que n’importe quel autre peuple au monde. Pendant que les autres ont investis toute leur énergie dans le feu et le sang, nous avons eu l’intelligence d’investir dans l’intelligence. Je suis sioniste.

Je regarde autour de moi et je suis fier. Je vis mieux qu’1 milliard d’indous, 1.3 milliard de chinois, que toute l’Afrique réunie, 250 millions d’indonésiens, que les thaïlandais, les philippins, les russes, que les ukrainiens, et que tout le monde musulman (sauf peut-être le Sultan de Brunei). Je vis dans un pays ou les frontières sont quasiment fermées, sans aucune ressource énergétique. Et pourtant, les feux aux intersections fonctionnent sans arrêt, les ordinateurs sont connectés à Internet à haut débit, et si je t’oublie, O Jérusalem, que ma main droite se dessèche… Je suis sioniste.

Le sionisme m’est naturel comme il m’est naturel d’être fils, papa ou mari. Certains se disent représentants du vrai sionisme, ils me font bien rire. Le sionisme ne se mesure pas à la taille de ta kippa, du quartier dans lequel tu vis ou encore pour quel parti tu votes. Mon sionisme, il est né bien avant moi, quelque part au cœur des rues enneigées de Budapest. Il a pris racine la ou mon père était occupé à comprendre pourquoi le monde lui en voulait tellement. Je suis sioniste.

Je compatis a la mort de chaque victime innocente car moi aussi je fus jadis une victime innocente. Je n’ai aucune envie ou volonté d’adopter les principes moraux de mes ennemis. Je ne veux pas leur ressembler. Je ne pointe jamais mon glaive, je le tiens tout simplement près de moi au cas où…. Je suis sioniste.

Je ne porte pas simplement l’héritage de mes pères, je suis responsable du devenir de mes enfants. Nos pères ont créés ce pays dans des circonstances quasi impossibles pourtant ils ne se sont pas contentés de survivre. Ils ont fondés un pays basé sur des valeurs humaines et morales. Ils étaient prêts à mourir pour elles. Moi, je m’efforce de vivre pour celles-ci.”
Yair Lapid

Par voline
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Vendredi 6 février 2009
"La relation de S. Weil au judaïsme est conflictuelle ; elle ne se reconnaît pas dans cette tradition qui n'a pas de sens personnel pour elle, dans une identité qu'on lui impose de l'extérieur. Elle réagit brutalement aux textes de la Bible juive qui mettent en scène un Dieu de colère se prêtant aux actions guerrières." [*].

[*] « Simone Weil et l'expérience mystique », par Joël Janiaud. On trouvera, sur le site de l’Université du Québec, un dossier consacré aux œuvres de Simone Weil, avec des liens précieux à des articles et même à des téléchargements de certaines de ses œuvres.
« Le totalitarisme est un ersatz du christianisme. La chrétienté est devenue totalitaire, conquérante, exterminatrice, parce qu’elle n’a pas développé la notion de l’absence et de la non-action de Dieu ici-bas. Elle s’est attachée à Jéhovah autant qu’au Christ, elle a conçu la Providence à la manière de l’Ancien Testament. Israël seul pouvait résister à Rome, parce qu’il lui ressemblait, et ainsi le christianisme naissant portait la souillure romaine avant même d’être la religion officielle de l’Empire. Le mal fait par Rome n’a jamais été vraiment réparé.

(Simone Weil, 1956, t. 3, p. 141).

Il n’est pas étonnant qu’un peuple d’esclaves fugitifs, ou plutôt de fils de fugitifs, emmenés prendre, par des massacres, une terre, paradisiaque par la douceur et la richesse, aménagée par des civilisations au labeur desquelles ils n’ont eu aucune part et qu’ils détruisent - un tel peuple ne pouvait pas donner grand-chose de bon. Ce n’était pas le moyen d’établir le bien sur ce fragment de terre. Parler de « Dieu éducateur » au sujet de ce peuple est une atroce plaisanterie.

(Idem, pp. 239-240)

Les Juifs, cette poignée de déracinés, a causé le déracinement de tout le globe terrestre. Leur part dans le christianisme a fait de la chrétienté une chose déracinée par rapport à son propre passé. La tentative de ré-enracinement de la Renaissance a échoué, parce qu’elle était d’orientation anti-chrétienne. La tendance des "Lumières", XVIIIe siècle, I789, laïcité, etc., a accru encore infiniment le déracinement par le mensonge du progrès. Et l’Europe déracinée a déraciné le reste du monde par la conquête coloniale. Le capitalisme, le totalitarisme font partie de cette progression dans le déracinement ; les antisémites, naturellement, propagent l’influence juive. Les Juifs sont le poison du déracinement. Mais avant qu’ils ne déracinent par le poison, l’Assyrie en Orient, Rome dans l’Occident avaient déraciné par le glaive. »

(Ibidem, pp. 246-247).

Eléments biographiques

Texte repris de Twikeo – Questions réponses.

Voir aussi l’article détaillé et bien documenté que lui consacre Wikipedia.

 

Simone Weil est née en 1909 dans une famille d'origine juive. Élève d’Alain (Émile Chartier), elle entre à l’École normale supérieure, passe l’agrégation de philosophie en 1931 et commence une carrière d’enseignante dans divers lycées.

Elle passe quelques semaines en Allemagne au tout début des années 1930 ; à son retour, avec beaucoup de lucidité, elle exprime dans plusieurs articles ce qui risquait d'y arriver. Abandonnant provisoirement sa carrière d'enseignante, en 1934 et 1935, elle est ouvrière chez Renault et en 1941 ouvrière agricole afin de pouvoir « parler de la cause ouvrière en connaissance de cause ».

Sa mauvaise santé l'empêche de poursuivre le travail en usine. Elle recommence à enseigner, et donne une grande partie de ses revenus à des personnes dans le besoin. Solidaire des syndicats ouvriers, elle se joint en 1935 au mouvement de grève générale contre le chômage et les baisses de salaire. En 1937, elle collabore aux Nouveaux cahiers, revue économique et politique défendant une collaboration économique franco-allemande.

D'abord pacifiste radicale, puis syndicaliste révolutionnaire, elle plaide finalement pour un « réformisme révolutionnaire » : les faibles sont trop opprimés pour avoir même la volonté de se révolter, et pourtant il faut que ce soit eux-mêmes qui prennent en main leur révolution. Il faut donc d'abord créer des conditions moins oppressives par des avancées réformistes, pour ensuite permettre une révolution responsable, moins précipitée et moins violente.

Syndicaliste de l’enseignement, elle est favorable à l’unification syndicale et écrit dans la revue L’École émancipée. Communiste anti-stalinienne, elle participe, à partir de 1932, au Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine, qu’elle a connu par l’intermédiaire de Nicolas Lazarévitch. Elle travaille quelques mois en usine pour étudier, dans sa chair, la condition ouvrière, et s’implique dans la grève générale de 1936. Elle milite avec passion pour un pacifisme intransigeant, mais s’engage dans la Colonne Durruti, lors de la guerre civile espagnole, pour combattre le coup d'État de Franco. Bien que républicaine, elle s'interpose alors pour éviter qu'un prêtre franquiste soit injustement fusillé.

Gravement brûlée après s'être renversé de l'huile bouillante sur le pied, elle doit repartir assez rapidement pour la France, sans avoir tiré un coup de feu.

Juive, lucide sur ce qui se passe en Europe, elle est sans illusion sur ce qui la menace, elle et sa famille, dès le début de la guerre.

Quand en 1940 elle est obligée de fuir Paris et de se réfugier à Marseille, elle écrit sans discontinuer pour exposer dans des pages brûlantes une philosophie qui se veut projet de réconciliation (douloureuse) entre modernité et tradition chrétienne, souvent lue à travers le prisme de l’humanisme grec qu’elle garde pour boussole. En 1942, elle emmène ses parents en sécurité aux États-Unis, mais, refusant un statut qu’elle ressent comme trop confortable en ces temps de tempêtes, elle se rend en Grande-Bretagne, plus près du théâtre des opérations, et travaille comme rédactrice dans les services de la France libre. Son intransigeance dérange. Elle démissionne de l'organisation du général de Gaulle en juillet 1943.

Cette période terminale de sa courte vie est celle où elle rencontre le Christ, où, comme elle le dit elle-même, le Christ s’empare d’elle. Mais sa foi n'acceptera pas les aspects institutionnels de l'Église. Elle se tiendra sur le seuil de l'Eglise jusqu'au jour de sa mort où elle est baptisée en état d'inconscience.

Chrétienne, posant des questions embarrassantes aux chrétiens, elle sera, après sa mort, réfutée par des historiens de l'Église, qui lui reprocheront de ne pas avoir bien compris l'histoire de l'Église.

Cette dimension du refus de la force, qu'elle assimile à la violence, est une constante de la pensée de Simone Weil. Bien qu'elle eût d'abord une perception mitigée de la non-violence de Gandhi, qu'elle jugea plus réformiste que révolutionnaire, elle rencontrera notamment plusieurs fois Lanza del Vasto, à la fin de sa vie.

Soucieuse de partager les conditions de vie de la France occupée, malgré sa santé de plus en plus défaillante, elle est déçue par le refus de l'entourage de De Gaulle (Schuman, Cavallès, André Philip), de la laisser rejoindre les réseaux de résistance. En effet, elle aurait probablement été rapidement capturée par la police allemande, identifiée comme juive, et donc probablement déportée. À la suite de ce refus, elle considère que sa vie est vide de sens et se sous-alimente volontairement, ce qui aggrave encore son état de santé.

Atteinte de tuberculose, elle meurt d'un arrêt cardiaque au sanatorium d'Ashford, en 1943, à l'âge de 34 ans.

Ses ouvrages les plus importants ont tous paru après sa mort.

 

© Twikeo

Par voline
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Jeudi 29 janvier 2009

Depuis l'entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d'origine arabo-musulmane s'en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l'agression ou l'injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.

La mort de centaines de femmes et d'enfants palestiniens est un désastre humain qui doit susciter en tout homme l'horreur et la compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d'aller casser la figure à un juif de France qui n'y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c'est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.

Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l'opération israélienne ?

Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n'ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ? Veulent-ils qu'Israël reçoive éternellement ses missiles sans réagir ? Savent-ils que l'intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d'une opération militaire est d'une extrême difficulté ?

Réagissent-ils en tant qu'Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la justice universelle ? En tant qu'êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu'elles sont le fait des milices d'un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?

PROPAGANDE PARANOÏAQUE

S'ils réagissent en tant qu'Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d'Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l'un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c'est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?

Savent-ils qu'Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d'Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n'hésite pas à faire usage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n'est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?

Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s'en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs "frères" comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l'ambiance dans la République !

Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s'explique tout de même pas parce que les massacreurs n'étaient pas des juifs, n'est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d'Israël pratiquent librement leur culte ? Que l'université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L'exigence de justice est-elle à sens unique ?

On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu'à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c'est le juif.

Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d'un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d'islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ?

 

Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l'université de Grenoble-III

Par voline
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Dimanche 14 décembre 2008

La seconde conférence internationale sur la désertification sera organisée par l'Institut Blaustein pour la recherche sur le désert (BIDR) de l'Université Ben Gourion du Néguev du14 au 17 décembre 2008.

La conférence rassemblera des scientifiques, des fonctionnaires du gouvernement, des dirigeants d'ONG et des hommes publics engagés dans le combat contre la désertification et l'augmentation des terres arides.

Les objectifs du Millénaire de l'ONU ont effet mis en avant que la désertification affecte directement plus de monde que n’importe quel autre problème environnemental. L'ordre du jour de la conférence de cette année se focalisera sur les partenariats entre pays développés et en voie de développement, ainsi que sur l’adaptation des terres arides au changement climatique.

Centre d’Etudes Sde Boker (désert du Néguev) – Photo aérienne http://www.boker.org.il

La conférence est parrainée par l'UNESCO, le ministère israélien des Affaires étrangères et Netafim (société israélienne de solutions hydrologiques pour l'agriculture – inventeur du système d’irrigation au goutte à goutte).

A lire (en anglais) : Israeli Solar Powers African Villages

A lire notre dossier sur l'environnement

Dans le désert israélien, le pétrole s’appelle « eau »

Le Docteur Ofer Dahan du département d'hydrologie et de microbiologie environnementales à l'Université Ben Gourion fait partie de ces 26 spécialistes qui ont entraîné leur famille dans le désert du Néguev, dans un village reculé de 200

Dr. Ofer Dahan

habitations à Midreshet Ben Gourion. C’est une oasis de scientifiques et de leurs étudiants. Ofer Dahan, un hydrologue, a voué sa vie à l'étude de l'eau dans les endroits les plus arides du monde ! ...Lire la suite 

« L'exemplarité de cet institut est que les gens vivent et travaillent au même endroit. Vous pouvez faire vos courses en soirée, les enfants peuvent aller au centre commercial. Chaque rue pavée que nous avons ici est une aire de jeu. Nous profitons de cet endroit sécurisé », dit Ofer Dahan, qui était pêcheur avant d'être hydrologue ».

Photo : KKL

Le laboratoire d'Ofer Dahan fait partie de l'Institut Blaustein pour la recherche sur le désert, affilié au campus de l'Université Ben Gourion du Néguev. A l'origine appelé Sdé Boker, du nom du kibboutz voisin,

le campus a été établi dans les années 70, et prolonge le rêve de David Ben Gourion de faire fleurir le désert.

En 2002, l'Institut Zuckerberg de recherche sur l'eau, également partie de l'Université Ben Gourion, a été fondé pour regrouper tous les aspects de la recherche sur l'eau, de l’exploitation des eaux souterraines aux techniques de désalinisation, en passant par le traitement des sources d'eau marginales. « C'est le seul institut en Israël qui a le plus grand effectif de chercheurs travaillant sur les problèmes de l'eau » dit Ofer Dahan.

Par voline
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Dimanche 9 novembre 2008
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La chancelière allemande Angela Merkel et les représentants de la communauté juive ont rendu hommage dimanche aux victimes de la "Nuit de Cristal", pogrom contre les Juifs perpétré il y a 70 ans, le 9 novembre 1938, en prélude à l'Holocauste.

Le pogrom, présenté comme des émeutes spontanées de la population s'en prenant aux Juifs dans toute l'Allemagne, a été organisé par le parti nazi au pouvoir depuis 1933 et perpétré au premier chef par les SA, ses sections d'assaut. Le pogrom, qui tire son nom des dizaines de milliers de devantures brisées par les nazis, commença le 9 novembre 1938 et dura deux jours.

Durant cette "Nuit de Cristal", 91 juifs furent tués, plus d'un millier de synagogues incendiées, quelque 7.500 magasins et bureaux appartenant à des Juifs pillés et saccagés. Plus de 30.000 hommes et jeunes garçons furent arrêtés et déportés vers les camps de concentration.

Au cours de la principale cérémonie officielle dans la plus grande synagogue d'Allemagne, celle de la Rykestrasse à Berlin, Angela Merkel a souligné que tirer les leçons du passé était crucial. "Nous ne devons pas rester silencieux. L'antisémitisme et le racisme sont une menace à nos valeurs fondamentales, celles de la démocratie, du respect de la diversité et des droits de l'homme", a-t-elle déclaré.

La présidente du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Charlotte Knobloch, a appelé à la vigilance pour que de tels faits ne se reproduisent pas. A Rome, le pape Benoît XVI a dénoncé ces "horreurs" et souhaité une "société dans laquelle des gens de différentes religions et cultures puissent vivre dans la paix et la justice".

Diverses cérémonies étaient prévues dans tout le pays, dont un concert dimanche soir à Berlin ...

Par voline
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Vendredi 10 octobre 2008

TSAHAL ( Forces de défense israéliennes ) symbolise l'indispensable protection de l'Etat d'Israël auquel chaque citoyen(ne) doit un jour ou l'autre participer. Sous-équipée à ses débuts, elle est désormais une armée ultramoderne, à la pointe des techniques de renseignement, et dotée de l'arme nucléaire.

Historien, responsable de recherches au Collège de défense de l'OTAN à Rome, Pierre Razoux est remonté aux origines historiques d'Israël pour expliquer le rôle clé de son armée dans la construction du pays. Une force qui fut souvent l'enjeu de luttes politiques intérieures, mais aussi sans cesse revigorée par la menace étrangère. Son échec dans la guerre contre le Hezbollah au Sud-Liban, à l'été 2006, a provoqué un électrochoc au sein d'un pays en pleine mutation. Des réformes ont été lancées, mais, depuis la publication du rapport Winograd, l'avenir reste incertain...
Pierre Razoux, Ed. Perrin, coll. Tempus, mars 2008

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Vendredi 26 septembre 2008

 

Voeux du président de l'Etat d'Israël, M. Shimon Pérès,
au peuple juif à l'occasion du
nouvel an juif 5769

Un pays d'aussi petite taille que l'Etat d'Israël n'a pas beaucoup d'autre choix que de chercher la grandeur sous d'autres formes. Il doit explorer la force de l'esprit, la profondeur de la foi, l'attrait de l'innovation et la promesse cachée de la science.

Depuis sa fondation, voilà 60 ans, Israël s'est montré capable, malgré le manque de terre et d'eau, de développer l'une des économies les plus avancées et les plus solides de la terre. Confronté à des défis sans proportion avec son échelle territoriale et démographique, ainsi qu'à des menaces existentielles, Israël a néanmoins persévéré. Il l'a fait grâce à la mobilisation de ses ressources humaines et à son courage militaire. Il a renforcé sa démocratie et son désir de paix.

Israël a subi sept guerres en soixante ans. Inférieur en nombre et sous-armé, il est resté confiant en ses capacités. Les victoires remportées au cours de ces guerres ont mis Israël en mesure de gagner sa bataille pour la paix et de signer des traités de paix avec l'Egypte et la Jordanie. Aujourd'hui, il continue de négocier avec les Palestiniens, sans jamais perdre l'espoir de parvenir à la paix avec le monde arabe tout entier.

En menant une politique de paix et en nous montrant fidèles à l'éthique juive "Aime ton prochain comme toi-même", en maintenant un système de défense qui anticipe le danger et une solide démocratie guidée par les valeur morales de notre tradition, nous sommes en mesure de prouver que ce qui nous a été transmis au mont Sinaï ne s'est pas perdu dans le désert.

La réalisation de la vision sioniste est un idéal qui a inspiré la nation et l'Etat. Avec sa création, le peuple juif a confié à Israël le rôle de préserver et développer l'héritage historique juif sur la base morale du principe proclamant que "Tous les êtres humains sont nés à l'image de l'Eternel".

Fidèles à notre foi et à la valeur du "Tikkoun Olam", Israël doit continuer à jouer un rôle dans la réponse aux défis de demain. La petitesse de notre taille et de notre population nous oblige à être plus grands dans le domaine de la science et à servir de laboratoire mondial dans la recherche de l'énergie alternative, issue principalement du soleil, afin de réduire la pollution et d'assécher le marais des pétrodollars qui nourrit le terrorisme.

L'humanité devra générer de l'eau pour répondre à la demande humaine croissante, prévenir la soif et assurer un environnement harmonieux et durable pour l'homme et la nature. Israël a su exceller dans ce domaine et nous devons continuer à investir des efforts dans cette recherche.

Nous devons aussi développer un système d'enseignement innovateur centré sur les outils et les capacités de réflexion et pas seulement sur l'accumulation des connaissances. La force historique du peuple juif a toujours été ancrée dans l'étude et l'application de la connaissance, et elle doit le rester.

Nous avons prouvé, dans le passé, et nous devons continuer à le faire dans l'avenir, que le peuple juif peut servir de leader, à la pointe de la modernité et de l'innovation, afin de relever des défis comme la violence et le terrorisme omniprésent, auxquels le monde doit faire face aujourd'hui.

Nous devons, de la même manière, relever les défis auxquels les communautés juives à travers le monde sont confrontées, qu'il s'agisse de l'assimilation, du fossé croissant qui se creuse entre les différentes communautés ou du besoin grandissant de renforcer les liens entre la jeunesse juive de la diaspora et Israël.

C'est précisément parce que nous sommes une petite nation, que le peuple juif doit générer la grandeur inhérente aux capacités humaines.

Rosh Hashana Samea'h

Shimon Pérès

Par voline
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Mardi 23 septembre 2008

Que l’antisionisme contemporain ait épousé la même logique que l’antisémitisme traditionnel, cela ne fait guère de doute : il suffit d’analyser calmement, sereinement et de bonne foi leurs rhétoriques et leurs lexiques respectifs pour s’en convaincre. C’est délibéré ou pas, conscient ou pas, selon les cas. Pour autant, dire ou écrire que l’antisionisme (non pas la critique de la politique du gouvernement israélien, mais le refus d’accorder aux Juifs le droit d’avoir leur propre Etat) égale l’antisémitisme est une faute, une erreur et une contre-vérité. Ceci n’est pas contradictoire avec cela mais paradoxal. Ceux qui, comme Bernard-Henri Lévy, confondent les deux sans s’encombrer de nuances, parfois pour complaire à leur auditoire, ne font qu’ajouter à la confusion des idées.

    Ainsi, aux Etats-Unis où il se trouve pour suivre la campagne électorale et assurer la promotion de son dernier livre sur la gauche française Left in dark times. A stand against the new barbarism (Ce grand cadavre à la renverse), il a accordé un entretien à Emmanuel Saint-Martin pour l’édition new yorkaise de French morning, un webmagazine destiné aux francophones des Etats-Unis. On ne s’étonnera pas que l’intellectuel français vivant le plus connu dans le monde (son ami Alain Badiou n’y est que le plus lu) prétende ne pas lire les sites internet (ce qui a fait sourire Pierre Haski de Rue 89 dans ce commentaire). En revanche, on relèvera avec intérêt son intention d’expliquer au public américain que l’ antisémitisme français n’est pas pire qu’aux Etats-Unis. A l’appui de sa démonstration, il cite le “fait” qu’un essai comme The Israël lobby and the Foreign Policy ne pourrait jamais paraître chez nous tant est virulente sa dénonciation de la politique pro-israélienne du gouvernement américain, par les universitaires John Mearsheimer et Stephen Walt. Sous-entendu : chez nous, la réaction serait trop forte, on ne tolérerait pas etc

    Passons sur le fait que ce livre est, malheureusement pour lui, paru en France à La Découverte il y a un an exactement sous le titre Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine. Le plus édifiant suit, lorsque le philosophe résume la teneur de ce livre : ““A peu de chose près, c’est ce qu’écrivait Louis-Ferdinand Céline dans L’Ecole des cadavres”. J’ai vérifié l’exactitude du propos auprès du journaliste qui l’a recueilli. Ce n’est pas grave, c’est juste accablant. “A peu de chose près” signifie “presque exactement”. On n’a même pas envie de reprendre l’étude des deux Américains, contestable et critiquable sur bien des points mais sérieuse et argumentée, pour la comparer au concentré de violence et de haine, de génie de la langue et d’humour (mais oui, aussi ) et d’immondes appels au meurtre du pamphlet de Céline. On a juste envie de rappeler que ce type d’analogie, inutile et démagogique, annule tout débat d’idées sur la question.

http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/09/21/a-peu-de-chose-pres/

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Mercredi 13 août 2008
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