Samedi 30 août 2008

Le Hizb ut Tahrir (Parti de la libération) se décrit comme un parti politique islamique mondial. Il aurait des millions d’adeptes dans le monde qui militent activement pour le retour à l’ère glorieuse de l’Empire ottoman, l’abolition des frontières et l’instauration d’un Califat transnational. Pour ce groupe, les musulmans ne doivent pas s’identifier à une nationalité, mais s’unir seulement en tant que musulmans, dans le cadre de la Oumma, les sentiments nationaux ou patriotiques étant non islamiques.
Une conférence d’une journée tenue la semaine dernière à Londres a réuni entre 2.000 et 2.500 musulmans enthousiastes et fervents, pour discuter du rétablissement de l’État du Califat islamique. Une participante a écrit un compte rendu, que nous avons traduit.

Mais d’abord, pour comprendre la vision politique qui sous-tend le projet d’un Califat islamique, nous reproduisons des extraits d’un document en ligne sur un site islamique qui explique la différence entre le système démocratique à l’occidentale et le système islamique de l’État du Califat :

Le système démocratique s’oppose au système du pouvoir en islam tant au niveau des fondements qu’à celui des idées de détails. La démocratie relève de l’impiété (kufr), tandis que le système islamique est issu de la foi (imân). D’ailleurs, l’Etat islamique a assuré l’application du système de l’islam pendant plus de treize siècles sans jamais employer le terme de démocratie ni se référer à ses concepts.
LIRE LA SUITE : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article564

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Vendredi 22 août 2008

Le conflit qui a éclaté dans le Caucase risque d’avoir par ricochet des conséquences néfastes sur les relations israélo-russes, et ceci pour deux raisons essentielles. Premièrement, l’énorme implication israélienne dans la vie économique et dans l’organisation des forces armées de la Géorgie, qui n’est pas du goût des Russes, et deuxièmement, la position diplomatique d’Israël comme allié privilégié des Etats-Unis, qui s’opposent de manière ferme à l’intervention russe en Ossetie du sud et en Géorgie. Ces deux raisons pousseront probablement la Russie à vouloir “punir” Israël pour ses relations privilégiées avec Tbilissi, mais surtout, risquent à l’avenir d’empêcher Israël de mener une politique “libre et indépendante” face à Moscou afin de ne pas contrarier les Etats-Unis.

Ce sujet a été évoqué à plusieurs reprises dans des forums différents, d’autant plus que plusieurs projets communs entre la Russie et Israël risquent d’être freinés ou interrompus. Par exemple, l’idée d’une Conférence de paix à Moscou, qui risque d’être remis au cas où Washington s’oppose à la tenue d’un tel sommet.

Autre volet qui risque d’être touché, est le contrat militaro-industriel qui est en chantier entre les deux pays, et qui porte sur l’amélioration par Israël de trois avions “Falcone” venus de Russie, et destinés à l’armée indienne. Là-aussi, les Etats-Unis risquent de vouloir interrompre le coopération entre la Russie et Israël.

Troisième pierre d’achoppement possible, l’accord qui est en cours dans le domaine de la propriété foncière et immobilière à Jérusalem au profit de la Russie. Le ministre des Finances, Roni Bar-On, doit prochainement signer le transfert de propriété à l’Etat russe de la “Cour de Sergueï”, qui est un lieu d’importance historique et sentimentale très élevée pour les Russes. Ce terrain, situé au centre de Jérusalem a été nommé au nom de Sergueï Alexandrovich, fils du Tsar Alexandre II. Vladimir Poutine, qui devait se rendre en Israël pour la cérémonie de signature, a déjà annoncé qu’il ne s’y rendrait pas, et du côté israélien, on réduit également la publicité sur ce sujet.

Le dernier point résidait dans le projet d’annulation des visas nécessaires pour les touristes russes ou israéliens. Là aussi, on apprend que cet accord qui devait être entériné dans les mois qui viennent risque fort d’être remis.

Paradoxalement, plus que des conséquences directes sur les relations israélo-russes, les responsables israéliens s’inquiètent des conséquences indirectes. Mise au pied du mur diplomatiquement par les Etats-Unis, la Russie risque fort de se défendre sur d’autres fronts, et en premier lieu sur le volet iranien. L’accord de Moscou est en effet indispensable pour toute décision de sanctions à l’encontre de Téhéran. Jusqu’à présent, et même en l’absence de conflit dans le Caucase, la Russie avait déjà “montré sa différence” par rapport au reste du monde occidental.

A fortiori maintenant, la diplomatie russe ne va pas se gêner d’utiliser son pouvoir de blocage pour contrer la politique américaine.

Source : Arouts7 mardi 19 août 2008 - 09:51

Par voline - Publié dans : Débats
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Mercredi 20 août 2008

Israël s’est joint aux pays occidentaux qui ont trahi la Géorgie , a déclaré à Haaretz, hier, le ministre géorgien de la Réintégration (nationale), Temur Yakobashvili [ce nom propre signifie, en géorgien : « fils de Jacob »…, ndt]. Responsable officiel chargé de ramener au bercail [géorgien] l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, Yakobashvili a supervisé des négociations avec la partie russe afin de mettre un terme aux combats dans ces régions. Il a averti le monde entier que la situation était appelée à évoluer en une guerre ouverte, mais l’Occident a ignoré ses avertissements. « Ils ont dit que les Géorgiens étaient encore en train de grossir les choses », a-t-il accusé.

Cet ancien leader sioniste, parlant couramment l’hébreu, avait chargé des entreprises israéliennes liées à la défense de « nous rendre capables d’entraîner notre armée et de nous donner la possibilité de contenir les Russes », mais il a qualifié la décision de l’arrêt des exportations d’armes par le gouvernement israélien de « très regrettable ».

Il a déclaré que l’Occident aurait dû répliquer en « déployant des forces de l’Otan afin de défendre l’infrastructure vitale de la Géorgie », et qu’ « Israël est en train de nous trahir, avec les pays européens et les Etats-Unis ».

Faisant allusion à l’insurrection de groupes de miliciens russes dans des villages autour de la ville de Gori, Yakobashvili a dit : « Aujourd’hui, nous assistons à un pogrome cosaque contre la population locale. En tant que juif, cela veut dire beaucoup de choses, pour moi… »

Yakobashvili a fustigé la décision de suspendre l’aide militaire à la Géorgie prise par Israël : « Israël a fait ça pour les beaux yeux des Russes. Il a aidé les terroristes, c’est-à-dire les Russes. C’est déplorable. Je ne sais pas ce qu’Israël reçoit en retour ; tout ce que je vois, c’est que le Hezbollah continue à recevoir des armes russes, par chargements entiers. »

« Israël devrait protéger les intérêts qui sont les siens chez nous », a-t-il poursuivi. « Il y a beaucoup d’hommes d’affaires israéliens qui ont investi de l’argent, et un pays se doit de protéger les investissements réalisés par ses citoyens. »

Il a attribué les capacités militaires indéniables de la Géorgie à l’entraînement israélien, disant que des experts russes lui avaient confié qu’ils n’auraient « jamais cru que la Géorgie détiennent une armée telle celle-ci, et qu’ils rencontreraient une telle résistance ».

Yakobashvili a affirmé que les forces géorgiennes auraient détruit la 58ème armée russe, et abattu 17 avions et trois hélicos (données non confirmées par d’autres sources). Finalement, les Russes ont dû battre en retrait, a-t-il dit, « parce que la Russie avait déployé 30 000 hommes et un millier de tanks. Notre peuple n’est pas suicidaire : nous ne voulons pas que nos soldats restent sur le champ de bataille et s’y fassent faucher par les avions russes. »

Le ministre géorgien a affirmé que la minorité abkhaze avait procédé à une « épuration ethnique » dans la région séparatiste, ces dernières années, expulsant des membres d’autres groupes ethniques, et qu’ils avaient fourni des armes à des séparatistes en Ossétie en vue d’attaques contre des villages géorgiens.

Il se trouvait à Tskhinvali, en Ossétie, la semaine dernière, quelques heures avant le déclenchement des hostilités dans cette province. « Les séparatistes ont tiré sur des villages géorgiens. Nous avons répliqué et nous avons demandé aux Russes d’ordonner aux Ossètes de cesser leur agression. Le représentant russe m’a dit que nous devons nous mettre d’accord sur un cessez-le-feu total et que le président [géorgien] Saakashvili en a donné l’ordre à notre armée, et nous n’avons pas répliqué aux tirs, même après que deux de nos villages eurent été bombardés. J’ai dit à notre président que nous devons payer le prix afin qu’il y ait la paix. Mais quand nous avons constaté qu’ils continuaient à faire passer de plus en plus d’armes par le tunnel de Roki (entre la Russie et l’Ossétie), nous ne pouvions plus faire autrement que passer à l’attaque. C’était une question de « baiser, ou se faire baiser » ».

En dépit de l’avance de l’armée russe en direction de Tbilissi, hier, Yakobashvili a dit qu’il pensait que le cessez-le-feu obtenu grâce à une médiation de la France tiendrait.

Source Haaretz, 15.08.2008 traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier ( Géosratégie.com )

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Samedi 16 août 2008
Le journal en ligne Ynetnews.com s’intéresse, le lundi 11 août, en plein conflit russo-géorgien, aux liens qui unissent la Géorgie et Israël dans le domaine militaire.
L’Etat juif a commencé à vendre des armes à la Géorgie il y a sept ans, du fait de l’implication croissante de citoyens géorgiens ayant fait leur aliyah, devenus en Israël des hommes d’affaires influent dans le secteur de l’armement. Le rapide développement de la coopération militaire entre les deux pays tient en partie au fait que le ministre de la Défense géorgien, Davit Kezerashvili, a été éduqué entre la Géorgie et Israël et parle couramment l’hébreu. Ainsi, M. Kezerashvili s’est personnellement investi pour faire accélérer les transactions entre Israël et la Géorgie, laissant largement ouverte sa porte aux industriels israéliens de passage à Tbilissi, la capitale géorgienne.
Parmi les israéliens qui ont tiré profit de cette opportunité, on trouve par exemple le Général Hirsh, qui a donné à l’armée géorgienne de précieux conseils sur l’établissement d’une unité d’élite géorgienne comparable à la Sayeret Matkal (l ’unité d’élite la plus prestigieuse d’Israël ), en plus de divers enseignements sur le combat rapproché en zone construite. De surcroit, le ministre géorgien de la Réintégration Temur Yakobshvili, de confession juive, qui maitrise lui aussi parfaitement l’hébreu, a déclaré que l’«  Etat d'Israël doit être fier de ses instructeurs, qui ont entraîné les soldats géorgiens (…) Notre espoir est de recevoir de l’aide de la Maison blanche, car la Géorgie ne peut survivre par elle-même  ». Et un membre du Parlement de la Géorgie d’ajouter : « Nous avons besoin de l’aide de l’ONU et de nos amis, en tête desquels se trouvent les Etats-Unis et Israël. Aujourd’hui, la Géorgie est en danger et demain tous les pays démocratiques dans la région et dans le monde entier seront en danger aussi ».


LIRE LA SUITE : http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=11731&artyd=5
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Mercredi 13 août 2008
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Vendredi 8 août 2008

Alexandre Issaïevitch, vos lecteurs ne manqueront pas de noter qu'en plusieurs décennies de production littéraire, vous n'aviez encore jamais publié d'ouvrage scientifique.

ALEXANDRE SOLJENITSYNE - De fait, lorsque j'écrivais La Roue rouge (1), je souhaitais déjà effectuer un travail scientifique. Mais je n'ai pas pu exploiter la totalité de la documentation historique dont je me suis servi. Le livre d'aujourd'hui (2) n'est pas né indépendamment de La Roue rouge : il en est une émanation organique. La Roue m'a entraîné très loin, j'ai commencé par les années qui ont précédé la révolution, puis je suis passé à la fin du XIXe siècle, pour remonter ensuite jusqu'au milieu du XIXe : c'est ainsi que j'ai reculé dans le temps, recueillant des monceaux de documents qu'il devenait impensable de tous intégrer. Chemin faisant, je me suis constamment heurté à la question des relations entre Juifs et Russes ; c'est naturel, puisqu'elle focalisait l'attention de la société, surtout depuis la fin du XIXe siècle. Qu'en faire ? La traiter en détail dans La Roue rouge aurait été une grosse erreur : cela aurait donné à cet ouvrage un accent tendancieux, faux, un biais expliquant les événements par une ingérence juive. Je n'ai pas voulu procéder ainsi. Considérant toutes ces branches qui partaient du tronc et que je n'avais pu traiter, celles des bolcheviks, des révolutionnaires démocrates, des libéraux, toutes ces questions juives, je me suis remis au travail dès 1990.

Le caractère strictement scientifique de ce livre ne vient-il pas du fait que la question est trop brûlante pour qu'on ait envie de s'y impliquer en tant qu'écrivain, c'est-à-dire subjectivement ?

Je n'imagine pas d'autre manière d'exploiter des documents historiques. Si l'on ne s'en inspire pas pour créer une fiction littéraire, on en offre soit une présentation exacte et détaillée, soit des considérations générales qui dérivent vers la réflexion journalistique. Je ne voulais pas de cela, je voulais exposer les faits tels quels. Rares sont ceux qui les connaissent. C'est stupéfiant ! On croit le sujet rebattu, mais cette histoire n'a pas été étudiée, c'est comme si elle n'existait pas. Je ne comprends pas pourquoi.

De nombreux lecteurs vont découvrir des choses qu'ils ne soupçonnaient pas, comme le fait que le groupe Narodnaïa Volia(3) a été parmi les initiateurs idéologiques des pogroms antijuifs de la fin du XIXe siècle.

Oui, leur participation, leur incitation aux pogroms a été pour moi une vraie surprise. J'ai moi-même beaucoup découvert en écrivant ce livre ! Pendant la guerre contre Napoléon, par exemple, les Juifs ont aidé l'armée russe. C'est par hasard, en lisant un journal soviétique des années 20, que je suis tombé sur un document d'où il ressortait que les Juifs avaient révélé où les Français franchiraient la Berezina.

Votre livre brise un dogme, celui d'une Russie tsariste prison des peuples, du peuple juif en particulier. Vous présentez un tableau qui varie beaucoup selon les tsars régnants. Alexandre II, par exemple, a poussé la communauté juive vers la civilisation. Vous allez provoquer des polémiques.

Evidemment. Certains vont me contredire parce qu'ils n'ont pas lu les documents sur lesquels je m'appuie ; d'autres commentaires seront simplement de parti pris. Moi, j'en ai tellement entendu ! Ce qui irriterait n'importe qui d'autre ne fait que me surprendre. Prenez Une journée d'Ivan Denissovitch. A sa sortie, j'ai été taxé d'antisémitisme. Pourquoi ? Parce que César Makarovitch ne participait pas aux travaux de maçonnerie ! On est allé jusqu'à me reprocher de ne pas avoir employé une seule fois le mot youpin ! Vous imaginez, "ne pas avoir employé", c'est le monde à l'envers ! Dans Le Pavillon des cancéreux, mon Lev Leonidovitch est un merveilleux chirurgien, un homme très sympathique ; or les critiques ont écrit les uns après les autres que Le Pavillon était un livre antisémite parce que, dans le milieu médical que je décris, il n'y avait pas un seul Juif. Pourtant, on voit bien que ce personnage en est un, à son discours, aux mots qu'il emploie, sans parler de son nom. Le plus époustouflant, c'est ce qui s'est passé autour d'Août 1914 [le premier tome de La Roue rouge] Ce livre n'était même pas paru en anglais, personne n'avait encore pu le lire aux Etats-Unis, que déjà une campagne le prétendait foncièrement antisémite parce que je ne cachais pas que Bogrov, le meurtrier de Stolypine [président du Conseil en 1906, auteur de lois agraires visant à dissoudre le mir (la collectivité villageoise)], était juif... En mars 1985, les Américains ont même procédé à des audiences au Sénat autour de mon Août 1914 et de son "antisémitisme". Même chose en Union soviétique : personne ne l'avait lu, mais tout le monde dénonçait mon antipatriotisme.

Vous écrivez que le rôle du peuple juif dans l'Histoire est un mystère pour nous tous. Avez-vous l'impression d'avoir quelque peu dissipé ce mystère ?

Non. J'ai certaines hypothèses. Peut-être sont-elles perceptibles dans ce livre, mais je n'ai pas d'explication définitive. C'est une question métaphysique excessivement complexe. J'estime que les spécialistes - pas les gens comme moi, les vrais spécialistes - n'ont pas trouvé non plus. Il n'est pas donné à l'esprit humain de tout saisir. Il reste toujours une part de mystère. Une hypothèse pourrait être que les Juifs ont été envoyés comme catalyseur de la vie sociale, un catalyseur dynamisant. On sait que, même à dose infime, un catalyseur peut modifier tout un processus, le rendre dynamique, provoquer des réactions. C'est une théorie. Mais nous ne connaissons pas les intentions divines.

Dès les premières pages, vous dites au lecteur que votre objectif est de trouver comment Russes et Juifs de la prochaine génération pourraient établir des relations normales. Alors, comment ?

Avant tout par une véritable prise de conscience, de part et d'autre, du passé et de soi-même. Il faut être tolérant. [...] Je pense que, si on met tout cela à plat, les gens comprendront d'eux-mêmes, ils auront un sursaut de conscience, ils nuanceront leurs propos et chercheront de bonnes solutions. Quant à les indiquer par avance, cela est horriblement difficile. Les recettes toutes prêtes sont les plus compliquées à suivre.

Vous vous étonnez que, malgré deux mille ans de dispersion, tous les Juifs n'aient pas été assimilés. D'où cela vient-il ?

C'est là une qualité étonnante et remarquable. Aucun autre groupe humain n'a évolué ainsi. Disséminé, un peuple perd très vite le lien avec son origine. La troisième génération d'émigrés russes, par exemple, n'est plus du tout russe ; la deuxième génération ne l'est d'ailleurs déjà plus complètement. Cette qualité remarquable est un autre mystère du caractère juif. Je pense que les Juifs eux-mêmes ne le comprennent pas plus que nous. Cette force du lien qu'ils éprouvent indépendamment des événements, des horreurs, de l'époque, du lieu, de la distance...

Pourquoi l'assimilation est-elle si difficile pour eux ? Celui qui est confronté à cette nécessité est comme partagé en deux : la logique voudrait qu'il s'intègre, mais, d'un autre côté, il y a quelque chose en lui qui le retient. Ce balancement inné a bien sûr une origine métaphysique. Pourquoi certains en sont-ils dépourvus ? Pourquoi les Juifs ont-ils tant de mal à franchir le pas ? En Russie, les exemples abondent ; il n'y avait que des avantages à se convertir au christianisme, au protestantisme en particulier, qui n'imposait rien d'inacceptable. Mais non, ils ne l'ont pas fait, par principe.

Autre mystère, que vous abordez de plusieurs façons, surtout dans la deuxième partie du livre : les Juifs ont été le ferment de la révolution.

Il y a eu plusieurs raisons à cela. La jeunesse juive était déjà dans le mouvement révolutionnaire, depuis longtemps, et lorsque les choses ont explosé, en 1917, cette jeunesse, devenue athée, a rompu avec la génération précédente, avec les religieux. On a assisté à un grand nombre de déchirures familiales. Les vieux sont restés, sans participer, mais les jeunes se sont lancés dans la rébellion, au prix de tragédies personnelles. Par ailleurs, les bolcheviks ont joué un rôle. Il faut préciser ici que la question juive était souvent utilisée par les politiciens. C'était une carte que les libéraux jouaient afin d'attiser la lutte contre l'autocratie. Les bolcheviks faisaient de même. Quand ils se sont emparés du pouvoir, ils se sont heurtés à un sabotage massif de la part des fonctionnaires qui refusaient de se mettre au travail. Tous les ministères, toutes les administrations étaient paralysés. Les bolcheviks se maintenaient à grand-peine, par la force, et rien ne marchait plus nulle part, jusqu'au fin fond de la Russie ; Dimanstein, chef de la Section juive auprès du gouvernement, écrit que Lénine a alors donné l'ordre de faire venir des Juifs de l'intelligentsia et de la petite bourgeoisie pour occuper la place des fonctionnaires réfractaires. Ce fut un vrai mouvement de masse. Ces manoeuvres ont permis aux Juifs d'intégrer l'appareil administratif en profondeur, dans tout le pays.

Dans la première partie de votre livre, qui s'étend de la fin du XVIIIe siècle à la révolution d'Octobre, on voit qu'Alexandre II a été le tsar le plus progressiste sur la question juive. Il avait une approche libérale du problème.

C'était une composante naturelle de son libéralisme. Oui, c'est sous son règne que les Juifs de Russie ont réalisé la plus grande avancée dans les domaines de l'éducation et de l'économie. Les témoins se souviennent qu'à une certaine époque, on n'aurait jamais pu forcer un juif à aller au lycée, même à coups de trique. Les interdits religieux, la tradition le bloquaient. Ensuite, quelque chose a cédé, et la tendance s'est inversée. Alexandre II a beaucoup fait pour cela.

Vous parlez du patriotisme, livré un moment aux Cent Noirs (4). Il existe une certaine analogie avec la période actuelle où les libéraux ont renoncé à s'occuper de cette question.

Justement, vous venez de formuler la réponse. Les libéraux ont renoncé à traiter le problème du patriotisme ; ils l'ont abandonné, vendu, et le terme de "patriote" est devenu la pire des insultes. Le problème est ainsi tombé entre les mains de l'aile extrémiste, vraiment extrémiste et d'un niveau intellectuel limité.

Et dans votre vie si complexe, si dure, quelles ont été vos relations avec les Juifs ?

J'ai eu des relations personnelles excellentes avec beaucoup de Juifs. Je comprends la finesse, la délicatesse, la bonté du caractère juif qui me correspond parfaitement. Cela nous permet de nous comprendre à un haut niveau. Je ne me suis jamais offensé de la suspicion formidable qu'ont suscitée mes livres. Je suis au-dessus de cela. Je sais qu'il n'y a en moi rien de ce qu'on m'impute. Je suis effaré d'être ainsi soupçonné, mais cela ne m'a jamais poussé à répondre et ne m'a jamais affecté sur le plan personnel.

Votre livre se referme sur l'année 1995. Si vous deviez le compléter pour traiter les cinq années suivantes, jusqu'à aujourd'hui, qu'écririez-vous ?

C'est au-dessus de mes forces. Pourquoi me suis-je arrêté à 1995 ? J'avais déjà parcouru deux cents ans d'Histoire. Il faut bien mettre un point final un jour. L'Histoire ne peut jamais être traitée intégralement, même si on écrit jusqu'à la mort. Mais j'ai l'impression qu'autour de 1990, disons entre 1988 et 1992, il s'est produit un conflit très vif entre intellectuels juifs et russes. Ils ont dépensé toute leur énergie à s'entre-déchirer. La partie russe était faiblement représentée, maladroite, et elle a été battue. L'énergie de l'intelligentsia n'a pas été employée à bon escient. Certes, la vigueur des échanges a nettement diminué depuis. Il ne peut plus y avoir aujourd'hui d'empoignade aussi violente sur la question juive. Ces explosions se produisent par périodes, elles ne peuvent se répéter à bref intervalle ; en outre, combien d'autres questions ethniques ont été soulevées entre temps ! Elles ont écarté la question russo-juive des feux de l'actualité. Regardez tous les massacres qui ont eu lieu aux confins du pays. Je ne prévois pas d'évolution brutale dans les relations russo-juives. Absolument pas.



© Courrier International

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Lundi 4 août 2008

LETTRE OUVERTE A Monsieur Le PRESIDENT de La REPUBLIQUE FRANCAISE

Maintenant que les feux de la rampe se sont éteints sur votre visite à Jérusalem, Monsieur le Président, le temps est venu de décanter vos beaux discours et gestes et d’essayer d’en faire le bilan pour le peuple israélien. Evoquer ici la fable du Corbeau et du Renard ? Non ! Monsieur le Président, vous n’êtes certainement pas le Renard du brave La Fontaine, vous avez suffisamment fait la preuve de votre philosémitisme par vos paroles dithyrambiques et émouvantes. Mais n’avons-nous pas le droit de nous demander si les Israéliens ne risquent pas de perdre leur fromage, pire, leur plumage ?
Ne vous berceriez-vous pas d’une grande illusion dans vos discours d’amitié et vos gestes en faveur d’Israël ? En effet, trois de vos déclarations nous interpellent :

1) «Il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats vivant côte à côte, et la liberté d’accès aux Lieux saints pour toutes les religions.»
• Voulez vous dire qu’actuellement, et ce depuis 1967, cette liberté n’existe pas ?
• « Ce sont les Israéliens eux-mêmes, qui ne peuvent accéder au Mont du Temple, ne serait-ce que pour prier ! » [1]
• La scission de la capitale israélienne ne peut se justifier par la présence d’une minorité arabe musulmane, même importante. A Paris (comme dans bien d’autres capitales), la minorité musulmane, même grandissante dans certains arrondissements comme le XIXe, ne peut justifier la scission administrative de ces quartiers !
• Mais le plus grave, Monsieur le Président, avez-vous pensé qu’un gouvernement israélien responsable puisse prendre le risque de voir une entité terroriste comme le Hamas, installée au cœur de sa capitale ? Ce serait Sdérot à Jérusalem, à portée d’un jet de pierres des Kassam ! Faudrait-il alors construire une énorme muraille, une de plus, au centre de la Ville sainte ? Impensable !
LIRE LA SUITE : http://www.terredisrael.com/wordpress/?p=1410

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Samedi 2 août 2008
Un nouveau Kennedy, dit-on ici. Un charisme supérieur à celui de Martin Luther King, ajoute-t-on là-bas. Et puis qu’il est beau ! C’est ce que précise, extatique, la rédactrice en chef d’un magazine féminin.

Un comité de soutien s’est trouvé formé où on retrouve tout ce qui compte à Saint-Germain des Prés : Sonia Rykiel, le mari d’Arielle Dombasle, l’ex-compagnon d’Yves Saint-Laurent…

Lorsque, fin août en 2004, j’avais publié un ouvrage expliquant « Pourquoi Bush sera réélu », des gens qui ne connaissent les États-Unis que pour avoir séjourné à Manhattan ou à Beverly Hills avaient dédaigné mes analyses avant de s’apercevoir, trop tard, que j’avais raison.

Cela m’a valu de solides inimitiés qui durent jusqu’à ce jour, et une rupture avec mon éditeur d’alors qui, pourtant, aurait pu se réjouir de ma perspicacité.

J’ai choisi, cette année, un livre plus vaste qui s’appellera « L’Amérique et le monde après Bush », et qui paraîtra début septembre.

J’y ai ajouté une postface qui aurait pu prendre les dimensions d’un ouvrage entier, et je l’ai intitulée : « Pourquoi Barack Obama ne sera pas Président des États-Unis ». Et je me tiens à ce que j’ai écrit dans cette postface.

Barack Obama, c’est bien davantage que de l’inexpérience, c’est du vide. Une fois les téléprompteurs et les oreillettes éteints, le discours se grippe et les arguments s’épuisent.
Ou alors, il ne reste que quelques formules, où surnagent les mots « espoir » et « changement », à moins que ce ne soit une combinaison des deux, « l’espoir du changement » qui, bien sûr, implique un « changement dans l’espoir »…

Quand on enlève les téléprompteurs, les oreillettes, le discours des speechwriters, la prestance de gravure de mode teintée d’un zeste de trucs de prêcheur et d’hypnose collective, il reste le contenu du programme, et celui-ci est d’un vide consternant et d’une vacuité socialiste qui trahit le manque d’imagination et l’illusion qu’avec des vieilles recettes moisies, on peut inventer un avenir tout neuf.

Cela plaît aux jeunes gens qui n’ont pas connu les années Carter et la stagflation, mais cela ne peut résister à l’examen pour des membres des classes moyennes qui ne tiennent pas à perdre leur emploi ou à voir confisquer leur épargne, aux fins qu’elle soit gaspillée dans des programmes fumeux où se croisent des éoliennes à n’en plus finir et des emplois publics par tombereaux entiers.

Cela peut plaire aussi à la population noire qui, en l’occurrence, se tourne vers Barack parce qu’il a la peau sombre. Cela peut plaire à la gauche universitaire et aux bobos qui, en votant Barack, peuvent se dire qu’ils font preuve d’une ouverture d’esprit extraordinaire et qui flattent ainsi leur narcissisme et leur certitude absolue d’être antiracistes et de n’avoir rien à voir avec les gens de l’Amérique profonde – ceux que Barack a décrit comme « crispés sur leur Bible et sur leur fusil »…

Pour la politique étrangère, Barack flatte les pacifistes et les compagnons de route du terrorisme et, quand on lui dit qu’il est allé trop loin, il rectifie un peu et propose de bombarder le Pakistan.

Comme si cela ne suffisait pas, il y a les fréquentations de Barack : un pasteur raciste, gauchiste et antisémite dont il vient tout juste de se séparer, Jeremiah Wright ; un ancien terroriste, Bill Ayers ; un islamiste palestinien mal repenti, Rachid Khalidi ; un promoteur véreux qui passe en ce moment devant la justice, Tony Rezko.

Et je n’en ai cité que quelques-uns. Si on se tourne vers les conseillers, c’est à peine mieux. Non, Barack Obama ne peut pas être Président des États-Unis ! Ou alors, le pire serait à craindre…

Guy Millière
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Vendredi 1 août 2008

Au lendemain de l'annonce du retrait programmé du premier ministre israélien, Ehoud Olmert, les spéculations allaient bon train au Proche-Orient sur l'impact de cette nouvelle crise politique sur le processus de paix en cours entre l'Etat juif et l'Autorité palestinienne.

Pour le président palestinien Mahmoud Abbas, qui joue sa crédibilité sur ces négociations, le mot d'ordre est continuité. "Nous travaillerons avec tout premier ministre élu en Israël et nous continuerons avec Ehoud Olmert jusqu'à l'arrivée de son successeur", a-t-il déclaré depuis Tunis, où il assistait au cinquième congrès du Rassemblement constitutionnel démocratique, parti du président Zine Al-Abidine Ben Ali.

Le futur démissionnaire Ehoud Olmert lui a répondu depuis Jérusalem sur un ton pareillement volontariste. "Tant que j'exercerai mes fonctions, je n'abandonnerai pas mes tentatives de négocier avec les Palestiniens pour parvenir à un résultat permettant de donner espoir, a promis le chef en sursis du gouvernement israélien. Nous sommes plus proches que jamais d'une entente solide."

Signe de cette volonté de normalité, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, devrait se rendre dans la région le 20 août, afin de rencontrer les négociateurs qui entendent poursuivre à Jérusalem leurs réunions quasi hebdomadaires. La tactique du "business as usual" pourrait se prolonger d'ailleurs bien au-delà des primaires de Kadima, prévues le 17 septembre.

LIRE LA SUITE : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/08/01/la-crise-en-israel-pese-sur-les-discussions-de-paix_1079418_3218.html?xtor=RSS-3210

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Dimanche 27 juillet 2008

L’originalité de ce rapport est de se fonder non pas sur des suppositions, mais sur des données scientifiques de premier plan.On pourra notamment y trouver des approches comparatistes, suivies d’un état des lieux exhaustif du monde juif actuel et d’une série de 18 propositions concrètes visant à assurer une continuité du judaïsme.Ce rapport apporte une place de choix à la réalité du judaïsme français.  

Entre autres nouveautés, la perspective d’un dépassement du clivage Israël/Diaspora, au profit d’un être-ensemble du peuple juif, transcendant langues et frontières, ne manquera pas de retenir l’attention du lecteur. 92 pages en couleur.

L’enjeu ? Proposer une nouvelle vision stratégique du monde juif à l’aube du XXIe siècle

 

Téléchargeable gratuitement :
http://www.jpppi.org.il/JPPPI/SendFile.asp?DBID=1&LNGID=4&GID=456

Par voline - Publié dans : Débats
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