C'est une allocution
historique qu’Angela Merkel a tenu devant la Knesset. La chancelière allemande a prononcé un discours en allemand et en hébreu.
C'est une allocution
historique qu’Angela Merkel a tenu devant la Knesset. La chancelière allemande a prononcé un discours en allemand et en hébreu.
Jusque dans
les années 20, les Serbes étaient encore majoritaires au Kosovo, berceau de la culture et de la religion Serbe. Mais lors de la deuxième guerre mondiale, les partisans serbes et
leurs familles furent tués ou chassés du Kosovo par les nazis et leurs collaborateurs musulmans engagés dans les divisions SS Skanderbeg (le “héros national
albanais”, 7000 Albanais du Kosovo) et Handschar (le “cimeterre de l‘ Islam”, division bosniaque de 20000 soldats anéantie devant Zagreb en 1945)
Après la guerre, le régime communiste interdira le retour des réfugiés serbes dans la région afin de limiter l’influence de la Serbie au sein de la fédération Yougoslave. Puis, durant la seconde moitié du XXème siècle la démographie galopante des musulmans albanais du Kosovo associée à une forte immigration des albanais d’Albanie fuyant la misère de leur pays fera que, dans les années 1990, la province sera habitée à 90% de musulmans albanais. On estime aujourd’hui qu’un Albanais du Kosovo sur trois est originaire d’Albanie ou descendant d’immigrés albanais récents. Le Kosovo s’est ainsi progressivement islamisé.
Résultat: Le Kosovo a obtenu son « indépendance ». En réalité une très facile occupation américaine de plus au cœur de l’Europe… Car pour la communauté internationale la cause était entendue. Les négociations n’existaient que pour ménager les susceptibilités serbes et pour conférer à l’accord ( la mise devant le fait accompli ) qui en résulta la légitimité et la force du droit international.
C’est donc un Kosovo indépendant, à brève échéance, qui sortit de ces pseudo négociations. Les Serbes cédèrent dans les chants et dans les larmes. Lorsqu’on n’a aucun atout dans son jeu, il ne peut en être autrement.
Les perspectives d’une adhésion à l’UE et la prétendue garantie, par la communauté internationale, du respect des minorités serbes au Monténégro, au Kosovo et en Bosnie furent les “cadeaux” qui permirent aux dirigeants serbes de jouer les matamores à Belgrade en sauvant la face. De toute façon le peuple serbe lassé par 15 ans de guerres et de privations n’aspirait qu’à deux choses: la croissance économique et l’adhésion à l’UE. Mais cette victoire des islamo-maffieux Kosovars, risque bien d’être l’illustration de ce qui se déroule en Israël et attend l’Europe occidentale dans un avenir à moyen terme. Des communautés musulmanes devenues majoritaires sur un territoire donné et qui pour obtenir le “droit” de vivre selon les préceptes coraniques s’insurgent par les armes. De multiples mouvements de guérilla, sur le mode de l’UCK ou du Hamas.
Lorsque les négociations de Vienne ont pris fin, nos médias unanimes présentèrent la capitulation arrachée à la Serbie comme une grande victoire de la démocratie, comme une grande victoire de la diplomatie onusienne et européenne, comme l’acte de naissance d’une Europe unifiée permettant d’accueillir en son sein nos frères musulmans des Balkans. En vérité, il s’agit de la naissance d’un paradigme. Du paradigme kosovar, conséquence directe des préceptes islamiques qui veulent qu’une communauté musulmane n’a pas à obéir aux lois d’un État “infidèle” et qu’elle doit, dès qu’elle en a les moyens (militaires, économiques et démographiques), se révolter pour faire sécession de l’État impie afin de pouvoir vivre selon les lois coraniques.
Les exemples à travers le monde sont multiples. Nous refusons de les voir. Nous connaîtrons bientôt des situations similaires.
Peut-être se souviendra-t-on alors que cette Serbie humiliée, dépouillée, fut le laboratoire européen de ce paradigme et qu’à l’époque, on lui a refusé toute clémence et toute compréhension…
Jean-Marc DESANTI
Un des disciples et traducteurs de Heidegger en France écrivit à Heidegger juste après la deuxième guerre mondiale et le questionna sur la possibilité de restaurer un humanisme dans
l’ Europe ravagée par la guerre et par le nazisme. Heidegger répondit dans une longue lettre, en fait un opuscule connu sous le nom de Lettre sur l'humanisme : "je ne crois pas que le
problème soit de restaurer l'humanisme, je ne crois pas qu'il faille restaurer l'humanisme". Et il ajouta : "parce que l'humanisme est plutôt ce qui est la cause de nos maux. Nous
confondons les choses en voulant parler d'humanisme".
Que voulait-il dire par là ? Quand il écrit cela, Heidegger a en vue l'humanisme au sens du relativisme : l'homme est la mesure de toutes choses. Or si, effectivement, l'homme est la mesure de toutes choses, il n'y a aucun point de vue extérieur auquel accrocher un univers de valeurs, un univers de significations relativement stables. Les choses changent à tout moment, selon ce que les hommes disent qu'elles sont et selon aussi ce qui se passe dans les sociétés humaines. Qu'est-ce qui nous permet de condamner radicalement le mal ou du moins ce que nous percevons comme mal ? c'est bien l'idée qu'il pourrait exister quelque part une échelle de valeurs, sinon intangible, du moins extérieure à nous-mêmes, une référence à laquelle nous pourrions mesurer les actions humaines, à laquelle nous pourrions mesurer notre être et nos pensées. Si nous sommes dans une perspective totalement relativiste, il semble bien que nous ne disposions plus de cette possibilité de référence. Ce serait là, selon Heidegger, le risque, l'écueil et même l'échec de l'humanisme.
C'est ce type de pensée-là que Heidegger vise dans sa Lettre sur l'humanisme en disant : ces gens-là ont raté quelque chose ; ce qu'ils ont raté, au-delà de cette vision qu'ils nous proposent de l'humanisme, de l'autonomie de l'homme, de l'autonomie du sujet, c'est précisément le fait que l'homme ne peut être le dernier mot. Le dernier mot c'est l'Être. Selon une des formules les plus connues de Heidegger, "l'homme est le berger de l'Être", l'homme doit veiller à quelque chose qui le dépasse et qui est ce qu'il appelle l'Être.
. Cette idée que l'homme est le berger de l'Être, qu'il faut rompre avec une posture trop centrée sur les pouvoirs de l'homme, nous la retrouvons dans toutes les critiques de la modernité technologique, du prométhéisme de la domination de l'homme sur la nature, critiques qui nous disent : attention, nous ne sommes peut-être que les gardiens et pas simplement les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a donc une descendance écologiste de la pensée de Heidegger. C’est exactement ce que nous retrouvons dans le premier monothéisme : le Judaïsme.
Au cœur de toutes les découvertes et de toutes les exigences de l’Humanisme, il y a l’affirmation que, dans toute culture, la personne est identique et en devenir. Le propre des
humanistes est de considérer que la dignité de l’homme coïncide avec sa liberté et que sa raison fait de lui un être divin : une imago Dei. Cette dignité, l’homme la doit aussi à
la possibilité de gouverner sa vie et de se constituer historiquement, en opposant à la puissance de la Fortune la Vertu industrieuse, ou pour mieux dire créative. C’est encore la dignité de
l’homme que d’exercer activement, contre toute contrainte, le droit à la liberté de pensée, de conscience et de questionnement.
Si l’humaniste se défie, sans tomber dans le relativisme, de toute “hiérarchisation” des civilisations, c’est qu’à ses yeux l’homme possède, partout et toujours, les mêmes vertus essentielles.
Bien plus, l’Humanisme propose une osmose entre ces vertus : c’est-à-dire une convergence des pensées, des institutions et des conquêtes de toutes les cultures passées et contemporaines. De ce
projet témoignent les points de concordance qu’il établit entre les civilisations de l’Orient, du Judaïsme, du Christianisme, de l’Islam et entre toutes les autres expériences
humaines connues : aussi l’Humanisme est-il un creuset. Il repose aussi sur l’idée, exprimée par Dante principalement, selon laquelle ce qui est impossible pour l’homme individuel ne
l’est pas pour l’humanitas : c’est-à-dire pour la coordination, idéale et effective, des facultés humaines. Sans une telle vision, l’humanité serait demeurée foncièrement statique ; ni
la poésie ni la science n’auraient pu voir le jour. Si elle venait à perdre une telle vision, la science moderne, pourtant fille de l’Humanisme, ne serait plus un instrument de connaissance et de
libération, mais un scientisme, un anéantissement de l’esprit et donc de l’éthique.
Ainsi, l’Homme que véhicule, par exemple, le hassidisme est un modèle d‘Humanisme. Le Hassid se caractérise par son authentique religiosité - qui lui permet d'accéder à D. par l'amour de
l'humanité. À la différence de l'érudit talmudique, qui vit en dehors du monde réel, le Hassid visionnaire est doté de joie de vivre, de naïveté et de simplicité. Autre personnage , le
Halutz ascétique - le pionnier qui consacre sa vie à l'édification de Sion. Le Halutz est un «nouveau type d'homme», mû par une vocation à la fois nationale et sociale.
cependant ni le Halutz ni le Hassid ne peuvent être pris totalement comme « finalités » pour l’Humanisme . La mission du Halutz dans l'édification d'une
patrie du peuple Juif a pris fin avec la création de l'État d'Israël - et avec le renforcement des particularismes au détriment des éléments universels. Le même constat vaut pour
le hassidisme institutionnalisé qui, a dégénéré au fil du temps. «L'humanisme hébraïque» ou «biblique» demeure,cependant,l'idéal que toute éducation doit se
proposer d'atteindre.
C'est en effet à l'«humanisme hébraïque» - dans lequel cherche à s’ancrer le sionisme, - que l’on peut attribuer la plus haute valeur humaniste. Le sionisme se conçoit comme «le chemin de la
sainteté», par opposition à «l'égoïsme sacré» du monde. La question de l'attitude d'Israël à l'égard de ses voisins arabes n'est pas seulement d'ordre politique; elle fait aussi
partie intégrante du judaïsme. De même que l'antisémitisme met en question la crédibilité des principes chrétiens, devenant de ce fait un problème chrétien, de même
l'attitude juive envers les Arabes est une mise en question du judaïsme et devient par là même un problème juif.
L'héritage juif classique - «la force de la mémoire vivante» - est la principale source du judaïsme. Il fonde son enseignement essentiellement sur les valeurs universelles du
grand texte de l'antiquité juive - la Bible : Ce que la Bible nous enseigne avec tant de simplicité et de force, et qui ne peut s'apprendre dans aucun autre livre, c'est qu'il y a la
vérité et le mensonge et que l'existence humaine se tient inexorablement du côté de la vérité; c'est qu'il y a la justice et l'injustice et que le salut de l'humanité réside dans le choix de la
justice et le rejet de l'injustice.
La notion de «ligne de démarcation» est l'une des contributions majeures à la réflexion sur l'Humanisme. L'injustice est inhérente à la vie même – en particulier dans les rapports entre
communautés. Confronté à cette tragique réalité, l'être humain est contraint de se déterminer constamment au regard du minimum de mal qu'il doit commettre pour assurer sa survie
et du maximum de bien qu'il doit faire pour préserver son image d'être humain. Pris dans cette contradiction entre le souhaitable et le réalisable, l'être humain
doit sans cesse tracer une ligne de démarcation entre des exigences impératives et la possibilité - forcément relative - de les satisfaire dans la vie quotidienne. A l'heure des décisions
fatidiques, nous devons nous demander quelle est la dose de mal absolument indispensable à la survie de la communauté: tout ce qui se situe au-delà ne doit pas être toléré.
Cette notion de ligne de démarcation prend toute sa pertinence lorsqu'on l'applique au combat acharné qu'a mené Israël pour sa survie sur la terre biblique. Le triomphe de la cause sioniste
entraîne inévitablement une certaine injustice à l'égard des Arabes de Palestine; mais ces torts doivent être limités au strict minimum. Tiraillé entre la nécessité de sauver le peuple
« porteur de lumière »et le souci éthique de ne pas commettre d'injustice envers les Arabes de Palestine, il s’agit de vivre sur place avec les Arabes, et non pas à
leur place. Déjà Buber déclarait: «Nous n'aspirons pas à rentrer dans notre antique patrie pour en chasser un autre peuple ni pour le dominer».
Mais dira-t-on : pourquoi avoir élu un peuple qui doit lui observer tous les commandements de la Thora ?
Pourquoi demander plus, toujours plus aux juifs ?
Pour que ce peuple puisse conduire l'humanité, par son exemple, vers un plus haut degré de spiritualité et de moralité. Tâche en partie remplie, en inspirant le christianisme et l'Islam, qui bien
que n'étant pas parfaits, représentent un net progrès par rapport aux croyances qui les ont précédés.
Reste la question d’Amalek qui serait la « preuve » de la totale impossibilité de l’Humanisme juif …
En réalité,Amalek est LA question suprême .
« Où donc est le D. d’Israël ? »
Terrible question .
Il y a 35 siècles quand, massacrant et pillant, Amalek s’en prit aux plus faibles, aux plus démunis des Hébreux qui venaient d’être les témoins de l’exemplaire sanction de D. en Égypte, ces Hébreux du Miracle crièrent eux aussi : « Pourquoi ? » Où était donc ce D. mystérieux qui, la veille, les avait sauvés ? Pourquoi, maintenant, permettait-Il à Amalek de les tailler en pièces ?
Pouvaient-ils deviner l’enseignement de la Haggadah, qu’en « chaque génération, l’homme doit se considérer comme s’il était lui-même sorti d’Égypte » ? D. a crée l’Histoire pour apprendre aux hommes que, s’ils ont le courage et la volonté de l’entreprendre, la guerre contre le mal peut être victorieuse. C’est ainsi que le Psaume 115, comme la fin du Hallel, unit à la « Maison d’Israël », les Craignant-Dieu, les foules de Gentils qui, sans se convertir au judaïsme, en acceptaient l’exigence morale et monothéiste.
Israël fut libéré d’Égypte mais dut combattre Amalek, parce que c’est aux hommes et non à Dieu qu’incombe la lutte contre le mal et les malfaisants. Quand le jour finit, Amalek avait perdu la bataille. Se considérer comme étant soi-même sorti d’Égypte, comme ayant soi-même combattu Amalek, c’est dire et croire qu’Amalek peut perdre la guerre en chaque génération.
Quand les hordes de pogromistes massacraient et violaient, quand les bottes d’Amalek martelèrent le sol d’Allemagne puis de l’Europe entière, la Haggadah faisait entendre d’autres pas : ceux des esclaves libérés d’Égypte marchant vers la Terre promise. Les Haggadot le proclamaient en leur dernière page : « L’an prochain à Jérusalem ».
La renaissance de l’État d’Israël n’est pas la réponse au « Pourquoi ? » La question demeure inchangée. Mais ce que l’État d’Israël proclame, c’est la victoire toujours renouvelée de l’Humanisme par l’échec d’Amalek.
Jean-Marc DESANTI
« Nous convenons tous que votre
théorie est folle, le problème qui nous divise est celui-ci: Est-elle suffisamment folle pour être vraie? »
Nathan Borh
N’y aurait-il pas déjà dans l’intitulé même de ce texte un blasphème des plus intolérable ? Y a-t-il seulement quelque chose à « voir » entre Odin et Moise, entre la pensée mythique européenne -l’âme éternelle du Paganisme- et le Judaïsme ?…
Cela fait pourtant des siècles, que de ce regard tantôt tendre et tantôt cruel entre Merlin et D., l’histoire de l’européen s’écrie en lettres d’or ou en flots de sang. Nietzsche, le plus grand des incompris peut-être , écrit en septembre 1886 : « le judaïsme a donné à l'Europe une religion héroico-épique ».
Le rabbin Samson Raphael Hirsch fondateur de l'école Torah im Derech Retz, et qui fut au XX ° siècle l’ardent patriote et porte parole du judaïsme orthodoxe allemand lui fait écho : « l’Europe est un appel au sens du sacrifice. Le judaïsme réveillera la vieille patrie européenne endormie au cœur de nos forêts, où coulent les sources de vie. »
Le Judaïsme est la « constante » de la culture européenne, non comme art, comme dogme, comme rituel mais comme « cri de la mémoire et du sacré ».
Paganisme européen et Judaïsme ne sont pas une seule et même chose mais ils conçoivent la déité comme un processus , un mouvement, non comme une idée suprême de soumission mais comme la démarche de base de la liberté absolue.
Un individu libre ne demande pas à d’autres hommes la condition, permission de sa liberté, mais par la religion il s’allie aux autres hommes pour mieux la défendre et la perpétuer…D’où le concept exigeant et complexe de « vivre librement sous le joug de la Torah ».
Car la liberté ne vaut que par la qualité de vie qu’elle développe. Il n’y a de vrai respect que dans la souveraine et volontaire affirmation de la vie forte, assez forte pour ne pas haïr, pour estimer même l’adversaire.
Or, depuis deux siècles, une méfiance mutuelle s’est instaurée entre juifs (BNe. YISRa’el) et patriotes européens (les fils de Mélusine).
Il serait trop facile, dangereux pour tous d’établir une vision manichéenne, de distinguer les bons des gredins, le bien et le mal et à chacun ses dieux pour garantir la vérité…
Certes, il y a des Déroulède qui, par veulerie , laisseraient mourir D. et les juifs et qui tranquillement vivraient sans énergie dans la licence de ce crime.
Mais il y a un patriotisme de la terre, de toutes les terres européennes, qui ne tue point le monothéisme, qui reste la « source initiale » de connaissance, et qui refuse le credo de l’aveugle non pour éviter de risquer un jour l’interrogation et le doute, mais pour porter la quête de tous : n’est-ce pas l’exacte signification d’Excalibur et de la sublime épopée du Graal ?
Ainsi; il n’est nullement arbitraire d’affirmer que pour le Paganisme européen et le Judaïsme le « questionnement » est le véritable Grand Être. (« comment est il possible de faire résider D. au milieu des hommes ? Tel est le problème auquel se nourrit la pensée des hébreux ». A. Abécassis)
Si la religion est, selon l’étymologie, le lien qui unit l’Être à L’homme, alors pour Merlin comme pour D. l’âme s’incorpore à la grande activité humaine dans la construction de l’œuvre commune … Ame immortelle, non comme une chose qui durerait toujours, mais comme est immortelle l'œuvre des hommes qui « réfléchissent », et ne meurt ni avec l’individu, ni avec l’actuelle génération. En définitive il s’agit du destin collectif ,du destin des peuples.
Le 29 Août 1883 , Freud écrivait à Martha : « seul chez les peuples existe l’idée que la vie de l’un continue la vie de l’autre tandis que, pour chacun entre nous, le monde s’éteint à notre mort. »
Merlin et D. n’ont d’autre choix que l’ALLIANCE. Nous vivons à l’heure de l’Hollywoodisation croissante, de l’accélération du processus de sécularisation, ... Et si cette tendance venait à se confirmer, elle signifieraient l’agonie de l’Europe, de sa civilisation, de ses cultures populaires millénaires, mais aussi comme l’a déclaré le rabbin Mayer Schiller dans une interview à la Jewish review, « l’anéantissement du Judaïsme et du message divin dont il est porteur. »
Aujourd’hui, THANATOS consiste à faire croire que la « fin de l’histoire » est arrivée, que le monde horizontal actuel (typique de la conception mercantile et superficielle) s’est substitué à la traditionnelle conception mythistorique du monde vertical qui nous relie à nos ancêtres et qui donne toujours tout son sens à l’idée et à la réalité de la communauté de destin dans l’universel.
Dans le célèbre dessin animé intitulé American Pop, Ralph Bakshi met en scène la fin pitoyable d’une famille juive qui pour fuir les pogroms a immigré aux U.S.A. Après avoir pratiqué le jazz, le rock’n’roll, cette famille s’éteint avec le petit fils du modeste immigré russe, qui meurt drogué et sans descendance. Face à une telle perspective D. et Merlin ont, ensemble, à lutter pour rétablir les nations - aujourd’hui réduites à un conglomérat économique vassalisé - dans leur origine, leur Histoire sacrée ... Leur enracinement .
Jean-Marc DESANTI
Les territoires orientaux ont toujours été considérés par l’Occident comme des colonies. La création d’Israël a été la rencontre d’une volonté sioniste et d’une habitude occidentale. De ce fait, Israël a tout de suite été perçu comme un instrument pour mieux contrôler les ressources et la zone stratégique moyen-orientales. Ainsi se sont développés tous les "marqueurs" de la lutte « anticoloniale » : révoltes, terrorisme, campagnes de presse internationale. Le rejet arabe fut identitaire, raciste et religieux. L’expédition franco-anglaise de 1956 renforça, dans l’autre camp, la certitude d’une collusion philosophico-politique judéo-chrétienne, mais elle constitua aussi le premier échec imposé à des militaires pour des raisons économiques. La victoire sur le terrain se transforma en capitulation politique sous la pression des Etats-Unis « alliés » : les Américains agirent comme les Anglais de jadis, protecteurs de la Palestine : les affaires avant tout.
On connaît la suite : perte de tout l’Empire colonial français, soutien du FLN par Washington et fin de l’Algérie française - l’Israël hexagonal.
Les mêmes causes engendrent les mêmes effets. Aujourd’hui, le reproche d’être un État colonial, adressé à Israël, correspond au fait qu’il se retrouve seul face aux masses musulmanes. Le «
territoire » lui est contesté parce que les ennemis savent que lui en faire perdre une portion, c’est supprimer sa sécurité, sa stabilité, voire son identité.
L’histoire n’est pas morale: elle est un mouvement impitoyable, une lutte perpétuelle pour conserver et non dilapider.
Or, dans ce combat, la politique occidentale hésite sans cesse entre une métaphysique de l’honneur et un libéralisme épicurien. Il suffit de se souvenir de la tragédie serbe. Les Serbes ayant décidé de ne rien céder aux musulmans bosniaques et albanais, l’OTAN alla jusqu’à bombarder Belgrade, capitale européenne, parce que l’Arabie saoudite, l’Afghanistan et le Pakistan soutenaient des musulmans d’Europe qui se révoltaient. Les marchands d’essence avaient préféré, comme toujours, leurs fournisseurs de pétrole. Dans la même logique économique suicidaire, on fait mine d’ignorer que la mafia tchétchène était maîtresse du trafic de drogue en Russie, et que la réaction brutale de Poutine avait pour but d’éradiquer les trafiquants, qui se servaient de l’enrichissement de leurs réseaux pour diriger la sécession.
C’est une réalité politique structurelle : soutenir une des parties, ce n’est pas forcément être du côté du bien ou du confort, c’est choisir. Avec toutes les conséquences violentes d’un monde qui ne sera ni meilleur, ni chevaleresque. Il ne s’agit pas, pour l’Occident, en soutenant d’une manière inconditionnelle Israël, d’opter pour un statut confortable, mais de définir son camp.
Ceux qui, à la City de Londres, ou à la Bourse de New York, espèrent encore ménager l’économie mondiale et les profits, en jouant sur tous les tableaux, se retrouveront, au mieux, esclaves ou
domestiques des peuples musulmans et asiatiques.
Donner des leçons de morale en temps de guerre, ou continuer « ses petites affaires », c’est une façon de cacher sa peur et sa duplicité. Nous le savons désormais, deux sphères d’influence
s’affrontent : l’occidentale et l’islamo-tiers-mondiste. L’une a l’avantage de la technologie, l’autre, celui de la démographie. C’est ainsi. Et le pire est que, par le biais des migrations
volontairement incontrôlées par les tenants du productivisme à tout prix, l’ennemi est déjà dans la place. Israël est une digue bien fragile, mais sa défaite marquerait la fin de l’Occident.
Dans son ouvrage, L’Appel du destin, De Gaulle écrivait: « Si la transversale musulmane, qui va de Tanger au Pakistan, passe sous influence chinoise, nous sommes finis ».
Israël, terre d’Occident, ne doit ni composer, ni céder, mais garder chaque pouce de territoire. Israël réduit, la guerre serait demain à Marseille. Elle s’y profile déjà.
C’est pourquoi tout notre travail consiste à faire prendre conscience qu’à Paris, Londres, Berlin, Moscou, New York, ou Haïfa, nous sommes tous sous le feu de l’ennemi.
Jean-Marc Desanti
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