Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 18:13

Algérienne d’origine, exilée en France avec sa famille pour échapper à la mort, elle vit au Québec depuis 1997. Djemila Benhabib vient de publier son premier essai Ma vie à contre-Coran. Une femme témoigne sur les islamistes dans lequel elle raconte la terreur qu’elle a vécu avec la montée de l’intégrisme religieux et met à nu les différentes stratégies des islamistes pour imposer leur dictature. L’auteure nous met aussi en garde contre notre trop grande tolérance vis-à-vis ceux qui cherchent patiemment à saper les bases de notre démocratie pour imposer leur vision fasciste et obscurantiste de l’islam.

Citoyenne du monde, féministe et laïque, Djemila Benhabib est tissée de la même étoffe que les Taslima Nasreen, Wafa Sultan, Chadortt Djavann et Ayaan Hirsi Ali. Ces femmes, toutes de culture musulmane, reprennent le flambeau des Lumières, et au nom de la défense des droits humains, osent avec une farouche détermination, s’attaquer à l’intégrisme islamique. Et cela, au péril de leur vie.

Nouvelles dissidentes de l’Histoire, elles mériteraient toutes de pouvoir jouir ici en Occident de la même sécurité, du même soutien, de la même admiration, du même respect et de la même attention médiatique auxquels les Sakharov et Soljenitsyne ont eu droit, à une époque pas si lointaine.

Ce livre de Benhabib, nous l’attendions depuis longtemps. Tous les « Tremblay » du Québec l’attendaient. Puisse-t-il ouvrir une brèche dans la pensée unique de nos bien-pensants qui étouffent invariablement toute critique de l’islamisme.

« J’ai écrit ce livre pour que les gens sachent ce qu’est l’islam politique, une idéologie de mort qu’on veut nous imposer. » 

En Algérie, vous avez risqué votre vie en refusant de porter le voile, alors qu’ici on le présente comme un choix personnel?
 « Le voile n’est pas qu’un simple vêtement,  il fait partie d’un « package »,  d’un système de valeurs qui est rétrograde, archaïque et barbare à l’égard des femmes parce que le voile, c’est aussi la répudiation, la polygamie, le mariage forcé et arrangé, l’excision, la non-mixité, les châtiments corporels comme la flagellation, la lapidation. Or on nous le présente comme indépendant de tout cela. Mais c’est faux. Le voile, c’est l’emblème de l’intégrisme. »

Il y a des gens qui pensent qu’il faut tolérer le voile parce qu’il fait partie de votre culture?
« Moi le voile, cela ne fait pas partie de ma culture, ni de la tradition. Ma grand-mère ne se voilait pas, enfin oui,  elle se voilait parce que ce sont des sociétés encore fortement patriarcales, mais elle ne portait pas le voile islamique tel que le font aujourd’hui les militantes islamistes. On a vu l’apparition de ce voile dans les années 80 avec Khomeini. C’est lui qui a imposé le port du voile islamique tel qu’on le voit aujourd’hui. Donc il n’est pas du tout ancré dans notre culture, bien au contraire, le voile islamique est venu chasser du décor visuel ce que nos femmes portaient comme un truc traditionnel. Il n’est donc pas une spécificité culturelle, mais bien un geste politique d’adhésion à l’islamisme politique. C’est tout. »

Et que répondre à Amir Khadir, affirmant que les femmes iraniennes ont porté le voile comme un étendard politique pour s’opposer au Shah?
« C’est bizarre,  parce que moi,  toutes les Iraniennes que j’ai rencontrées, sont des femmes qui ont dû s’exiler parce que leur vie était en danger et qu’elles ne cadraient pas avec le régime islamiste. Alors c’est bien étrange que M. Khadir n’en parle pas. Est-ce à dire qu’il n’est pas au courant de la situation? Je ne le pense pas.  Saviez-vous que la législation iranienne prescrit l’emprisonnement jusqu’à 12 mois, des amendes et la flagellation pour des infractions relatives au code vestimentaire?

Mais vous savez, en politique, il y a des choix à faire. Et si M. Khadir a choisi de parler des femmes voilées, c’est peut-être parce qu’il les soutient? Pourquoi ne parle-t-il pas des femmes opprimées, laïques et féministes? Il y en a beaucoup. Ne les a-t-il pas rencontrées? »

Devrait-on, comme le veut Françoise David, accepter le port du voile dans les institutions publiques pour empêcher l’exclusion sociale et économique de ces femmes musulmanes? « Écoutez, le Québec ce n’est pas un bazar. Le Québec est une société qui s’est donné démocratiquement des institutions laïque et égalitaire et, par conséquent, lorsqu’on pose des gestes, on doit constamment les inscrire dans ce cadre-là. On doit respecter les choix de la collectivité et le bien commun. Cela doit primer sur tous les autres choix que l’on fait. On a un contrat social à respecter. Et ceux qui disent qu’on peut accepter le port du voile dans les institutions publiques violent le consensus social. La laïcité, c’est notre ciment, et tant et aussi longtemps que les Québécois décideront de faire du Québec un État laïque, alors il va rester laïque, et tous les citoyens doivent respecter cette laïcité-là. »

Et la laïcité ouverte, cela signifie quoi pour vous?
« Moi, dès qu’on ajoute un adjectif à la laïcité, cela me dérange. Pour moi, il n’y a que la laïcité, et c’est un concept qui est très clair. C’est l’égalité entre les croyants, les agnostiques et les athées. Et l’État doit veiller à cela. Sur la place publique, on est égaux. C’est tout,  et je ne vois pas pourquoi on lui associe le terme de fermée ou d’ouverte. »

2017348595_2.jpgOn va dire de cela que c’est de l’intégrisme laïque, non?
« Écoutez, moi j’ai vécu les prémisses d’un État intégriste. Je n’en ai vécu que les prémisses et je peux vous dire que de vivre dans un tel état de peur permanente, c’est un cauchemar. Ma réflexion, elle se nourrit d’un vécu, et j’en suis arrivée à penser que nous ne pouvons vivre librement que sous un État laïque. Parce que j’ai déjà vécu sous des régimes oppressifs où il m’était interdit de dire que je n’étais pas croyante. Je ne pouvais pas le dire parce que je risquais ma vie. Cette violence-là, je l’ai vécue. »

Des femmes voilées se disent féministes à la « manière musulmane » et prétendent que nous n’avons pas à leur imposer « notre » féminisme qui n’est somme toute qu’une invention de l’Occident. Les féministes du Québec sont divisées sur cette question. D’après vous, peut-il y avoir plusieurs féminismes?
« Pour moi le féminisme, c’est s’insurger contre les injustices à l’égard des femmes, et vouloir les réparer. Et ici, je ne me pose pas la question de savoir si cette femme est afghane ou péruvienne. Je dis que lorsqu’il y a une injustice, il faut mettre fin à celle-ci.

Aujourd’hui, dans les pays musulmans et arabes, la plupart des femmes vivent dans l’injustice. Et cela, il faut le dire. Ce sont dans ces pays-là où, par exemple, les crimes d’honneur sont les plus élevés. Ce sont dans ces pays-là, où les femmes se font fouetter et lapider, dans ces pays-là, où elles se font répudier et maltraiter. Alors, on n’invente rien. On part de la réalité. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec cette réalité? On se ferme les yeux, en disant que l’Afghanistan, cela ne nous regarde pas? Ce n’est pas la voie que j’ai choisie. Pour ma part, à chaque fois que je vois une injustice, je la dénonce parce que c’est mon devoir de citoyenne du monde de le faire. Mon combat, c’est un combat universel pour les droits humains. »

Que pensez-vous de l’attitude de la gauche et des féministes vis-à-vis l’intégrisme musulman?
« Je pense que Québec solidaire, en particulier, a des positions extrêmement dangereuses et inquiétantes par rapport à l’islamisme politique. Moi je suis très inquiète quand Mme David, qui est une des grandes féministes du Québec, cède devant les islamistes et prend position en faveur du port du voile. Mais Mme David lorsqu’elle a organisé la Marche mondiale des femmes, elle ne l’a pas organisée toute seule avec le Québec, mais avec toutes les femmes du monde. C’est dire que toutes les femmes du monde ont le droit à une vie décente. Et donc, on ne peut pas être féministe au Québec et ne pas l’être ailleurs dans le monde. C’est une contradiction. Et c’est en cela que la position de Mme David est problématique, parce qu’elle nous dit : quand l’intégrisme est catholique, je vais le dénoncer, mais quand il devient musulman, là on peut s’accommoder.

Non merci! On n’en veut pas de ces accommodements. C’en est assez de « folkloriser » les femmes musulmanes. L’argument culturel et identitaire relève du pur mépris. Pourquoi des traditions injustes, façonnées dans des sociétés patriarcales, que des hommes et des femmes ont combattues partout dans le monde, seraient-elles acceptables pour des musulmanes? Parce que ces accommodements-là, ce n’est pas Mme David qui va les subir, mais les femmes musulmanes. Et moi, je ne veux pas subir ce que j’ai fui. Si j’ai fui l’intégrisme musulman, ce n’est pas pour le retrouver ici au Québec. Ici, je veux vivre comme toutes les femmes du Québec. Je demande l’égalité, c’est tout. »

Dans votre livre, vous exposez les différentes stratégies utilisées par les islamistes, aussi bien en Orient qu’en Occident. Parlez-nous de celles utilisées ici même au Québec.
« D’une manière générale, ils profitent de toutes les défaillances de l’État. Lorsqu’un immigrant arrive dans un nouveau pays, il est confronté à des difficultés et si nous, en tant que société, n’y répondons pas, alors d’autres vont le faire. Et ce sont des groupes islamistes extrêmement bien organisés et financés par des États étrangers comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite qui vont prendre en charge socialement et économiquement les nouveaux arrivants. Donc, ils les dépannent. »

Et cela se fait ici au Québec?
« Bien évidemment! Il y a des réseaux très bien structurés qui les aident à se trouver un logement ou un emploi, qui payent les loyers de certains immigrants, qui payent même parfois l’Université, qui donnent des cours d’informatique, de langues, des cours de n’importe quoi, qui organisent des conférences sur différents sujets comme, par exemple, les médias et l’islam. J’ai même déjà reçu une invitation de « Présence Musulmane » pour une conférence sur, tenez-vous bien, l’environnement et l’islam! N’importe quoi! Et il y a aussi la propagande dans certaines mosquées et écoles islamiques.

Ils ont un agenda politique qu’ils ne nous montrent pas parce qu’ils ont compris que cette stratégie n’était pas gagnante. Par contre, ce qui est gagnant, c’est de passer par la liberté religieuse, les demandes d’accommodements, parce que cela titille des valeurs qui sont fondamentales pour l’Occident. Donc, c’est sur le terrain de la liberté religieuse qu’ils mènent leur combat. Et c’est sur ce même terrain qu’ils crient au racisme et à l’islamophobie pour museler la liberté d’expression et faire taire les critiques. »

En Algérie, les islamistes ont liquidé l’élite intellectuelle mais ici, ils la courtisent…
« Vous savez les intégristes ne sont pas des idiots. Ils ont compris, par exemple, qu’en instrumentalisant les femmes, qu’en envoyant les femmes voilées aux médias, les plus pimpantes, les plus éduquées qui s’affichent comme des modèles d’intégration et présentent le voile comme un choix personnel, ils savent que cela déstabilise les gens.

Mais moi, cela ne me déstabilise pas du tout parce que ces femmes-là ne sont pas des femmes opprimées et soumises. Ce sont des militantes politiques et il faut les considérer comme telles, c’est-à-dire des adversaires politiques qu’il faut combattre. On n’a pas à faire du copinage ou du charme avec elles. Ce sont des militantes qui sont engagées dans une voie différente de la nôtre et il faut les combattre. C’est tout. »

Il y a des intellectuels musulmans qui souhaitent réformer l’islam, tels l’Algérien Malek Chebel qui nous a donné plusieurs propositions pour réformer l’islam ou encore la Canadienne d’origine pakistanaise Irshad Manji. Peut-on réformer l’islam, et pourrait-il enfin connaître son siècle des Lumières?
« Je le souhaite. De toute façon, en islam, il y a déjà des Voltaire. Il y a déjà des gens libres qui ont dénoncé un certain nombre de choses et qui ont remis en cause l’islam. Par contre, moi je ne veux pas m’inscrire dans la religion pour me libérer. Mon émancipation trouve sa place dans l’universel et la religion ne peut pas constituer l’universel. Donc pour moi, s’émanciper, c’est lutter à l’extérieur de la religion.

Je ne me situe pas dans un courant réformiste de l’islam. Il y a mille et une interprétations possibles de l’islam.  Et aujourd’hui la tendance la plus lourde qui est largement répandue dans le monde, c’est l’interprétation la plus rétrograde. Il aurait pu y avoir une interprétation moderne, mais malheureusement, elle n’est pas là. Donc moi, je ne vais pas attendre quatorze siècles encore pour réformer cette religion-là. Moi je veux vivre en femme libre, maintenant, et je veux m’inscrire dans mon temps. »

Avez-vous le sentiment d’avoir le Québec derrière vous?
« Vous savez, ce qui m’a motivée à écrire ce livre, ce sont les gens qui ont témoigné à la commission Bouchard-Taylor. Quand j’ai vu leur attachement à la laïcité et à l’égalité des sexes et les leçons que leur ont données les deux commissaires qui les ont finalement traités avec mépris et dédain, cela m’a propulsée dans l’écriture et j’avais envie de dire aux gens qu’ils sont sur la bonne voie et qu’ils ont raison de se tenir debout pour défendre la laïcité et l’égalité. Je n’invente rien, je n’ai fait qu’ajouter ma voix à celle des autres. »

Et pourtant, durant les travaux de la Commission, nombreux ont été les médias qui ont présenté les Québécois, ceux des régions en particulier, comme une bande d’attardés. Les conclusions de la commission les accusaient même d’étroitesse d’esprit et de crispation identitaire?  « Vous savez quand je suis arrivée au Québec, je voulais connaître le pays et je me suis donc baladée un peu partout. Je me suis même rendue en Abitibi en autobus en plein mois de février pour donner une conférence sur la situation des femmes musulmanes dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, et j’ai découvert un Québec généreux et ouvert. Et la façon dont on a dépeint le Québec, notamment durant la commission Bouchard-Taylor, m’a déplu parce qu’elle ne correspondait absolument pas à ma réalité.

Les commissaires ont essayé de ridiculiser des gens,  de minimiser la portée de leur message en faisant taire des voix laïques et féministes. On les a dénigrés, Gérard Bouchard les a même catalogués parce qu’ils lisaient tel journal ou écoutaient telle télévision, et moi je trouve que c’est déplorable parce que les commissaires se devaient d’être à l’écoute de tout le monde. Ce que cela m’a prouvé, c’est qu’ils sont déconnectés du peuple, et je peux dire que le peuple est beaucoup plus en avance qu’eux, sur bien des questions, notamment celle de la laïcité et celle du droit des femmes. »

Et Hérouxville?
« Vous savez, ces gens-là ne font pas peur. Par contre, avec les islamistes, je risque ma peau, à chaque minute, pour chaque mot. »

Il vous reste des souvenirs douloureux?
« Oui… bien sûr. Ce professeur, dans la cinquantaine, qui venait à la maison et qui me saluait toujours en disant « Bonjour la Jeunesse ». Il raccompagnait sa fille au lycée, lorsqu’un jeune gars est apparu de nulle part, a pointé un fusil sur sa tempe, puis il a tiré. Sa tête a éclaté, on pouvait voir son cerveau là, sur le trottoir. C’était en plein jour, en plein soleil. À l’entrée du lycée. Le gars a ensuite pointé son arme sur la tempe de sa fille de dix-sept ans, et il lui a dit : « Ça, c’est pour pas que t’oublies ». Puis, il est parti. Ce gars-là, j’ai joué aux billes avec lui lorsque j’étais toute petite.
Sur la rue, des volets se sont refermés, et j’ai compris que la lâcheté est humaine, mais vous savez, le courage aussi, c’est humain. »

djemila-benhabib-vit-coran-L-1.jpgMA VIE À CONTRE-CORAN
Une femme témoigne sur les islamistes
Djemila Benhabib
Vlb éditeur  Montréal,  2009, 268 pages

L'aut' journal Format papier 
Avril 2009 - no.278

Par voline - Publié dans : Débats
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 12:56

À peine nommé ministredes Affaires étrangères, Avigdor Lieberman a rejeté le processus de paix d'Annapolis soutenupar Barack Obama. Crédits photo : AP

Dès le jour de son investiture dans le cabinet de Benyamin Nétanyahou, son discours n'a pas détonné avec les slogans qui ont servi son ascension politique.

Lieberman n'a pas changé. Devenu ministre des Affaires étrangères, le tribun populiste d'origine moldave, célèbre pour ses déclarations à l'emporte-pièce et ses sorties incendiaires contre les Arabes israéliens, ne s'est pas converti au langage diplomatique malgré ses nouvelles fonctions.

Défiant le puissant allié américain, il a rejeté le processus d'Annapolis, ultime tentative de l'Administration Bush pour relancer fin 2007 un processus de paix moribond, auquel Nétanyahou s'était pourtant dit lié, tout comme Obama. Excluant toute rétrocession du Golan, il a aussi claqué la porte au nez des Syriens, ne proposant que la paix en échange de la paix.

Seule concession à sa nouvelle position de chef de la diplomatie, Lieberman a adouci son ton à l'égard de l'Égypte, en lui reconnaissant un statut d'«élément stabilisateur dans la région» et de «partenaire important». Mais les Égyptiens gardent en travers de la gorge ses précédentes déclarations, notamment quand il envoyait «au diable» le président Moubarak peu pressé de se rendre en visite officielle en Israël. Le Caire a déjà fait savoir que ses contacts avec les Israéliens se feraient par l'intermédiaire du ministre de la Défense, Ehoud Barak.

 

Entendu par la police

 

Au cours de ses premiers jours au gouvernement, Avigdor Lieberman a aussi passé plusieurs heures d'auditions avec la police. Le bureau de répression des fraudes le soupçonne de corruption, de blanchiment d'argent et d'abus de confiance. Il est accusé, entre autres, d'avoir fait transiter d'importants versements d'argent en provenance de l'étranger par des sociétés fictives et différents comptes bancaires.

Ce personnage embarrassant apparaît comme un curieux chef de la diplomatie, fonction traditionnellement chargée de défendre les positions de l'État à l'étranger plutôt que de se livrer à de la surenchère. Pourtant les positions d'Avigdor Lieberman sont plus ou moins partagées par une large partie de l'opinion israélienne, si ce n'est la majorité.

La popularité des négociations avec les Palestiniens ne s'est jamais vraiment remise en Israël de l'échec des accords d'Oslo. Le retour à la «feuille de route », document a minima signé en 2003 qui prévoit des avancées pas à pas et réciproques, visant à créer petit à petit les conditions d'existence d'un État palestinien, apparaît aujourd'hui à beaucoup d'Israéliens comme plus réaliste que des plans plus ambitieux, s'engageant sans trop de préalables à la création rapide d'un État.

Les négociations avec la Syrie n'ont jamais soulevé beaucoup d'enthousiasme, même dans les rangs de la gauche israélienne, tant cet État n'apparaît plus depuis bien longtemps comme une menace sérieuse pour Israël, ni comme un partenaire fiable.

La paix avec l'Égypte, dont le trentième anniversaire n'a pas donné lieu à de grandes célébrations dans les deux pays, n'intéresse guère que les diplomates.

En voulant «préparer la guerre pour avoir la paix», en refusant de croire que des concessions unilatérales peuvent amener la sécurité pour l'État d'Israël, Lieberman apparaît en fin de compte comme le représentant de la majorité des électeurs qui ont voté pour Nétanyahou et les partis d'extrême droite, aujourd'hui majoritaires à la Knesset. Mais il n'est pas certain que le déclarer publiquement aide beaucoup le nouveau gouvernement dans ses relations avec l'étranger et, en premier lieu, avec ses alliés.
http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/04/01003-20090404ARTFIG00225-lieberman-ne-connait-pas-le-langage-diplomatique-.php

Par voline - Publié dans : Fondements
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 19:20

La lecture de la fête de Pourim que je vous offre n´est pas une lecture politique où il convient de repérer cette  volonté toujours réaffirmée de détruire le peuple juif, de pointer la haine partagée par tous les Hamann de la terre dont le dernier en date n´est autre que le Président de l´Iran, pourtant reçu avec grand honneur par l´O.N.U.

Non, ce n´est pas ce spectacle guère surprenant que je souhaite pointer ; Ce n´est pas cette mascarade carnavalesque que je souhaite lire à la lueur de l´enseignement de Pourim.

Il est clair pour tout un chacun que Pourim est une fête qui appelle chacun au devoir de résistance à tous les totalitarismes quels que soient leurs déguisements politiques, religieux ou autres, quels que soient les artifices mensongers d´un langage à double face, auquel Israël lui-même parfois se laisse aussi prendre.

Ce n´est pas davantage à une lecture psychologique des différentes forces qui traversent les personnages de cette histoire, à laquelle je souhaite vous convier, le Bien avec Esther et Mardochée, le Mal avec Hamann et la Neutralité du roi de Perse, Assuérus.

Ces 3 forces sont à l´œuvre devant nos yeux avec la diabolisation d´Israël, présenté comme le cancer du monde par ceux là-mêmes qui incarnent le Mal absolu et qui en grands manipulateurs jouent avec les sentiments si vertueux du monde "libre".

Non, ce que je souhaite avec Adin Steinsaltz et Josy Eisenberg, c´est vous offrir une lecture cosmique et métaphysique des événements de l´histoire et des personnages qui semblent l´écrire.

Le propos ne s´attachera pas aux seules valeurs morales, mais plus profondément aux valeurs transcendantes qui traversent chacun de nous.

Qui sont donc ces personnages qui posent, aujourd´hui comme hier, les enjeux de l´identité juive dans un monde hostile ?

Hamann et Mardochée symbolisent deux entités radicalement opposées, que sont le Mal et le Bien.

Hamann représente le Mal qui étend son empire sans limites: le totalitarisme ; Il comprend parfaitement que celui qui lui résiste en s´affirmant comme un être de liberté, sape les bases de son pouvoir politique.

Mardochée, incarnation et archétype du Juif de l´exil, refuse de "plier le genou" devant le favori du roi, parce que le prix à payer serait la renonciation à son être profond.

La question est posée "Comment rester soi-même et ne pas accepter de se soumettre à une volonté extérieure qui prétend nous changer ?"

Mardochée n'a pas le choix parce que le Bien ne peut être qu´absolu et qu´en revanche, s´incliner devant le Mal serait composer avec lui.

Assuérus représente le pouvoir amorphe, "la Neutralité" disposée à  entériner n´importe quelle solution. Il peut aussi symboliser Dieu lui-même qui laisse aux hommes leur libre-arbitre.

Esther est une femme qui incarne le peuple juif, que les mystiques appelleront plus tard "la communauté d´Israël" soit l´ensemble des âmes juives qui constituent l´épouse de la Divinité.

Une femme juive, parce qu´entre autres, la femme est le pilier du foyer, qui veille sur la maison, sur le Temple ou le Monde, et "veiller", cela signifie agir sur la "neutralité" et faire pencher la balance vers le Bien.

Comme la tentation de la neutralité est forte ! Qu´il serait doux d´oublier qui on est et se fondre dans un anonymat protecteur de toutes haines viscérales et effrayantes.

Comme la tentation est forte de renoncer au combat et de vivre une vie toute simple faite des plaisirs de tout un chacun !

Esther a connu cette faiblesse, celle de la neutralité et de la passivité.

En quelque sorte, à la question posée par Dieu à Adam - "Où es-tu ?" -, elle aussi, est tentée par le désir de se cacher pour ne pas endosser la responsabilité qui consiste à s´affirmer comme un être de conscience.

Mais y a-t-il un seul lieu au monde où nous pouvons nous cacher de nous-mêmes ? Et Mardochée de lui dire qu´elle s´illusionne sur sa sécurité si elle croit échapper à la mort en cachant ses origines, juste parce qu´elle est arrivée dans les sphères du pouvoir.

Combien parmi notre peuple sont aussi tentés par une vie de normalité qui étouffe en eux l´étincelle juive ?

Plus fort que la volonté de la reine Esther, Mardochée lui dit : "Qui sait si ce n´est pas pour sauver ton peuple que tu es arrivée si près du roi !"

Mais alors, Israël ne sera-t-il jamais un peuple comme un autre ? Et Israël, comme Etat, doit-il normaliser son destin ? Qu'est-ce à dire ?

Selon la Tradition juive, chaque peuple de toutes les nations est traversé par une couleur qui lui est propre, et la fin des temps verra l´ensemble des nations affirmer avec Israël l´Unicité de Dieu.

La particularité juive à laquelle Israël ne peut échapper, c´est porter témoignage de cette transcendance divine, que le miracle d´un Israël qui a traversé les tempêtes de l´histoire, vient étayer.

Répondre qu´il faut prendre des risques pour assumer sa différence n´est pas une réponse simple, ni pour les hommes ni pour l´Etat d´Israël.

Reconnaître une spécificité juive et accepter la mission particulière qui nous est dévolue, tout en réaffirmant avec force que l´Amour et la Fraternité sont des valeurs universelles qui nous attachent à tous les peuples, n´est pas facile à vivre pour certains d´entre nous, ni à entendre pour d´autres peuples, ravis de trouver là l´argument antisémite d´une "élection" qui, selon eux, consiste en une supériorité raciale au-dessus des autres peuples.

Non, cette spécificité n´a jamais été une supériorité, mais une responsabilité de rester nous-mêmes, quoi qu´il nous en coûte.

Esther qui hésite et se cache n´est-elle pas la figure du peuple juif en exil ?

Esther qui assume les risques, n'est-ce pas Israël qui peut décider de son destin ?

Curieux, parce que, dans le Temple, pour lire l´histoire d´Esther, l´Officiant commence par dérouler sur l´estrade tout le parchemin où se "dévoile" la trame de l´histoire et la victoire du Bien sur le Mal.

Ce rite particulier n´est pas anodin, car le verbe "dérouler" en hébreu est proche du verbe "dévoiler" et le déroulement de l´histoire est en fait, un dévoilement du Nom qui cache sa face pour que nous nous mettions en marche vers Lui.

Se pencher sur les mots et les noms en hébreu est un peu comme éclairer nos pas sur un chemin difficile, mais c´est un chemin de sagesse et il est le mien.

Esther s´appelait Hadassah et c´est en arrivant au palais qu´elle a changé de nom… comme on change d´identité.

Elle est devenue Esther, qui signifie "Etoile", en persan (Asteros en grec), ce qui correspond aussi à Stella.

Or Esther, en hébreu, veut dire "Caché". Le livre d´Esther qui relate l´exil est celui de l´occultation du Nom de Dieu qui n´apparaît pas une seule fois dans le texte, mais il n´est pas le livre de Son absence au seul fait que Son intervention ne s´habille pas dans des miracles visibles au-dessus des lois de la nature.

Dans l´exil, la présence divine est moins évidente à percevoir, mais elle est là, dans les signes de la vie, et aussi dans les détails de cette histoire qui nous promet la victoire des forces du Bien sur les forces du Mal.

Lorsque Moise dit "Je cacherais ma face" (haster hastir), il écrit l´histoire de l´exil de tous les temps et il écrit le nom d´Esther. Il écrit aussi que, si Dieu cache sa face et occulte Son nom, la fin des temps sera à l´image du déroulement du parchemin, où l´histoire qui se dévoile est la manifestation visible de Dieu.

Un temps où le nom Esther, qui a une assonance avec la racine grecque dont dérive le mot Mystère, sera, au contraire, celui d´une pleine conscience de Sa présence ; un temps où les masques tomberont, où la joie remplacera les larmes, et où la vraie vie, qui est partage et amour, remplacera la mort, la solitude et la haine.

Comme pour appeler de toutes nos forces ce temps à venir, nous fêtons Pourim dans la joie et le partage, notamment des cadeaux que chaque foyer juif offre autour de lui ; nous nous déguisons et nous rions, certains que le Nom de Dieu se révélera dans toute sa splendeur, pour le bonheur de toute l´humanité.  


© Rachel Franco

Je n´aurais pu écrire ce texte sans l´aide du livre, Le chandelier d´or, de Josy Eisenberg et Adin Steinsaltz, dont j´ai repris très largement les réflexions et auquel j´ai apporté un regard personnel, préoccupé par une haine antisémite galopante.

 

Par voline
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 08:11

…”Je crois au réveil (quelque peu tardif…) du peuple juif en Israël. S’il avait entendu la sonnerie plus tôt, il n’y aurait peut-être pas eu de shoah. Mon grand-père (dont je porte le nom) aurait eu le temps de danser une dernière valse avec ma grand-mère sur les rives du fleuve Hayarkon…Je suis sioniste.

L’hébreu est ma langue naturelle, celle dans laquelle je prie D., celle aussi dans laquelle j’insulte ce chauffard imprudent au feu rouge. Le légumier, ou encore l’automobiliste cherchant son chemin m’interpellent “mon frère…”. C’est vrai, je suis leur frère. La Bible, ce n’est pas seulement mon histoire, c’est aussi ma géographie: Le roi Saul a cherché les ânesses de son père sur la départementale 443. Jonas, le prophète, a pris la fuite par le port de Jaffa a quelque pas du restaurant de Margareth Tayar. C’est sur l’une des terrasses de Jerusalem (qui appartient à un oligarque russe) que le roi David espionnait Bat Sheva. Je suis sioniste.

La première fois que j’ai vu mon fils en uniforme de Tsahal, j’ai explosé en sanglots. Depuis au moins 20 ans, je ne rate plus les célébrations de l’Indépendance. Et si mon plasma est coréen, il a appris à vibrer pour la « nivheret » (la sélection israélienne de football). Je suis sioniste.

Je crois en nos droits sur cette terre. Ces gens pourchassés, opprimés ont le droit a leur nation, avec un F16 en prime. Je condamne avec fermeté l’antisémitisme de Londres à Bombay. Et pourtant, mes frères juifs, vivant en Diaspora, n’ont pas compris une chose élémentaire sur ce monde, Israel ne s’est pas construite dans le but de faire disparaitre l’antisémitisme, mais pour ne plus avoir à rendre compte à quiconque. Je suis sioniste.

En 1982, on m’a tire dessus au Liban. Une roquette m’a rate de quelques mètres à Kyriat Shmone. Des Scuds sont tombés à coté de chez moi pendant la guerre du Golfe. J’étais à Sderot lorsque la sirène “Tseva Adom” a retenti. Des terroristes kamikazes ont explosés non loin de la maison de mes parents. Mes enfants ont connus l’abri avant meme qu’ils ne puissent prononcer leur nom, blottis dans les bras de leur grand-mère venue de Pologne pour échapper à la mort. Et malgré tout, j’éprouve un profond sentiment de chance de vivre ici, je ne me sens vraiment bien dans aucun autre endroit. Je suis sioniste.

Je crois au principe que tout citoyen vivant en Israël doit servir son pays, payer ses impôts, voter et connaitre au moins une chanson de Shalom Hanor…

Je pense que l’Etat d’Israel n’est pas seulement un pays mais une idée, un concept. J’ai foi en trois nouveaux commandements gravés sur le mur du musée du mémorial de l’Holocauste à Washington: « …tu ne pacteras pas avec le mal, tu ne te défileras pas, tu ne te porteras plus en victime…”. Je suis sioniste.

J’ai contemplé la chapelle Sixtine au Vatican, j’ai même acheté des souvenirs devant Notre-Dame à Paris. J’ai contemplé en extase Bouddha au palais du roi à Bangkok. Mais Tel Aviv reste la ville la plus amusante, la Mer Rouge plus bleue, les tunnels derrière le Kotel plus émouvants. C’est vrai, je ne suis pas objectif. Mais je ne suis pas non plus objectif vis-à-vis de ma femme et mes enfants. Je suis sioniste.

Je suis un homme moderne qui vit pleinement son passé. Je fais partie d’un peuple qui compte: Moise, Jésus, Maimonide, Freud, Marx, Einstein, Woody Allen, Bobby Fisher, Bob Dylan, Franz Kafka, Herzl et Ben Gurion. Je fais partie d’une toute petite minorité oppressée depuis la nuit des temps et qui a pourtant influencé l’humanité plus que n’importe quel autre peuple au monde. Pendant que les autres ont investis toute leur énergie dans le feu et le sang, nous avons eu l’intelligence d’investir dans l’intelligence. Je suis sioniste.

Je regarde autour de moi et je suis fier. Je vis mieux qu’1 milliard d’indous, 1.3 milliard de chinois, que toute l’Afrique réunie, 250 millions d’indonésiens, que les thaïlandais, les philippins, les russes, que les ukrainiens, et que tout le monde musulman (sauf peut-être le Sultan de Brunei). Je vis dans un pays ou les frontières sont quasiment fermées, sans aucune ressource énergétique. Et pourtant, les feux aux intersections fonctionnent sans arrêt, les ordinateurs sont connectés à Internet à haut débit, et si je t’oublie, O Jérusalem, que ma main droite se dessèche… Je suis sioniste.

Le sionisme m’est naturel comme il m’est naturel d’être fils, papa ou mari. Certains se disent représentants du vrai sionisme, ils me font bien rire. Le sionisme ne se mesure pas à la taille de ta kippa, du quartier dans lequel tu vis ou encore pour quel parti tu votes. Mon sionisme, il est né bien avant moi, quelque part au cœur des rues enneigées de Budapest. Il a pris racine la ou mon père était occupé à comprendre pourquoi le monde lui en voulait tellement. Je suis sioniste.

Je compatis a la mort de chaque victime innocente car moi aussi je fus jadis une victime innocente. Je n’ai aucune envie ou volonté d’adopter les principes moraux de mes ennemis. Je ne veux pas leur ressembler. Je ne pointe jamais mon glaive, je le tiens tout simplement près de moi au cas où…. Je suis sioniste.

Je ne porte pas simplement l’héritage de mes pères, je suis responsable du devenir de mes enfants. Nos pères ont créés ce pays dans des circonstances quasi impossibles pourtant ils ne se sont pas contentés de survivre. Ils ont fondés un pays basé sur des valeurs humaines et morales. Ils étaient prêts à mourir pour elles. Moi, je m’efforce de vivre pour celles-ci.”
Yair Lapid

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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 19:53
En minimisant la montée, en Belgique, de l’islamisme et de l’antisémitisme, une certaine gauche prépare sa défaite. Morale et électorale.

J’ai toujours défendu la cause palestinienne. Mais sans œillères. Ce n’est, hélas, pas le cas d’une partie de la gauche, spécialiste de l’indignation sélective. Cette gauche-là a fermé les yeux, les 31 décembre et 11 janvier derniers, sur les nombreux dérapages islamistes et antisémites qui se sont produits lors des manifestations de soutien à la Palestine. L’horreur des actions de destruction massive menées par l’armée israélienne à Gaza - que j’ai dénoncé - ne justifie pas les silences de certains progressistes.

La plupart des progressistes n’ont rien dit lorsque, le 31 décembre, la déléguée de la Palestine à Bruxelles, Leïla Shahid, a été chahutée par des musulmans réactionnaires, la traitant d’"occidentalisée". Ils n’ont rien dit lorsque, le 11 janvier, des groupes bien encadrés ont donné au grand défilé pro-palestinien, une tonalité trop souvent pro-Hamas et intégriste. Ils n’ont rien dit face aux dizaines de pancartes nazifiant l’étoile de David. Ils n’ont rien dit, pendant des années, lorsque les roquettes du Hamas s’abattaient sur Israël. Ils n’ont rien dit quand l’Iran des "fous de Dieu" instrumentalisait la juste cause palestinienne. Ils n’ont rien dit quand le Hamas, soucieux de créer un vrai Etat islamiste, reléguait dans l’ombre les femmes de Gaza. Ils n’ont rien dit lorsque le Hamas assassinait les opposants palestiniens à sa ligne islamiste. Ils n’ont rien dit lorsque Dieudonné, l’ami de Jean-Marie Le Pen, proférait des injures antisémites contre l’animateur-humoriste, Arthur. Ils ne disent toujours rien quand, aujourd’hui, les spectacles de ce même Arthur sont perturbés par des manifestants anti-israéliens. Ils n’ont pas davantage protesté lorsque, il y a deux semaines, la direction de La Cambre et du Centre international pour la ville, l’architecture et le paysage (CIVA), ont déprogrammé, moins d’un mois avant son inauguration, l’exposition "La Ville blanche, le mouvement moderne à Tel-Aviv". Une véritable censure, apparemment "justifiée" par le soutien à cet exposition, de l’Ambassade d’Israël. La gauche s’est tue dans toutes les langues. La censure à La Cambre ? Un "incident mineur", une "péripétie", a écrit sur son blog l’intellectuel "rouge-vert", Henri Goldman.

Pourquoi ce comportement étonnant d’une partie de la gauche ? Les motivations sont diverses. Il y a, d’une part, l’aveuglement de ceux qui idéalisent tous les combattants palestiniens - y compris ceux du Hamas - face aux "bouchers" israéliens. Il y a, d’autre part, le clientélisme de ceux qui ne sont pas vraiment dupes mais, à l’approche des élections, souhaitent capter le vote de la population d’origine arabo-musulmane. Pour cela, tous les moyens sont bons. A commencer par l’indignation sélective, érigée au rang de sport national par certains leaders de gauche. Ceux-ci n’hésitent pas à diaboliser ceux qui ne marchent pas en rangs serrés derrière eux dans les manifestations. Et tant pis si, au sein de celles-ci, s’agitent un peu trop de drapeaux du Hamas.

La gauche qui renonce à ses valeurs se prépare à une dure défaite, morale et électorale. Cette gauche se couche devant une réalité qui la gêne et qu’elle fait semblant de ne pas voir : la montée, en Belgique, de l’islamisme et de l’antisémitisme. Le simple fait d’écrire cette phrase suffit à être traité d’"islamophobe" par certains intellectuels de gauche. Il est plus que temps de se ressaisir. Il n’est évidemment pas incompatible d’être à la fois pro-palestinien - c’est mon cas - et de s’inquiéter du discours dangereux de certains défenseurs de la cause palestinienne.

Refuser de banaliser le Hamas - une sorte de Vlaams Belang palestinien - devrait être la règle commune à tous les démocrates. Trop d’intellectuels de gauche se contentent de condamner hâtivement le Hamas au détour d’une phrase, puis passent à ce qui constitue leur fond de commerce : la dénonciation unilatérale des crimes de guerre de l’Etat d’Israël. Moralement, cet unilatéralisme n’est pas acceptable. Dénoncer la montée des comportements d’extrême droite en Israël n’implique évidemment pas de minimiser, voire de nier, la montée de ces mêmes comportements d’extrême droite chez certains (pro) palestiniens. Electoralement, la complaisance d’une partie de la gauche par rapport au prosélytisme de certains musulmans anti-progressistes - sous prétexte qu’ils sont pro-palestiniens - pourrait s’avérer contre productive. C’est peu dire, en effet que la base historique de la gauche est désorientée par l’attitude de ses dirigeants qui s’interdisent toute critique du cléricalisme musulman réactionnaire. Faut-il que la gauche soit en plein désarroi idéologique, pour en arriver à un tel contresens : ménager, par clientélisme, des ennemis de la démocratie, voire estimer qu’ils sont, après tout, présentables, puisqu’ils détestent l’ennemi commun, l’Etat d’Israël !

Faible dans sa réplique économique face à la crise du libéralisme, la gauche peine également à débattre sereinement d’autres questions : le soutien à la Palestine justifie-t-il de ménager le Hamas ? Quelle attitude adopter face au cléricalisme musulman ? Son prosélytisme met-il en danger les valeurs de la gauche et de tous les démorates ? Sur ces sujets, la gauche bien-pensante impose son politiquement correct. Ceux qui n’adhèrent pas à la "ligne" sont priés de se taire, sous peine de diabolisation. Il est urgent de soulever cette chape de plomb.

Claude DEMELENNE  © La Libre Belgique  Contact : lalibre@saipm.com

Par voline
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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 22:23
"La relation de S. Weil au judaïsme est conflictuelle ; elle ne se reconnaît pas dans cette tradition qui n'a pas de sens personnel pour elle, dans une identité qu'on lui impose de l'extérieur. Elle réagit brutalement aux textes de la Bible juive qui mettent en scène un Dieu de colère se prêtant aux actions guerrières." [*].

[*] « Simone Weil et l'expérience mystique », par Joël Janiaud. On trouvera, sur le site de l’Université du Québec, un dossier consacré aux œuvres de Simone Weil, avec des liens précieux à des articles et même à des téléchargements de certaines de ses œuvres.
« Le totalitarisme est un ersatz du christianisme. La chrétienté est devenue totalitaire, conquérante, exterminatrice, parce qu’elle n’a pas développé la notion de l’absence et de la non-action de Dieu ici-bas. Elle s’est attachée à Jéhovah autant qu’au Christ, elle a conçu la Providence à la manière de l’Ancien Testament. Israël seul pouvait résister à Rome, parce qu’il lui ressemblait, et ainsi le christianisme naissant portait la souillure romaine avant même d’être la religion officielle de l’Empire. Le mal fait par Rome n’a jamais été vraiment réparé.

(Simone Weil, 1956, t. 3, p. 141).

Il n’est pas étonnant qu’un peuple d’esclaves fugitifs, ou plutôt de fils de fugitifs, emmenés prendre, par des massacres, une terre, paradisiaque par la douceur et la richesse, aménagée par des civilisations au labeur desquelles ils n’ont eu aucune part et qu’ils détruisent - un tel peuple ne pouvait pas donner grand-chose de bon. Ce n’était pas le moyen d’établir le bien sur ce fragment de terre. Parler de « Dieu éducateur » au sujet de ce peuple est une atroce plaisanterie.

(Idem, pp. 239-240)

Les Juifs, cette poignée de déracinés, a causé le déracinement de tout le globe terrestre. Leur part dans le christianisme a fait de la chrétienté une chose déracinée par rapport à son propre passé. La tentative de ré-enracinement de la Renaissance a échoué, parce qu’elle était d’orientation anti-chrétienne. La tendance des "Lumières", XVIIIe siècle, I789, laïcité, etc., a accru encore infiniment le déracinement par le mensonge du progrès. Et l’Europe déracinée a déraciné le reste du monde par la conquête coloniale. Le capitalisme, le totalitarisme font partie de cette progression dans le déracinement ; les antisémites, naturellement, propagent l’influence juive. Les Juifs sont le poison du déracinement. Mais avant qu’ils ne déracinent par le poison, l’Assyrie en Orient, Rome dans l’Occident avaient déraciné par le glaive. »

(Ibidem, pp. 246-247).

Eléments biographiques

Texte repris de Twikeo – Questions réponses.

Voir aussi l’article détaillé et bien documenté que lui consacre Wikipedia.

 

Simone Weil est née en 1909 dans une famille d'origine juive. Élève d’Alain (Émile Chartier), elle entre à l’École normale supérieure, passe l’agrégation de philosophie en 1931 et commence une carrière d’enseignante dans divers lycées.

Elle passe quelques semaines en Allemagne au tout début des années 1930 ; à son retour, avec beaucoup de lucidité, elle exprime dans plusieurs articles ce qui risquait d'y arriver. Abandonnant provisoirement sa carrière d'enseignante, en 1934 et 1935, elle est ouvrière chez Renault et en 1941 ouvrière agricole afin de pouvoir « parler de la cause ouvrière en connaissance de cause ».

Sa mauvaise santé l'empêche de poursuivre le travail en usine. Elle recommence à enseigner, et donne une grande partie de ses revenus à des personnes dans le besoin. Solidaire des syndicats ouvriers, elle se joint en 1935 au mouvement de grève générale contre le chômage et les baisses de salaire. En 1937, elle collabore aux Nouveaux cahiers, revue économique et politique défendant une collaboration économique franco-allemande.

D'abord pacifiste radicale, puis syndicaliste révolutionnaire, elle plaide finalement pour un « réformisme révolutionnaire » : les faibles sont trop opprimés pour avoir même la volonté de se révolter, et pourtant il faut que ce soit eux-mêmes qui prennent en main leur révolution. Il faut donc d'abord créer des conditions moins oppressives par des avancées réformistes, pour ensuite permettre une révolution responsable, moins précipitée et moins violente.

Syndicaliste de l’enseignement, elle est favorable à l’unification syndicale et écrit dans la revue L’École émancipée. Communiste anti-stalinienne, elle participe, à partir de 1932, au Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine, qu’elle a connu par l’intermédiaire de Nicolas Lazarévitch. Elle travaille quelques mois en usine pour étudier, dans sa chair, la condition ouvrière, et s’implique dans la grève générale de 1936. Elle milite avec passion pour un pacifisme intransigeant, mais s’engage dans la Colonne Durruti, lors de la guerre civile espagnole, pour combattre le coup d'État de Franco. Bien que républicaine, elle s'interpose alors pour éviter qu'un prêtre franquiste soit injustement fusillé.

Gravement brûlée après s'être renversé de l'huile bouillante sur le pied, elle doit repartir assez rapidement pour la France, sans avoir tiré un coup de feu.

Juive, lucide sur ce qui se passe en Europe, elle est sans illusion sur ce qui la menace, elle et sa famille, dès le début de la guerre.

Quand en 1940 elle est obligée de fuir Paris et de se réfugier à Marseille, elle écrit sans discontinuer pour exposer dans des pages brûlantes une philosophie qui se veut projet de réconciliation (douloureuse) entre modernité et tradition chrétienne, souvent lue à travers le prisme de l’humanisme grec qu’elle garde pour boussole. En 1942, elle emmène ses parents en sécurité aux États-Unis, mais, refusant un statut qu’elle ressent comme trop confortable en ces temps de tempêtes, elle se rend en Grande-Bretagne, plus près du théâtre des opérations, et travaille comme rédactrice dans les services de la France libre. Son intransigeance dérange. Elle démissionne de l'organisation du général de Gaulle en juillet 1943.

Cette période terminale de sa courte vie est celle où elle rencontre le Christ, où, comme elle le dit elle-même, le Christ s’empare d’elle. Mais sa foi n'acceptera pas les aspects institutionnels de l'Église. Elle se tiendra sur le seuil de l'Eglise jusqu'au jour de sa mort où elle est baptisée en état d'inconscience.

Chrétienne, posant des questions embarrassantes aux chrétiens, elle sera, après sa mort, réfutée par des historiens de l'Église, qui lui reprocheront de ne pas avoir bien compris l'histoire de l'Église.

Cette dimension du refus de la force, qu'elle assimile à la violence, est une constante de la pensée de Simone Weil. Bien qu'elle eût d'abord une perception mitigée de la non-violence de Gandhi, qu'elle jugea plus réformiste que révolutionnaire, elle rencontrera notamment plusieurs fois Lanza del Vasto, à la fin de sa vie.

Soucieuse de partager les conditions de vie de la France occupée, malgré sa santé de plus en plus défaillante, elle est déçue par le refus de l'entourage de De Gaulle (Schuman, Cavallès, André Philip), de la laisser rejoindre les réseaux de résistance. En effet, elle aurait probablement été rapidement capturée par la police allemande, identifiée comme juive, et donc probablement déportée. À la suite de ce refus, elle considère que sa vie est vide de sens et se sous-alimente volontairement, ce qui aggrave encore son état de santé.

Atteinte de tuberculose, elle meurt d'un arrêt cardiaque au sanatorium d'Ashford, en 1943, à l'âge de 34 ans.

Ses ouvrages les plus importants ont tous paru après sa mort.

 

© Twikeo

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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 17:45

Depuis l'entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d'origine arabo-musulmane s'en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l'agression ou l'injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.

La mort de centaines de femmes et d'enfants palestiniens est un désastre humain qui doit susciter en tout homme l'horreur et la compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d'aller casser la figure à un juif de France qui n'y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c'est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.

Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l'opération israélienne ?

Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n'ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ? Veulent-ils qu'Israël reçoive éternellement ses missiles sans réagir ? Savent-ils que l'intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d'une opération militaire est d'une extrême difficulté ?

Réagissent-ils en tant qu'Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la justice universelle ? En tant qu'êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu'elles sont le fait des milices d'un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?

PROPAGANDE PARANOÏAQUE

S'ils réagissent en tant qu'Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d'Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l'un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c'est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?

Savent-ils qu'Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d'Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n'hésite pas à faire usage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n'est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?

Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s'en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs "frères" comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l'ambiance dans la République !

Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s'explique tout de même pas parce que les massacreurs n'étaient pas des juifs, n'est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d'Israël pratiquent librement leur culte ? Que l'université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L'exigence de justice est-elle à sens unique ?

On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu'à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c'est le juif.

Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d'un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d'islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ?

 

Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l'université de Grenoble-III

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Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /Jan /2009 17:01

Cela se passe en France: des foules qui défilent en keffiehs, criant leur haine d'Israël en brandissant les drapeaux de la Palestine, du Hamas, du Hezbollah et des riantes démocraties du Maghreb. On y entend, comme samedi à Paris, boulevard du Temple : "Nous sommes le peuple de France et de Paris, peuple de la résistance, nous sommes tous des Palestiniens ! " et aussi : " Allaho akbar ! ". On y voit le PC, la CGT, et toute l'extrême gauche, venus participer à la criminalisation de l'État hébreu. L'antisémitisme suinte.

 Prenant prétexte de la guerre menée par Tsahal contre le Hamas, qui règne sans partage sur Gaza et récuse toute souveraineté juive alentour, le front islamo-gauchiste pousse à l'exécration d'Israël. Mais ces "humanistes" ne disent rien du génocide du Darfour (300 000 morts) perpétré par les djihadistes soudanais, ni du terrorisme d'al-Qaida qui tue aussi des musulmans. Derrière leur émotion surjouée, une même détestation du monde libre unit ces soutiens aux autocraties islamistes et leurs "idiots utiles".

Le peuple palestinien peut désespérer de ces défenseurs: ceux-là veulent perpétrer son martyre, magnifié par le combat contre les Juifs que légitime une lecture littérale du Coran. L'enfant tué est exhibé devant les caméras. Les images passent en boucle sur al-Jezira. Dans le défilé parisien, des poupées de chiffon étaient brandies tandis que des femmes étaient invitées à mimer les victimes, place de la Nation. La mise en scène est la spécialité des tyrans de Gaza, qui utilisent les civils comme boucliers humains.

Capituler devant les images insoutenables est ce qui est espéré de l'Occident, bouleversé d'entendre qu'Israël tue des femmes et des enfants. Mais pourquoi les morts en uniforme des militants du Hamas ne sont-ils jamais montrés? Lors de l'assaut contre le camp de Jenine, en 2002, les médias avaient dénoncé le massacre de 500 civils, avant que le bilan ne soit largement revu à la baisse. Aujourd'hui, le chiffre de 1 000 morts, dont 300 enfants, est martelé. Des scènes atroces sont exposées. Beaux cadeaux pour une idéologie mortifère.
La sale guerre est insupportable. Mais elle n'est pas seulement celle de l'État hébreu contre un voisin fanatique qui a juré sa disparition de la carte. Les mobilisations que le conflit suscite rappellent l'autre enjeu : la survie d'une démocratie qui veut préserver son histoire, sa culture, son mode de vie. Ceux qui défilent en criant :  "À bas Israël !" n'admettent pas sa résistance. Ils voudraient aussi une France couchée. Leur laisser ce plaisir?


Construire un État
L'extrême gauche pacifiste montre son imposture, en se joignant à ceux qui dénoncent un "génocide" et jubilent en brûlant des étoiles de David au milieu d'insultes antijuives. Le FN, qui compare Gaza à un "camp de concentration" (comme l'a fait aussi, hélas, un prélat du Vatican, Mgr Renato Martino) ne se différencie plus de ces moralistes qui s'indignaient hier de ses dérapages. Les roucoulements entre Dieudonné et Jean-Marie Le Pen illustrent cette autre alliance des extrêmes contre les "sionistes". "Je suis traité dans mon pays en Palestinien", se plaint même le négationniste Robert Faurisson. L'autre jour, il s'est fait applaudir, en présence du comique et de son nouvel ami, par ceux qui sont prêts à contester la réalité des attentats du 11 Septembre.

Qu'attend le PS pour se désolidariser clairement de cette gauche radicale qui a tombé le masque? Son rejet des démocraties occidentales est tel qu'elle défile sous les couleurs de dictatures arabes dans lesquelles elle ne pourrait s'exprimer. Le bourreau des Palestiniens de Gaza n'est pas Israël, comme le martèle une propagande qui trouve forcément des échos auprès de Français musulmans. C'est le Hamas exalté qui instrumentalise la population et la force à la misère. Visiblement, les Palestiniens de Cisjordanie se gardent de soutenir ce totalitarisme régressif et violent.

Pour autant, cette guerre, trop longue et trop injuste pour les civils, ne doit pas être le préambule à l'embrasement général que l'Iran pourrait attiser. Il revient à Israël de maîtriser le risque de voir le Hamas se renforcer dans sa défaite. Aussi l'État hébreu s'oblige-t-il à l'exemplarité pour l'avenir immédiat. La souffrance des Palestiniens rend plus urgente la création d'un État autour de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est : une issue que les islamistes ont jusqu'à présent toujours refusée. L'Europe est-elle prête à s'impliquer auprès d'eux ?


Affrontement des cultures ?
L'alliance islamo-gauchiste contre Israël et le sionisme joue avec le feu et fait ressurgir des souvenirs dramatiques. Ceux qui crient à l'islamophobie sont les mêmes qui lâchent la bonde à l'antisémitisme. Démonstration, ces jours-ci, avec la montée des actes contre des synagogues. La LCR d'Olivier Besancenot, présente dans les défilés, ferait mieux de regarder où elle met les pieds, avant d'accuser Brice Hortefeux d'avoir contribué, par sa politique de reconduite aux frontières, à "distiller le poison de la haine de l'étranger et du racisme parmi la population". On se demande aussi ce que vient faire la FSU, première fédération de l'enseignement, dans ces démonstrations communautaristes, heureusement boudées par les lycéens et les étudiants. La France saura-t-elle conjurer le possible affrontement des cultures?
http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2009/01/bloc-notes-le-vrai-bourreau-de.html

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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 18:56
Texte repris du site du Jerusalem Post en français.

Le ministre de la Défense Ehoud Barak décidera dans les jours à venir si les troupes doivent étendre ou non leur mission visant les infrastructures du Hamas. Depuis le début de la phase terrestre de l'opération, samedi, plusieurs unités d'infanterie ont pris position dans le nord de l'enclave palestinienne - Beit Lahiya, Beit Hanoun, Jabalya, Sajaiya et al-Atatra.

Quatre soldats ont été tués lundi soir, dans ce qui semble être une erreur de tir de l'armée israélienne. Trois soldats ont trouvé la mort lorsqu'un char a accidentellement ouvert le feu sur une maison de Sajaiya dans laquelle se dissimulaient des officiers et des soldats d'une unité Golani. Un autre char a tiré par erreur sur un immeuble d'al-Atatra, tuant un officier du 202e bataillon de l'unité des parachutistes.

Les victimes sont : le caporal Youssef Moadi, 19 ans, de Haïfa ; le major Dagan Wertman, 32 ans, de Maalé Mikhmash ; le sergent Nitai Stern, 21 ans, de Jérusalem ; et le capitaine Yonatan Netanel, 27 ans, de Kedoumim.

Mardi matin, le sergent Alexander Mashevizky, âgé de 21 ans, a trouvé la mort dans des échanges de tirs avec le Hamas au nord de Gaza-ville. Quatre autres soldats ont été légèrement blessés. Membre d'un corps d'ingénierie d'élite, Mashevizky menait son unité dans une mission de reconnaissance lorsqu'elle a été prise dans une embuscade par le mouvement terroriste.

Dans un discours suivant les événements de mardi, Barak a déclaré qu'Israël avait payé un prix douloureux pour une bataille inévitable. "Aucun Etat en quête de paix ne peut laisser une organisation terroriste empoisonner quotidiennement la vie de ses citoyens."

Un officier israélien a révélé, par ailleurs, que le Hamas avait intensifié ses attaques contre les troupes basées en périphérie des villages du nord de Gaza. Plus de 150 Palestiniens ont déjà été arrêtés dans le secteur. Un certain nombre de tentatives d'enlèvement de soldats israéliens ont été déjouées, par ailleurs, depuis le début de l'incursion terrestre.

Si l'armée israélienne choisit d'étendre son opération à l'enclave tout entière, il est possible que la défense fasse appel aux soldats de réserve qui s'entraînaient, jusqu'à présent, dans le sud du pays. "Le Hamas essaie de nous attirer dans les zones urbaines. Il veut éviter une bataille classique. La nuit dernière, un homme a tenté de s'introduire dans une de nos bases pour s'y faire sauter. Les soldats ont réagi très rapidement. Il y a aussi des tireurs d'élite qui nous visent et beaucoup de tirs au mortier", expliquait un responsable militaire.

Malgré l'escalade des affrontements, les pressions diplomatiques commencent à influencer la suite de l'opération, selon des sources militaires, et la défense prévoit éventuellement un retrait la semaine prochaine, si une solution viable est trouvée d'ici-là.

L'armée impose deux conditions à la conclusion d'un cessez-le-feu avec le Hamas : l'établissement d'un mécanisme de surveillance dans la bande de Gaza et le déploiement d'une force étrangère le long du côté égyptien du couloir de Philadelphie.

Au total, 58 Palestiniens ont été tués mardi, y compris 30 qui ont trouvé la mort après une frappe israélienne sur une école de Jabalya, depuis laquelle le Hamas tirait des obus de mortier. Depuis l'entrée de Tsahal dans le nord de la bande de Gaza, le Hamas éprouve plus de difficultés à tirer des roquettes longue portée sur les villes israéliennes d'Ashdod et Beersheva, selon des sources militaires.

Environ 40 roquettes se sont abattues sur le sol israélien mardi, sans faire de victimes. Six personnes étaient en état de choc.


Yaakov Lappin a contribué à la rédaction de cet article.

 

© Jerusalem Post

Par voline - Publié dans : Actualités
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Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /Jan /2009 17:38

 That is the question puisque le Hamas se réclame de la même doctrine ou quasiment : celle du peuple supérieur. Mais ceci fait sans doute partie des nouvelles censures dont parle le dernier numéro de Valeurs Actuelles puisque la spécificité non négociable, elle, de son combat est niée en ce sens qu'il est impossible au Hamas de négocier autre chose que des trêves provisoires puisque son but ne vient pas de lui mais de cette entité qu'il appelle "Allah" et qui demanderait la soumission de toute terre terrestre et céleste : le chant du muezzin ne permet-il pas la levée la montée et la descente du soleil ? Comment dans ces conditions négocier ? Avec qui ? Des "impies" qui ont falsifié la Parole (le Livre) comme le montre le Discernement (Koran) ? Impossible ! Sauf que ce discours, ou les statuts du Hamas, n'est pas évidemment répété à chaque fois que l'on montre un enfant mort à la caméra jouant plutôt sur la susceptibilité, faisant ainsi oublier, dans le même temps, que les soldats du Hamas vivent avec leur famille, se protègent avec, tandis que les centaines de roquettes tirées au hasard ne ciblent précisément aucun autre objectif militaire puisque chaque juif est une cible en tant que telle. Il arrivera bien un moment où elles se feront plus précises. Et donc plus létales.

 

Fallait-il donc que la riposte d'Israël soit moins "disproportionnée" et donc envoie également lui aussi, en proportion, autant de roquettes au hasard? Jusqu'où s'arrête la proportion ? Ceux qui clament que la solution ne peut pas être militaire oublient qu'elle a été militaire avec Hitler et avec le militarisme japonais, et qu'en réalité Israël s'est toujours retenu alors qu'en d'autres temps Gaza aurait été rasé depuis longtemps si cette enclave avait été à la frontière française, anglaise, disons en 1914 ou en 1939... Ne parlons pas de la Russie en...2008.

Et en quoi l'Alsace serait-elle partie intégrante de la France plus que de l'Allemagne ? Et la Savoie ? Et la Corse? Et l'Aquitaine? Et le pays Basque, et la Bourgogne ? Et la Flandre ? Et l'Écosse ? Et l'Irlande du Nord ? Au nom de quoi devrait reprocher Israël d'avoir accepté la partition de 1948 alors que la Déclaration Balfour prévoyait que la Jordanie appartiennent également au Foyer Juif ? Pourquoi les arabo-musulmans ont-ils refusé en 1948 une partition alors qu'Israël était bien plus petit, (avec le désert du Néguev) et n'avait pas tout Jérusalem, etc ? La critique ne peut pas venir que d'un seul côté, pourquoi les Juifs auraient tort à cent pour cent ? Pourquoi ? Et les 800 000 juifs expulsés d'Afrique du Nord et du Proche Orient après 1948 (alors qu'ils étaient là bien avant l'invasion arabo-musulmane du 7ème siècle) ne peuvent être oubliés alors que ce sont les dirigeants arabo-musulmans qui en 1948 ont demandé aux palestiniens de partir afin de ne pas se faire tuer lors des affrontements. Et les excès de ces derniers ne doivent pas être un prétexte pour oublier que les Juifs sont des êtres humains comme les autres et donc peuvent faire aussi des erreurs alors que les dits arabes ne feraient pas, bien sûr, ils n'ont aucun tort, évidemment, et ainsi l'on projette sur eux cette conception contestable qui présuppose que toute violence n'est qu'une conséquence subie et jamais une préméditation en vue d'assouvir une passion, non, la passion, la convoitise, la rouerie, le mensonge, sont occidentaux pas du tout humains, non, donc toute personne habitant au "Sud" en général et au " Proche Orient" en particulier (à l'exception d'Israël puisqu'il est peuplé d'occidentaux) sera considérée comme exempte de tels tourments, donc, à Gaza, la faute sera uniquement reportée sur Israël, eh oui ! CQFD ! même si Gaza longe la mer, a une frontière avec l'Egypte et pourrait en avoir une avec Israël s'il avait été décidé une réelle paix des braves, un réel choix de développement, or, au lieu de cela, le Hamas ne négocie pas, il exige qu'Israël disparaisse, il transforme ses gens en armes fatales, voilà la réalité, pure et dure, aussi dure que le bunker d'Hitler. Certes le Hamas n'est pas (encore)Hitler, non pas parce qu'il ne veut pas, mais parce qu'il ne le peut pas, même s'il se fait financer par l'Iran Khomeyniste qui, lui, n'a pas attendu la génuflexion de Dieudonné devant Faurisson pour le vouloir et même en avoir bientôt les moyens. Aussi il serait bon que les pleureuses gardent leurs larmes pour une cause plus sereine.


Par Lucien SA Oulahbib[1]



[1]Habilité à diriger des recherches en sciences politiques, attaché d’enseignement et de recherche à Lyon III, Lucien SA Oulahbib est aussi romancier et éditorialiste sur Internet. Dernier ouvrage paru : Nature et politique, éditions l'Harmattan, 2008.

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