Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 17:24
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On dit de notre diplomatie qu’elle est sans imagination, mesquine, peu généreuse et « à la remorque ». C’était compter sans notre ambassadeur à Alger Monsieur Xavier Driencourt qui a proposé, selon le magazine Le Point, au Président de la République, d’inviter l’armée algérienne à défiler sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2012 (cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie ).

Pour avoir une pareille idée, sans doute, le pauvre homme a-t-il dû craindre d’être frappé d'un coup d'éventail comme le consul de France, le 30 avril 1827, ou peut-être lui a-t-on promis son poids en pâtisserie orientale ?

Nous pourrions alors en retour comme le suggère fort justement Mme Taouès TITRAOUI, Membre du Haut Conseil des Rapatriés faire défiler l'armée française le 5 juillet 2010 à Alger pour marquer le 180e anniversaire de la libération de la "Barbarie" de l'occupation turque le 5 juillet 1830 ?

En effet, nul n’ignore que l'Algérie française est, comme l'Algérie algérienne, une création hexagonale, ce pays n'existant pas avant la présence française. C'était un "pays sans nom" comme l'a si bien écrit Marcel AMROUCHE "L'Algérie un pays sans nom?".

Quoique … Il convient de lire ce que nous enseignent les « historiens » algériens : http://www.algerian-history.info/algerian-history/index.html


« Après des combats acharnés et de lourdes pertes subies de part et d'autre, le gouvernement Algérien capitula le 5 Juillet 1830. Le chef de l'état algérien, le dey, et le maréchal de Bourmont, commandant en-chef de l'armée française, signèrent la convention d’Alger. L'article 5 de cet accord garantissait le libre exercice de la religion musulmane, la liberté de toutes les classes d’habitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce, leur industrie, et enfin le respect absolu des femmes algériennes. L’article 2 spécifiait que les coutumes algériennes seraient respectées, et interdisait en particulier aux soldats français d’entrer dans une mosquée Algérienne. »

Notons, tout d’abord, que les articles 2 et 5 marquèrent la volonté jamais démentie de refuser de traiter les indigènes d’Algérie comme furent traités les indiens d’Amérique, c’est-à-dire par le génocide.

Chacun ici se réjouit d’une telle décision, à caractère humaniste et juridique, conforme au génie propre de la France, héritière de 1789.

Mais rappelons cependant que le dey était le représentant direct de la milice turque de l’Empire Ottoman. Ankara devrait alors au plus vite réclamer le rattachement de leur belle province perdue. Et sans doute aucun, les algériens n’y verront aucune insulte de la part de leurs anciens maîtres musulmans. Car ces mêmes historiens replacent la lutte pour l’indépendance dans son vrai contexte : le combat Islam- Occident : « Le FLN diffuse en 1954 une émission radiophonique invitant les musulmans d'Algérie à s'associer dans une lutte nationale pour la restauration de l'État algérien, souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes de l'Islam : reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l'Algérie une terre française en déni de l'histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien. »

Notons aussi, pour l’Histoire, que les jeunes soldats français partirent en 1830 dans un combat contre les barbaresques pour que cessent la piraterie et le paiement injurieux du tribut. Le grand socialiste, Louis Blanc écrivit : « La délivrance de la Méditerranée était une nécessité glorieuse. En forçant la barbarie dans son dernier asile, la France se montrait fidèle une fois de plus à son rôle historique; elle abritait la civilisation ».

Bon, nous ne sommes pas naïfs, nous ne feindrons pas d’ignorer les enjeux économiques et financiers souterrains de l‘époque, mais aussi les moyens militaires disproportionnés employés contre une population civile entre 1954 et 1962. Si l’Algérie c’était la France, pouvait-on envoyer des avions bombardant au napalm les villages « rebelles » ? Mais pouvait-on aussi répéter les mêmes actions criminelles contre les quartiers « rebelles » OAS ? Nous savons et disons tout cela …de plus la citation de Louis Blanc ressemble par trop à du très mauvais Kouchner s’évertuant, en besogneux, à disserter maladroitement sur « le droit d’ingérence ».

Mais si nous voulons analyser honnêtement, cette période complexe et si douloureuse pour tous de notre l’Histoire commune, nous attendons aussi de la part du gouvernement algérien une attitude similaire.

Quand ce gouvernement reconnaîtra-t-il la violation des accords d'Evian du 19 mars 1962, dont le Parlement a reconnu la réalité par l'article 2 de la loi du 23 février 2005 ?

Quand les Pieds-noirs, qui le désirent, pourront-ils récupérer leur nationalité algérienne ?

Quand ce gouvernement reconnaîtra-t-il le massacre des harkis et de la population européenne après la proclamation de l’indépendance ?

Quand ce gouvernement, conformément aux règles du droit international et de l’honneur portera-t-il réparation pour ces crimes ?

Poutine agenouillé à Katyn … L’image d’un homme d’État, voulant réparer solennellement un crime d‘État.

N’y aurait-il aucun homme d’État à Alger ? Les dictatures, il est vrai, cultivent souvent des serviteurs au cœur sec.

Mais surtout, quand ce gouvernement prétentieux, vaniteux et pusillanime cessera-t-il d’éduquer sa jeunesse dans la haine de la France et de pousser le ridicule et le cocasse, dans le même temps, à se faire soigner dans nos meilleurs hôpitaux ?

Je sais qu’il existe des chauffeurs de bus, d’origines algériennes, musulmans, fiers de leur double appartenance et qui se font caillasser par des racailles. Je connais des policiers, des pompiers, des enseignants, des médecins, des entrepreneurs honnêtes et loyaux envers la patrie. Ils n’en ont que plus de mérite. Ils doivent leur condition à l’éducation de leurs parents et à leur vive intelligence. Mais ils n’ont rien appris de respectueux et de grand des dirigeants algériens. Algérie qu’as-tu fait de ta jeunesse ?

Elle te fuit pour l’ancien colonisateur sans en respecter l'histoire, la géographie, la langue, la religion et les mœurs…

Nous sommes pour la réconciliation et le racisme n’est pas de notre côté, car nous avons appris de Robert Sabatier « qu’il est une façon de déléguer à l'autre le dégoût qu'on a de soi-même ».

Nous sommes même pour l’ALN sur les Champs (si vous nous accordez notre poids en pâtisserie orientale) …. Après tout, si nous considérons les humiliations, les massacres, les atrocités et les injustices que nous infligea l’Allemagne et que nous avons pardonnés, alors l’Algérie a encore une certaine marge …

Seulement plus jamais de drapeau vert et blanc au sommet du capitole, plus jamais de drapeau français souillé, plus jamais de Marseillaise sifflée, plus d’insultes envers la Nation !

Oui à l’Union pour la Méditerranée et oui aussi, au projet d’une université euro-méditerranéenne ! Mais si vous voulez être respectés, commencez par être respectables, car sachez, mes frères algériens, que la construction de l'âme d’un peuple est conscience et respect avant tout, conscience de la fraternité et de l‘amour dûs envers tous les autres peuples, respect du message dont est porteur sa Nation, avec ses trois composantes : compassion, liberté,

 

JEAN-MARC DESANTI

http://www.politique-actu.com/osons/aln-algerie-france-desanti/115226/

 


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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 18:26

 

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Trois chapitres seront successivement étudiés :

 

 

 

 

 

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CHAPITRE I : « … j’avais un camarade… »

 

Jean-Marc est un de mes frères d’armes… un vrai… parmi d’autres, très nombreux, que j’ai côtoyés pour le meilleur et pour le pire, depuis octobre 1955.

 

Depuis mon retour à la vie normale, en janvier 1969, nos contacts furent néanmoins épisodiques pour de multiples raisons : impératifs professionnels, familiaux etc…

 

Mais je ne l’ai jamais trahi… et il ne m’a jamais trahi.

 

Ne soyez pas étonnés de cette terminologie. Au sein de l’effectif d’un combat clandestin, lorsque le dénouement se révèle défavorable, il est fréquent de voir apparaître et se développer ce que j’appelle le « cancer des réprouvés » : la trahison.

La trahison des faibles qui se vendent pour retrouver, soutiennent-ils, une nouvelle liberté de manœuvre…. mais le plus souvent, pour accéder, sinon au lucre du moins à la sécurité matérielle.

J’évoque donc une camaraderie sans nuage, avec Jean-Marc et beaucoup d’autres. Une camaraderie qui a tenu bon pendant plus de cinquante ans.

C’est cette fraternité d’arme qui nous réunit encore, chaque fois que possible. Pour ne pas laisser passer une occasion. Laquelle ? Celle de défendre à outrance aujourd’hui, ce que nous avons défendu hier.

Pourquoi ai-je évoqué Jean-Marc, plutôt que Serge, Jean-Paul, Marcel, Christian, Fred, Gilbert, Martial et beaucoup d’autres…. ?

Serait-ce pour exhiber une richesse en camarades sérieux mais surtout fidèles ?

Fidèles, oui, mais à qui ? A quoi ?

 

Fidèles aux enthousiasmes qui ont enrichi notre combat. Des enthousiasmes passés qui génèrent de la joie, oui de la joie aujourd’hui encore, lorsque nous nous revoyons et lorsque les uns comme les autres, nous exprimons, avant toute chose, notre absence de regrets.

Oui, pas de regrets, car tout démontre, de nos jours encore plus qu’hier, que nous avions raison.

Nous sommes restés, par dessus tout, des hommes libres. Des hommes solidaires les uns des autres, pour lutter en toute priorité contre l’oubli, contre les injures. Pour lutter contre la désinformation fournie, parfois, par certains anciens d’Algérie et d’ailleurs, qui, dépourvus de passé, s’en inventent un. Dans lequel, très souvent, nous n’existons pas… ou plutôt  nous n’existons plus. Au point qu’il m’arrive, ainsi qu’à Serge, Christian, Norbert, Jean-Marc, Pierre, Georges, Claude et d’autres… de nous interroger… sur la réalité, sur le vécu, des responsabilités parfois terribles, que nous avons assumées.

Lorsqu’il nous arrive d’évoquer ce combat passé, qui fut plein d’embûches, qui fut la plupart du temps tragique, le combat d’une minorité de Français d’Algérie, de Pieds-Noirs et de camarades métropolitains, animés tous d’une lucidité dont la réalité historique actuelle confirme à chaque instant le bien-fondé, nous nous interrogeons une fois de plus.

Avons-nous accompli tout cela hier, pour jouir aujourd’hui, du droit de satisfaire à un appétit de couscous, de merguez, de danses orientales ?

Avons-nous joué nos vies et nos âmes pour un style de vie, que nous sommes en mesure de retrouver, voire de créer aujourd’hui, n’importe où, en France ?

Avons-nous tué et fait tuer des hommes pour quelques avantages en hectares de blé ou de vigne ? Pour une orangeraie ? Pour un immeuble ? Pour une villa ?

Evidemment non.

Notre combat en Algérie s’inscrivait dans une grande dialectique de l’histoire. Nous voulons dire dans la confrontation perpétuelle qui oppose l’Occident à l’anti-Occident.

 

Un instant s’il-vous-plaît ! C’est quoi, ça, l’Occident ?

L’Occident, c’est une réalité géopolitique, à l’intérieur de laquelle la pensée chrétienne peut s’exprimer en toute liberté. Sans risque de lynchage, de torture, d’oppression, de génocide… et de toutes autres incertitudes et drames. C’est ça l’Occident ! La terre où les chrétiens peuvent vivre libres.

Nos camarades et moi revendiquons, justement, la prétention constante de rester avant tout des hommes libres. Solidaires pour lutter, aujourd’hui encore, contre le mensonge ou plus banalement, le refus de la vérité. De Gaulle a déclaré, en substance, selon Peyrefitte, que nous, les hommes de l’OAS, « étions aveuglés par notre amour de la France ». De Gaulle s’est « planté » une fois de plus. Cet amour de la France ne nous aveuglait pas. C’est lui, cet amour de la France, qui nous a conduits sur le chemin d’un combat… qui est loin, très loin d’être terminé aujourd’hui.

 

Car en Algérie ce n’est pas le dernier combat que nous avons livré. Le combat de la fin. Ce que nous avons livré, là-bas, c’est le combat de la fin du commencement. Le commencement du combat qui, depuis 2000 ans oppose l’Occident à l’anti-Occident.

 

Lorsque nous nous retrouvons, c’est une camaraderie sans tromperie qui nous soude encore les uns aux autres. Sans ambition malsaine. Sans coup fourré. Sans souci de préséance ou de prédominance. Sans esprit de « vedettariat ».

Nous étions nourris, là-bas, d’une ambition : conserver toute sa vie à la France sud-méditerranéenne. Parce que la France du Nord-Méditerranée en avait une grande nécessité pour rayonner dans le monde et enrichir l’Europe d’une large fenêtre ouverte sur l’Afrique… grâce à l’Algérie française.

L’Algérie française, une thèse de vie pour la patrie française, pour l’Europe… pour l’Occident. C’était aussi une thèse de vie pour l’Afrique. Mais ils ne le savaient pas… au sud de la Méditerranée. Le temps n’est pas loin où ils s’en rendront compte dans leur vie de tous les jours.

Lorsque nous évoquons, sans complexe, l’Algérie française, ce n’est pas un regard narcissique que nous jetons sur notre passé. Nous savions très bien, avant 1962, Serge, Fred, Pierre, Gabriel, Claude, Marcel et d’autres encore et moi avec eux, que séparée de la France, l’Algérie allait perdre définitivement droit de cité dans notre Occident, qu’elle était cependant en possibilité de rejoindre grâce à la France.

Séparée de la France, bien qu’elle ait été historiquement accouchée par notre patrie, l’Algérie exhibe aujourd’hui une agressivité pugnace contre l’ancienne métropole.

Elle illustre aujourd’hui le symbole historique et géopolitique d’une victoire de l’arabo-islamisme international sur une grande nation d’Occident : La France.

 

Même si le fondamentalisme islamiste, quintessence actuelle de l’anti-France, et ses exécuteurs d’Al-Qaïda, sont officiellement combattus par le gouvernement algérien actuel, il reste établi pour la nuit des temps à venir, que le 19 mars 1962 illustre la date d’une grande défaite de la France et de l’Occident, devant un agresseur moderne : l’arabo-islamisme fondamentaliste, envahisseur et dictatorial. Une défaite dans sa signification la plus traditionnelle et classique qui soit.

Qu’on ne s’effarouche pas !

Nous sommes en droit d’utiliser ce terme de défaite. Puisque les évènements d’Algérie ont été officiellement identifiés à une guerre par une loi de la Vème République française. La loi du 18 octobre 1999.

 

Cette guerre fut ainsi officiellement conclue par une défaite de la France. Une défaite imputable au général De Gaulle et à tous ses valets passés et actuels, atteints à l’évidence, d’une encéphalopathie gaulliste chronique qui les rend inaptes à la pratique de la politique.

Cette encéphalopathie gaulliste chronique a fait de la France un territoire sur lequel, aujourd’hui, s’exerce une force au sens physique, ou plutôt au sens mécanique du terme.

Une force dont le point d’application se situe en Algérie et dont le sens est rigoureusement et préférentiellement orienté vers la France. Une force dont l’intensité est variable, mais qui en toutes circonstances confère toute sa vérité ou plutôt toute son actualité, à la prédiction de Ben Mhidi, formulée par lui-même, avant qu’il ne fût pendu en 1957 :

 

« Vous aurez l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».

 

Une force colonisatrice certes, mais qui prétend induire, avant tout, une mutation identitaire, progressive, des peuples de la rive-nord de la Méditerranée.

Cette mutation des esprits, comme cet asservissement intellectuel est, de nos jours, enrichie par la mise en œuvre répétitive, périodique et surtout prioritaire, d’attaques sordides contre le christianisme. Des attaques efficaces, ne nous y trompons pas, relayées avec générosité par tous les médias, à l’échelon du monde occidental dans toute son étendue.

Des attaques qui jouissent de la qualité d’être, opérationnellement et stratégiquement, parfaitement logiques.

 

Pourquoi logiques ?

 

Pour la raison suivante : à l’arabo-islamisme fondamentaliste, le nouvel envahisseur, on refuse d’opposer, pour le moment, la seule arme qui soit efficace.

L’islamisme fondamentaliste prétend imposer la charria dans le cadre de la vie des Français et ne connaît, dans le cadre de cette perspective opérationnelle, qu’une seule expression : une expression religieuse. Dont il fait un usage exclusif. Or, on s’obstine à lui opposer cependant des attitudes de défense très mal adaptées. Des attitudes dépourvues d’efficacité, totalement dépourvues d’impact opérationnel. On pleurniche, on exhibe sa peur, on prévoit de légiférer en évoquant les burkas des femmes musulmanes. On exprime sa colère, en réalité sa peur et son angoisse, devant des minarets qui surgissent un peu partout.

 

Mais, au nom de la laïcité, qui en aucun cas ne doit être restrictive de liberté religieuse tout au contraire, on refuse de faire référence au rayonnement historique de nos cathédrales. De nos cathédrales qui ont symbolisé pendant longtemps, une volonté laborieuse de mener un combat pendant des siècles. Un combat au moyen-âge, pour la sauvegarde du christianisme contre les hérésies invasives, tout particulièrement les hérésies de provenance ibérique.

 

Aujourd’hui, nous exprimons notre détermination perpétuelle à vivre libres ou vainqueurs si nécessaire, en nous appuyant sur une certitude. Une certitude que je formule de la manière suivante :

nous n’avons rien à redouter de la religion musulmane, dans la mesure où nous sommes capables de faire comprendre à nos enfants que rien ne les obligera à se soumettre, dans les décennies à venir, à la mutation idéologique et identitaire que veut induire, et finalement nous imposer, le fondamentalisme islamiste. Ce n’est pas une fatalité.

Car, le christianisme tire sa vitalité et son rayonnement, pour longtemps encore, d’une élite universelle certes. Mais aussi et surtout, il tire sa puissance, sa vigueur révolutionnaire éventuellement, de gigantesques prolétariats chrétiens, répartis dans le monde entier. Des peuples, des masses populaires en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et surtout en Amérique latine. Des collectivités asiatiques, des peuples blancs et des peuples « de couleur » comme on le disait naguère, ainsi que leurs élites, n’accepteront jamais la mort de la Croix. Que ce soit par la force, que ce soit par la trahison et par le reniement, comme ce fut le cas en Algérie, en 1962.

 

Nous sommes suffisamment forts, nous qui avons combattu pour l’Algérie française, pour nous entendre avec les musulmans. Avec les musulmans qui ont choisi de vivre en France. Plus encore avec les musulmans qui ont choisi la citoyenneté française.

Nous entendre avec nos concitoyens musulmans dans la mesure où ils acceptent une nécessité : celle d’intégrer la pratique quotidienne de leur culte aux exigences de la citoyenneté.

 

Nous sommes chrétiens, et avec ceux d’entre nous qui sont juifs, nous devons rester chrétiens et juifs. Mais, tous, avec les musulmans, nous devons être en mesure de brandir chaque fois que nécessaire, sans état d’âme particulier et sans répugnance, l’étendard commun de la laïcité. Une laïcité qui aujourd’hui n’est plus prohibitive. Une laïcité qui permet aux différentes religions de s’exprimer en France, dans le respect perpétuel, en n’importe quelle circonstance, de liberté, de fraternité et d’égalité.

 

Nous refusons de vivre dans une ambiance, dans un « éthos » a écrit Peyrefitte, de crispation confessionnelle. Car, la crispation confessionnelle se révèle être un facteur très sérieux, de stagnation économique d’une part, et du ralentissement de l’essor d’une nation, d’autre part.

La crispation confessionnelle c’est un cancer moderne au sein d’une nation. Elle détient le potentiel d’altérer profondément tout ce qui contribue à maintenir une nation dans le cadre de la modernité.

Cette crispation confessionnelle moderne, que nous vivons en France, se révèle inhibitrice, logiquement et progressivement, de tout essor économique nouveau. Elle apparaît comme une conséquence impitoyable du sacrifice volontaire et conscient du christianisme en Algérie. C’est le gaullisme qui l’a instaurée à l’intérieur des limites de la France métropolitaine, comme nous le constatons, aujourd’hui, à chaque instant.

 

 

La Méditerranée nous offre deux rives. Le Sud et le Nord. C’est vrai.

 

L’une est atone, pour le moment. C’est la rive-nord, c’est la nôtre. Elle est atone parce que la crispation confessionnelle s’y est installée comme une maladie chronique.

 

L’autre est ambitieuse, agressive, avide de conquêtes : c’est la rive-sud. La rive des envahisseurs de style nouveau.

 

Cette mutation idéologique induite par l’atonie des peuples de la rive-nord, est la conséquence d’une rupture de contact avec Dieu, qui s’inscrit à l’évidence, dans la normalité, dans la banalité du comportement des hommes de la rive-nord.

 

Insistons encore : ces peuples opposent, par habitude, une désertion spirituelle à l’impact arabo-islamiste. Tout particulièrement une désertion chrétienne. Cette désertion spirituelle donne naissance à un vide dialectique. Un vide où s’engouffre sans effort, comme naturellement, le dynamisme islamiste qui lui, s’exprime dans des conditions idéales. Pourquoi idéales ? Parce que, répétons-le, la seule opposition qui le gênerait, a décidé d’être silencieuse pour le moment. D’être muette. Nous évoquons encore une opposition religieuse dont il est de bon ton, aujourd’hui, de ne plus faire usage. Car ce que l’on nous recommande, c’est ceci :

 

« Vous, les chrétiens, fermez-la ! »

 

« Oui, fermez-la, pour ne pas gêner les nouvelles manœuvres des capitalistes financiers modernes qui sont en train d’agir à l’égard de la révolution arabo-islamiste de la même manière qu’ils ont agi en 1917 à l’égard de la révolution bolchevique ».

 

 

Trotski a rejoint la révolution russe en 1917, via le Canada, grâce au viatique financier fourni par un potentat américain, Hammer-père.

Le fils de celui-ci, Hammer-fils donc, joua un rôle identique à l’égard de la révolution algérienne. Rappelons que le déclenchement de cette révolution fut décidé le 1er dimanche de juillet 1954, au matin, dans une salle de cinéma à Hornu, dans le Brabant, en Belgique. Cette réunion fut organisée par Khidder et Lahouel. Le premier était alors un ancien du MTLD, membre de l’OS (Organisation Secrète). Le second, était conseiller municipal d’Alger, adjoint du maire FLN d’Alger, Jacques Chevallier.

 

La guerre fut décidée. Le « Jihad fissabil Allah », la guerre sainte pour la cause de Dieu. Mais ce qu’il faut rappeler c’est l’information suivante :

cette réunion fut possible grâce à l’initiative et au concours de la CISL qui, non seulement l’organisa, mais assura aussi le financement de la première mission de la guerre d’Algérie. Un viatique de 500.000 dollars fut attribué par la CISL à Kidder et Lahouel, dès la fin de la réunion d’Hornu. A Bruxelles. Par Monsieur Irving Brown en personne.

La moitié de ces 500.000 dollars, sur aimable pression des services secrets américains, fut livrée par l’ARAMCO dont Hammer-fils était un actionnaire …privilégié.

L’autre moitié fut livrée par la CISL, elle-même.

 

Plus tard, en 1956 à Alger, l’UGTA subit le contrecoup de sa soumission opérationnelle à la CISL, dans les attentats terroristes de la bataille d’Alger. Le poste de commandement de l’UGTA fut plastiqué, place du Cardinal La Vigerie, en 1956. Lors de cet attentat, fut découvert un projet écrit d’assassinat imminent, de plusieurs dizaines de citoyens français algérois qui eurent la vie sauve grâce à cette opération d’un commando de volontaires clandestins.

 

Le capitalisme financier est aujourd’hui malade de sa croissance. Il éprouve constamment le besoin d’un enrichissement, d’une nouvelle oxygénation de ses moyens opérationnels. Un enrichissement sous la forme d’un apport augmenté en liquidités pour assurer son contrôle de la production, au niveau des grandes banques. Cette sacro-sainte production, génératrice de valeur ajoutée, que le capitalisme financier doit faire progresser en permanence.

 

Deux recours pour conserver sa pugnacité au capitalisme financier moderne sont mis en œuvre de nos jours :

 

 

 

Mes chers correspondants, je suis parti d’un passage en revue, un peu sentimental et nostalgique, d’un effectif de mes frères d’arme pour parvenir, sans m’en rendre compte, à la genèse de la guerre d’Algérie. Et pour aboutir à ce que j’appelle en toute humilité :

 

l’inversion de la hiérarchie subversive anti-occidentale.

 

 

Je m’explique ou plutôt, j’essaie de m’expliquer.

 

Pendant longtemps, le capitalisme financier tel qu’il fut décrit par le défunt Jacques Marseille, illustrait la structure stratégique, la structure décisionnaire dans le déroulement de l’actuelle révolution mondiale. Mais les nouvelles richesses produites par les hydrocarbures, au bénéfice préférentiel des banques arabes, ont fini par bouleverser radicalement cette identité stratégique.

 

Il semble que la structure décisionnaire, c’est-à-dire, répétons-le, le potentiel stratégique, soit transférée aujourd’hui au niveau des banques arabes. Celles-ci aspirant à la domination finale du monde, mettent à la disposition du capitalisme financier les gigantesques liquidités dont elles jouissent. A un point tel que le capitalisme financier s’identifie aujourd’hui à un dispositif tactique, soumis à un dispositif stratégique nouveau et sus-jaccent. Nous voulons dire à la vigueur des banques arabes. Donc, implicitement, à l’arabo-islamisme fondamentaliste, le nouveau déterminant stratégique.

 

C’est dans cette nouvelle constatation que se situe, pour nous les anciens combattants d’hier, un site prioritaire de la réflexion que nous devons conduire avec une grande prudence et surtout une grande humilité dans l’expression écrite. Nous n’avons pas hésité à être violents lorsque nous fûmes acculés au combat… lorsque notre « amour fou de la France » a jeté une minorité d’entre nous dans les affres de l’action directe. Mais ce passé n’altère en rien notre clairvoyance dans l’analyse politique que nous vous proposons aujourd’hui.

 

C’est la raison pour laquelle je vous suggère de prendre connaissance du deuxième chapitre de cette étude n° 30, qui prétend passer en revue, encore une fois, la genèse de la guerre d’Algérie, telle que celle-ci fut mise en œuvre à partir de 1919. Car c’est cette genèse qu’il ne faut jamais perdre de vue. Elle est nécessaire pour exprimer l’identité réelle de la guerre d’Algérie… officialisée comme telle en 1999. Cette guerre que le gaullisme a décidé de perdre devant l’histoire, le 19 mars 1962.

 

 

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CHAPITRE II – …Comment se sont implantés les Oulémas à la tête de la révolution algérienne….

 

En 1919, une loi française entre en vigueur en Algérie de la manière la plus officielle.

 

Certains sujets français de confession musulmane peuvent accéder, en toute facilité, à la citoyenneté française pleine et entière. Au moment de leur choix. A la condition qu’ils acceptent de se soumettre, comme la totalité des citoyens français, à la seule et unique juridiction civile française. Ce qui implique le renoncement à leur statut personnel codifié par le droit coranique.

 

Deux conséquences.

 

 

 

 

Retenons trois noms parmi ces religieux profonds : le cheikh Abdelhamid Ben Baddis de Constantine, le cheikh El Bachir el Ibrahimi né à Tocqueville (Ras-el-oued) très près de Sétif, et Tewfik el Madani, un Kabyle né à Tunis. Ces Berbères vont structurer le fondamentalisme musulman sur la terre algérienne. Mais, par-dessus tout, ils vont imposer à outrance l’utilisation exclusive de la langue arabe littérale. Ben Baddis et Ibrahim Bachir ont effectué de longs séjours au Proche-Orient au contact, en particulier, du grand émir libanais Chekhib Arslan, animateur principal de la Nahdah, la renaissance de l’islam, et véritable déclencheur de cette guerre, une guerre franco-arabe, à partir du 8 mai 1945.

 

En 1925, Omar Smaïl et ses lieutenants, avec l’accord du pouvoir français, fondent le Nadi at Taraqqi, le Cercle du Progrès, toujours dans la perspective de rendre inapplicable la loi de 1919. Ils exaltent et glorifient la langue arabe. Ils ne s’expriment que dans cette langue et fondent ainsi la nouvelle arabité de l’Algérie.

 

En 1930, se déroulent, dans un indiscutable enthousiasme francophile, les cérémonies commémoratives du centenaire du débarquement français à Sidi Ferruch le 14 juin 1830. Toutes les conditions semblent réunies, sous la pression des anciens combattants musulmans de 1914-1918, pour que la loi de 1919 soit enfin plus largement appliquée.

 

Mais certains responsables de la IIIe République veillent au grain. Ils ne l’entendent pas ainsi. En vertu de la loi de 1901 sur les associations, dans le but de donner un coup d’arrêt définitif à cet élan vers la France, ils donnent l’autorisation officielle à Omar Smaïl de fonder l’Association des Oulémas, le 5 mai 1931. Le 7 mai, le premier président désigné par Omar Smaïl en personne sera Ben Baddis. Le vice-président sera El Bachir el Ibrahimi. Tewfik el Madani remplira les fonctions officielles de secrétaire général adjoint. Mais en réalité, il en sera l’animateur le plus virulent.

 

La devise de cette nouvelle association ne tardera pas à se définir comme suit :

 

ma religion c’est l’Islam

ma langue c’est l’arabe

ma patrie c’est l’Algérie

 

Il ne s’agit, ni plus, ni moins, que de la mise en place d’un dispositif de guerre qui sera soutenu en permanence par l’émir libanais, ennemi de la France, Chekib Arslan. Mais aussi soutenu en permanence par Hadj Asmine el Husseïni, le mufti de Jérusalem. Celui-ci, en effet, organise durant cette même année 1931, le Congrès mondial de l’Islam à Jérusalem. Il soutient officiellement l’action de Ben Baddis. Le combat enclenché contre la future République d’Israël va se confondre ainsi avec le combat qui est désormais engagé contre la France.

 

Cette association des oulémas va constamment alimenter la nature religieuse fondamentaliste de la guerre faite contre la France. Tous les leaders indépendantistes anti-français ne pourront pas se passer d’un « imprimatur verbal », émanant de cette association, pour jouer un rôle dans la révolution algérienne. Farès lui-même, dès 1946, se mettra volontairement sous l’autorité spirituelle du Cheik El Bachir el Ibrahimi, président de l’association des oulémas, rendu à la liberté par l’amnistie de 1946.

 

Ibrahim Bachir, c’est une autre formulation de son identité, président de l’Association des oulémas depuis la mort de Ben Baddis en 1940, était assigné à résidence à Aflou, près de Tiaret en 1945. Il déclencha néanmoins les émeutes de Sétif du 8 mai 1945, dès réception de l’appel de Chekib Arslan transmis depuis Genève, le 7 mai 1945.

 

Une guerre de 17 ans, une guerre franco-arabe répétons-le, va être conduite à partir de cette date, d’une façon ouverte, en 1945, le 8 mai dans les Hauts Plateaux sétifiens et à Guelma. Puis larvée. Puis de nouveau ouverte contre la France dès la Toussaint Rouge 1954, jusqu’au 5 juillet 1962, date du massacre d’Oran.

« El Jihad fissabil Allah », « la guerre sainte pour la cause de Dieu ».

 

Guerre qui fut conclue par la défaite historique de la Vème république française le 19 mars 1962.

 

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CHAPITRE III – … Le miracle économique français est en train d’être réduit à néant, à cause des « crispations confessionnelles » générées par le gaullisme, assassin de la France sud-méditerranéenne

 

L’Algérie française est morte. Définitivement morte. L’Algérie actuelle connaît une réalité tout à fait différente. C’est un autre pays. Une nation. Il va sans dire que ce qualificatif de « morte » ne la concerne pas.

 

Surgit toutefois la question suivante : la mort des départements français d’Algérie a-t-elle réduit l’espace planétaire du non-développement ?

La réponse est nette : l’espace planétaire de non-développement reste aussi vaste, depuis la décolonisation générale, voire même beaucoup plus vaste encore.

 

Aujourd’hui, il est d’une évidence incontournable que la décolonisation de l’Algérie fut conduite d’une manière catastrophique, puisqu’elle aboutit à la naissance d’une nation à l’intérieur de laquelle la haine de la France s’inscrit parmi les éléments fondamentaux de la plus élémentaire culture. De la culture basique.

Sans bouleverser le panorama de cette étude, on peut affirmer ceci : malgré la sécession des départements français d’Algérie et du Sahara, les trois-quarts de l’humanité au moins appartiennent au monde non encore développé. Celui que, récemment, on appelait « sous-développé ».

 

Des auteurs compétents nous ont enseigné que le sous-développement ne constitue pas un phénomène anormal en lui-même. Plus encore, ils l’inscrivent sans aucun état d’âme dans la normalité des choses de la vie.

Alain Peyrefitte fait étalage dans ce domaine, d’un laconisme très enrichissant : « Ce n’est pas le sous-développement qui est un scandale, c’est le développement qui est un miracle ».

 

Le développement apparaît, encore aujourd’hui, comme une prouesse. Une prouesse à porter au crédit exclusif d’un peuple. Sous la condition que celui-ci soit capable de l’accomplir.

 

C’est-à-dire lorsque ce peuple réunit des compétences technico-culturelles nécessaires à cet accomplissement. Une prouesse qui n’est pas forcément à la portée de n’importe quel peuple. L’ancien ministre du général De Gaulle ne manque pas de précision lorsqu’il prend soin d’écrire :

« Un peuple se développe, il ne développe pas d’autre peuple ».

Pour qu’un peuple puisse contribuer au développement d’un autre peuple, il faut que ce dernier nourrisse l’ambition préalable d’accéder au niveau technico-culturel adéquat qui, seul, peut lui donner les moyens d’engendrer à son tour un « miracle économique ».

Selon Alain Peyrefitte, les nations développées se caractérisent avant toute chose, comme celles qui sont capables de garantir la progression auto-entretenue des paramètres économiques qui servent de références permanentes.

Citons : le produit national brut, le revenu par habitant, la qualité et le volume des exportations, le tonus de l’investissement, la qualification permanente de la main-d’œuvre, les innovations technologiques en chaîne, les nouvelles habitudes de consommation.

Mais à ces paramètres, il faut en ajouter un autre qui nous paraît fondamental : ces nations doivent être libérées de toute crispation confessionnelle.

 

Les nations qui, encore sous l’emprise de crispation confessionnelle n’accèdent pas au niveau des nations développées, s’identifient aujourd’hui aux nouveaux « prolétariats extérieurs de l’Occident ». La crispation confessionnelle y engendre parfois une expression revendicative obligatoirement violente, qui ne se prive pas d’être sanguinaire en maintes occasions. Ce qui contribue à aggraver l’interdiction d’accès au développement.

 

Nous apprenons ainsi qu’il existe une dimension culturelle, philosophique et surtout religieuse du développement. Celui-ci en réalité, se définit comme une denrée rare.

 

L’Algérie avait toutes les chances de trouver sa place dans le cadre d’un miracle économique français d’abord. Ensuite, dans le cadre du miracle économique espéré, à l’échelon européen.

Non seulement elle aurait pu en bénéficier mais elle aurait aussi contribué à l’enrichir, si la France s’y était maintenue en tant que nation souveraine.

Mais on s’est refusé avec obstination, et de toutes parts, à prendre l’orientation préalable nécessaire et indispensable pour atteindre ce but. Cette orientation préalable c’était l’éradication d’Algérie des crispations confessionnelles. Or, tout au contraire on les a volontairement installées, ou plutôt consolidées en Algérie, à partir de 1920. Ces crispations confessionnelles se sont révélées mortelles pour les départements français d’Algérie, en tant que départements français évidemment.

 

Il fallait avoir le courage, l’audace, la lucidité, mais surtout la volonté d’acquérir la formation nécessaire, pour contrer avec conviction les attitudes irresponsables et criminelles qui affirmaient là-bas, que :

« demander aux musulmans d’accéder à la citoyenneté française en renonçant à leur statut civil personnel, qui les rendait dépendants à l’égard du seul droit coranique, c’était les inviter à l’apostasie, au reniement de leur foi ».

 

Cet argument est utilisé sans arrêt, de nos jours plus qu’hier, par des accusateurs affectés d’un histrionisme chronique, sans cesse et abondamment suractivé. Néanmoins, c’est cet argument qui confirme bien que le miracle économique possible dans les départements français d’Algérie a été sacrifié au bénéfice du statut personnel des musulmans. Le bouclier anti-français par excellence. A été sacrifié à une attitude génératrice, au plus haut point, d’une crispation confessionnelle. C’était un crime contre l’intelligence… pour le moment.

 

Dans nos sociétés modernes, la décrispation confessionnelle illustre le cheminement indispensable pour accéder au développement et au progrès.

 

Nous n’oublions pas, cependant, que par nature, par essence, la décrispation confessionnelle impose avant tout, le respect des convictions de chacun. C’est en ce sens qu’elle mérite de s’appeler « décrispation ».

 

L’abandon du statut personnel définissait le tout premier palier auquel il fallait parvenir si l’on voulait inclure l’Algérie française dans un ensemble territorial susceptible d’être bénéficiaire des avantages de la modernité sous l’égide de la France, dans un premier temps, puis de l’Europe dans un second temps.

Mais il aurait fallu que la France fût gouvernée par des hommes d’Etat qui fussent visionnaires, et non pas animés par une ambition de « lombards » de « prêteurs sur gage ». Des hommes qui se seraient attachés à conférer toute sa vitalité, de Dunkerque à Tamanrasset, à cette loi que nous avons évoquée à maintes reprises, la loi de Moïse Mendelssohn, qui au XVIIIème siècle recommandait à tous les pratiquants d’une religion, d’être « religieux à la maison, citoyens dans la nation ».

 

La sécularisation de l’islam était une des fondations à creuser pour que pût enfin se développer sur cette terre algérienne, un « miracle économique ». Et à partir de celui-ci… un possible miracle africain… « in secula seculorum »

 

Mais les indépendantistes anti-français, ceux d’Algérie, renforcés, animés, dynamisés, pris en main par leurs complices de métropole, dont le gaullisme représente la quintessence, étaient animés de la volonté d’exclure l’Algérie de l’hypothétique « miracle économique français ».

 

 

Notre pays n’a pas fini de payer la note de ce forfait contre l’intelligence, de ce crime contre l’humanité.

Un crime qui consiste à avoir créé toutes les conditions d’un essor imprévu et sans cesse croissant, à l’intérieur de nos frontières : l’essor d’une crispation confessionnelle, involutive, paralysante, atrophiante. Appauvrissante. Une crispation confessionnelle d’expression quotidienne.

 

 

Nous avons d’abord protesté en Algérie. Nous avons hurlé contre la trahison. Nous avons manifesté notre colère. Pour une minorité d’entre nous, nous avons pris les armes, guidés que nous étions par un amour fou de la France. De Gaulle, le plus prestigieux des Français, qu’a-t’il déclaré devant notre attitude ? Ceci :

« les chiens aboient et la caravane passe ».

 

Effectivement… la caravane est passée. Les chiens n’aboient plus. Mais ils grondent en observant à quel point la caravane se trouve coincée dans un sombre cul-de-sac, exposée aux intempéries aujourd’hui, aux tempêtes demain.

 

Les chiens « contemplent » le comportement de tous ces misérables champions du délestage économique de l’Algérie. Ils peuvent faire l’inventaire de leurs nouveaux acquis : parmi ceux-ci, avant tout, la médiocrité qui menace de s’installer dans notre pays à l’état chronique.


CONCLUSION

 

Aujourd’hui, la notion « d’Algérie française » se révèle sous sa véritable identité.

 

« Algérie française » ce n’est plus une notion uniquement nourrie de souvenirs nostalgiques. Ce n’est pas une évocation pleurnicharde d’une espérance trahie.

Ce n’est pas le support d’une amertume résiduelle.

« Algérie française » n’illustre pas uniquement un capital culturel dont l’immense richesse est encore très mal évaluée.

« Algérie française » s’identifie aujourd’hui à ce qu’elle était hier. Une thèse historique pour une construction du monde intelligente. Un projet de sauvegarde de l’équilibre euro-nord-africain, une mission géopolitique.

C’était une mission que nous n’avons pas pu ou su conduire à bonne fin.

Ce non-accomplissement nous stimule aujourd’hui. Pourquoi ?

Pour comprendre. Pour expliquer.

Cette volonté d’expliquer entraîne une conséquence : elle nous conduit à prendre des « airs d’historien ». Dans cette attitude, un écueil est à éviter : celui de se complaire dans une attitude de pionnerie désespérante.

 

Un témoin ou plutôt un acteur, qui a mis la main à la pâte de l’histoire, à la genèse et au déroulement d’évènements très graves, peut apparaître parfois comme un chroniqueur insuffisant… faiblard.

 

Mais lorsqu’il jouit de la faculté et surtout de la chance d’être un conteur, on dit le plus souvent de lui qu’il est « intéressant ».

 

« Intéressant », c’est l’horrible qualificatif dont on vous gratifie avec une générosité condescendante lorsque vous mettez le vécu de votre expérience, le vécu de vos drames, au service d’une collectivité avide de savoir … avide de comprendre.

 

Comme l’a écrit Nietzsche, je ne sais plus où, ni quand :

 

« La parole du passé est toujours d’oracle. Vous ne l’entendez que si vous êtes les constructeurs de l’avenir et les interprètes du présent ».

 

J’essaie de m’inscrire parmi ces hommes, qui sont mordus par l’audacieuse envie de ne plus être des fourmis.

 

C’est une fatalité historique qui m’a plongé, à partir de 1955, en plein cœur du drame qu’a vécu l’Algérie française, du drame qu’a vécu la France en Algérie.

 

Aujourd’hui, l’abandon de l’Algérie par le gaullisme cinquante-huitard, je le vis comme un déluge. Un nouveau déluge.

 

Le déferlement, non pas d’une vague, mais d’une houle recouvrante. Une houle rythmée, contrôlée, arabo-islamiste, qui prétend submerger progressivement l’Occident tout entier.

 

Un Occident qui, aujourd’hui plus qu’hier, s’illustre à la fois comme «l’île et le cœur du monde ».

 

Quelques doctes politiciens ont exprimé parfois l’intention de nous rassurer :

 

« Tout cela n’a aucune importance » ont-ils soutenu.

 

Pourquoi ?

 

« Mais ouvrez-donc les yeux ! » rétorquent-ils.

 

« De Gaulle a tout prévu. Il a organisé une nouvelle arche de Noé. C’est la France avec sa force de frappe nucléaire. C’est la France enrichie par son passage glorieux à la modernité. Grâce au miracle du grand renouvellement qu’il a lui-même accompli. Grâce à une décision gravissisme qu’il n’hésita pas à assumer lui-même devant l’histoire.

La décision de sacrifier la Croix en Algérie française ».

 

Oui. Effectivement. Souvenons-nous. De Gaulle s’est adressé au peuple français, il y a 50 ans, pendant la Semaine des Barricades d’Alger, de janvier 1960 :

 

« Et toi, mon vieux pays ! » a-t-il déclaré.

 

« Toi, mon vieux pays, usé, vieilli, qui a tant souffert ! Que veut-on te faire accomplir encore ! Gérer des populations indigènes d’Algérie, dont la nature est d’être miséreuse ? Recueillir chez nous des Pieds-Noirs qui au sein de notre famille française, oublient qu’ils sont des enfants adoptés ! Qu’arrive le déluge libérateur ! Car comme l’a déclaré Monsieur Tricot, un de mes fidèles valets, l’abandon de l’Algérie est nécessaire au passage de la France à la modernité ».

 

Le grand renouvellement gaulliste s’étale aujourd’hui sous nos yeux. Un épanouissement social éblouissant. Une égalité qui se confirme partout avec éclat. Une liberté dite libéraliste qui nous submerge. Quant à la fraternité, elle est tellement forte, qu’elle nous asphyxie littéralement.

 

Tout cela pourquoi ? Parce que De Gaulle l’a voulu. Parce que De Gaulle l’a accompli pour le compte des capitalistes financiers qui ont joué le court terme en voulant délester l’univers-de-l’argent-sans-âme du débouché algérien. Débouché algérien jugé insuffisant à cette époque en termes de production de valeur ajoutée.

 

Le gaullisme… une asphyxie de l’espérance… En France… en Europe… en Occident.

 

 

 

Jean-Claude Pérez

Nice

 

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Le 15 avril 2010

CISL : Confédération Internationale des Syndicats Libres, installée en Europe, émanation de la Fédération américaine du travail, Fédération de droite.

UGTA : Union Générale des Travailleurs Algériens d’inspiration néo-communiste, mais fut très rapidement annexée par la CISL qui l’utilisa pour les besoins du capitalisme financier américain, qui avait besoin de l’éviction de la France d’Algérie.

« in secula seculorum » : traduisons « pour les siècles à venir ».

Par voline
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 11:35
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«Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire.»  Bouddha

Février 1944 l’affiche rouge et le poème d’Aragon :
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

RAYMAN, BOCZOV ,GRZYWACZ, ELEK, WAJBROT, WITCHITZ, FINGERWEIG …

A paris en 1944, l’armée du crime était une part de la dignité de la France.

On en demande toujours plus aux juifs … et il le faut. Toujours et encore plus jusqu’à la limite de l’insoutenable car le Judaïsme polymorphe est une corde tendue entre l’aveugle et le voyant : L’Homme vivant, l’Homme debout, celui qui doute, celui qui ne fait d’aucune croyance un article de foi fanatique quel que soit le respect dont cette croyance est auréolée.

Claude Lévy écrivait dans Information juive : «  Des historiens se disent abusivement « révisionnistes » alors qu’il apparaît beaucoup plus judicieux de les désigner du vocabulaire de « négationnistes » .».

Vaine querelle de mots ?

Voulons-nous ignorer l’importance vitale du sens ?

J.Trier ( Structures sémantiques et conceptives du monde ) démontre que par leur sens donné, les mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun est sous la dépendance des autres. Ils sont donc un champ linguistique recouvrant le champ conceptuel et exprimant une vision du monde dialectiquement cohérente.

Par exemple si un historien se dit « révisionniste », il vise à préparer son interlocuteur à embrasser son opinion avec la déférence et le respect que la recherche historique a attaché à ce mot.

Le théoricien du Révisionnisme est Édouard Bernstein qui formula à la fin du XIX° siècle la remise en cause des fondements théoriques du marxisme. Puis, après lui, Kautsky, Bauer, Browder…

Puis très vite, les mots révisionniste et révisionnisme désignèrent tous ceux qui préconisent la révision d’une doctrine, d’une croyance, d’une vérité dogmatiquement fixée et érigée en tabou.

Ainsi les partisans du capitaine Dreyfus, les historiens qui avant l’aveu d’Eltsine affirmaient que les massacres de Katyn étaient des crimes soviétiques, ceux qui veulent réviser les procès de Jeanne d’Arc, de Gilles de Rais, de Franco, de JFK …

LIRE LA SUITE : http://jssnews.com/2009/11/03/on-en-demande-toujours-plus...

                          http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=63101&L=fr

                          http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article1286
                           http://leschevaliersnoirs.hautetfort.com/

Par voline
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 19:34
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"Il est douloureux mais il ne ploie pas" fut la réponse de Menahem Begin au secrétaire d'Etat américain qui s'enquérait de la situation de son genou. Et effectivement M. Begin (zal) pouvait ressentir des douleurs mais il maintenait qu'un Juif "ne se prosterne que devant l'Eternel". Et lorsque à Camp David le président américain Carter est venu lui demander de discuter du statut de Jérusalem, M. Begin a donné l'ordre à sa suite de préparer les valises pour un départ immédiat. C'est le genou de Carter qui a plié !

 

 

Les pressions américaines peuvent être douloureuses mais l'Etat Juif ne doit pas s'y plier. Toute concession actuelle entraînera  d'autres concessions fatales.

Le fait que M. Natanyahou, après avoir brillamment expliqué les droits du peuple juif sur toute sa terre ancestrale, ait accepté l'idée néfaste d'un état arabe supplémentaire sur la terre juive est devenu un nouveau point de départ des pressions "obamiennes". Oubliées les conditions posées à la création de cet état car c'est un général américain qui entraîne la future armée "palestinienne" sous couvert de "police anti-terroriste"!

Ce ne sont pas des ovations que le premier ministre israélien a recueilli mais l'exigence insensée d'un arrêt de la construction en Judée-Samarie et même à Jérusalem. A peine ce gel inique et scandaleux est-il rentré dans les faits que l'équipe Obama exige la signature du Traité de non prolifération nucléaire, ce qu'aucune administration américaine ne s'était jamais autorisée à exiger. Et Hussein Obama se fait photographier en parlant au téléphone avec Natanyahou, les pieds sur son bureau et en montrant ses semelles. Se serait-il permis une telle attitude avec un autre premier ministre d'un quelconque état dans le monde? Une prosternation devant le Roi d'Arabie et les semelles pour Israël !

Pendant ce temps l'Iran discute avec le nouveau locataire le la Maison Blanche qui exclut le droit d'Israël d'attaquer ses installations nucléaires.

Le rassemblement des terroristes du Fatah à nos portes à Bethlehem, a prouvé de la manière la plus évidente que les "modérés" arabes veulent notre destruction contrairement aux "extrémistes" qui souhaitent notre "extermination". Il ne reste plus qu'à négocier la manière dont nous devrions commettre  notre suicide national pour complaire aux Mitchell, Kouchner, Brown et autres nouveaux vikings suédois. Natanyahou dans sa position ne devrait pas négocier avec Mitchell, un anti-israélien notoire,  mais lui envoyer son propre représentant, par exemple le secrétaire général du Conseil des localités de Judée-Samarie.  

Il fut un temps où l'arme essentielle de notre pays était le manque de choix. "Eyn Bréra" disions nous et nous réussissions les exploits les plus héroïques et les plus complexes. Aujourd'hui le manque d'esprit patriotique et l'anesthésie défaitiste opérée par la gauche israélienne nous amène à déclarer qu'il n'y a pas le choix et donc à nous croiser les bras.

C'est ainsi que nous restons impotents devant la menace arabe intérieure et devant les agissements de la cinquième colonne "juive". Huckabee, l'un des  anciens et brillants candidats républicains à la présidence US, a raison de déclarer que les dizaines de millions d'évangélistes américains soutiennent Israël et ses droits avec plus d'ardeur que "certains dans la communauté juive américaine et dans l'opinion publique israélienne". Parlons clairement et agissons avec raison juive pour regagner le respect de nous-mêmes, pour que nous puissions être compris, respectés et même soutenus.

Notre légitime indignation accompagne l'inacceptable article suédois nous ramenant aux heures les plus noires de l'antisémitisme européen. Nous avons raison d'exiger une réaction du gouvernement scandinave. Mais quid chez nous?

Qu'avons-nous fait de ces irresponsables israéliens qui ont fourni au monde entier un rapport sur des soldats israéliens qui auraient tiré sur des arabes comme toujours et par définition "civils, innocents, enfants et désarmés"? Où est la vertueuse indignation juive? Que faisons nous de ces "militants de la Paix" respectables qui ont fourni aux arabes des caméras pour filmer les actions des soldats de Tsahal? Quelles mesures avons-nous prises contre ces individus qui parcourent les réimplantations juives en Judée et en Samarie pour traquer la moindre trace de plâtre ou une nouvelle terrasse? Pourquoi tolérons nous le financement pléthorique de ces associations par des fonds étrangers officiels et hostiles?

Le ministre Yaalon a tort de parler seulement de virus avec lequel un individu affaibli et malade peut néanmoins continuer à vivre. Cette minorité masochiste qui ne représente en rien la volonté nationale finit par agir non comme un virus mais comme un cancer qui étend ses métastases jusque dans les bureaux gouvernementaux et  les universités après avoir rongé toutes les cellules saines des médias. Pourquoi serions nous le seul pays au monde où en temps de guerre, on ne punit pas l'intelligence avec l'ennemi, l'espionnage et le fait d'être un agent de l'étranger ?!

Mettons bon ordre chez nous et ne permettons pas que notre démocratie devienne une arme dévoyée par les ennemis de l'Etat juif. Nul ne force ces Juifs à rester en Israël et commençons par appeler sans complexe les choses par leur nom: Ce sont des traîtres.

Une fois isolées les cellules cancéreuses,  le peuple se ressaisira et saura que le choix est entre la fin de notre état juif ou la victoire sur tous les ennemis.

 

Il n'y a donc plus le choix.  Nous sommes condamnés à réussir, à accomplir notre destin et à vaincre.

Eyn Bréra !

 

Jacques KUPFER

Président du Bloc National des Juifs Francophones 

Par voline - Publié dans : Débats
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 20:41

Il semble qu’on ne peut, sans crouler sous les sarcasmes des « experts » , dissocier l’existence d’Israël de la bienveillance, du soutien, de « l’indéfectible amitié » américaine. On voudrait nous faire croire à une histoire d’amour idyllique. C’est oublier un peu vite la crise de Suez et la menace nucléaire (excusez du peu ! ), l’attaque monétaire contre la livre sterling et l’envoie de forces navales et aériennes pour interférer dans le dispositif franco-israélo-britannique de la part du conglomérat américano-soviétique

C’est oublier, aussi, l’attitude de l’ami américain durant la « guerre des six jours » et la riposte israélienne : le 8 juin 1967 des jets israéliens attaquent le navire-espion américain USS Liberty : 34 morts, 171 blessés.
Pour la classe politique israélienne, se souvenant des pressions américaines de 1956 , c’est le moyen de rappeler à Washington que l’État hébreux n’entend certes pas se contenter de jouer les Républiques bananières pour son compte, mais au contraire, de récupérer sa liberté d’action pleine et entière. Pour les Américains, empêtrés dans cette sombre histoire de navire-espion, ayant fort imprudemment prêté à Israël six RF-4C (version de reconnaissance du McDonnell Phantom II), appartenant à la 26ème escadre de reconnaissance tactique basée à Ramstein (Allemagne) et opérant sous cocardes israéliennes mais avec des pilotes américains (!), il importait de mettre fin, le plus rapidement et le plus discrètement possible, à une désastreuse erreur dans une guerre « non maîtrisée ». Washington ruminera son humiliation, bien décidée à rappeler qui était le maître à son encombrant protégé israélien.
L’attente durerait six ans… 1973 : la NSA indiqua à son frère israélien qu’aucune perturbation ne troublerait ce beau jour de kippour. Pas sympa…. Mais pas fini.
Jonathan Jay Pollard travaillait en 1985 en tant qu’officier de renseignement au Naval Anti-Terrorist Alert Center de Washington.
Les États-Unis lui reprocheront en particulier d’avoir livré à Israël le manuel des codes d’accès et de cryptage des écoutes de la NSA dans le monde, manuel qui fut ensuite livré par Shamir aux soviétiques .Pas sympa du tout.

Mais on s’arrangeait … Avoir un porte-avion, pendant la guerre froide, face aux alliés des russes était très utile et confortable pour Washington. Cela fournissait une armée supplétive, permettant, de fait, de ne pas engager directement des troupes US sur le terrain. Les conflits par procuration sont les meilleures des guerres pour les empires.

Puis la fin de la « guerre froide », le rapprochement avec les pays arabes, l’installation, véritable occupation, des « Marines » à l’intérieur des pays musulmans, la « neutralisation » de l’Irak, rendit caduque, plus que la victoire d’Obama, la pseudo alliance indéfectible. Les rapports diplomatiques solidaires ont laissé place aux épreuves de force et aux diktats.

Si les américains ont profité sans vergogne d’Israël, il est tout aussi évident que l’État israélien n’a jamais totalement souhaité une politique indépendante. En avait-il les moyens ? Il en avait en tout cas l’idéologie. Le Sionisme, héritier de l’humanisme religieux, a voulu concilier Spiritualité et Nation comme le prônait Yeshayahou Leibovitch.

Son organisation sociale première s’inspirait plus des fermes collectives enracinées que des théories capitalistes vagabondes. Israël état socialiste non-aligné ? Le défi aurait pu être relevé et les crises économiques majeures se succédant, n’insultons pas l’avenir. Impossible n’est pas historique.

L’existence d’un état est conditionné par la nature de ses alliances. Quelles alliances pour quelle politique ?

Si nous répondons Indépendance, cela devient : Quelle politique pour quelles alliances ?

Israël ne doit rien s’interdire, à priori. Un des premiers allié pourrait être le Liban débarrassé de l’influence néfaste du Hezbollah avec le retour aux affaires des Chrétiens à des postes de grande responsabilité ( souvenons-nous de L’armée du Liban libre du général Lahad, devenue ALS, regroupant non seulement des chrétiens maronites (majoritaires), mais aussi des musulmans).
Deuxièmement, la Jordanie et L’Égypte peuvent présenter des caractères de sûreté certains, si la question palestinienne se règle définitivement et rapidement : Un État palestinien laïque. Concernant la Syrie, il convient de jouer sur son caractère « laïque-socialiste -arabe ». Cela demanderait aux israéliens, surtout à leurs dirigeants, à se penser comme un État libre, un État indépendant, et disons-le tout net, comme un État pleinement laïque, pilier d’une Union du Proche-Orient, un Commonwealth démocratique, comparable à L’UE. Toutes les parties y ont intérêt. Il suffit, et chacun a conscience des travaux herculéens, de « décrocher » des impérialismes destructeurs d’identités opposés aux « Droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

On verra alors peut-être Israël ressembler plus au Venezuela et Netanyahou plus à Morales. Loin d’être un cauchemar, sauf pour les pilleurs de peuples, cela réalisera le rêve des premiers sionistes qui, comme Meir Dizengoff ( « Nous ne posséderons jamais des canons » ) pensaient que leur cause triompherait par la seule force morale…

« Et les résidus islamistes ? » me direz-vous.

Ils apparaîtront pour ce qu’ils sont : les collaborateurs empressés des impérialistes dans le vaste jeu de divisions et de massacres des peuples qu’est leur pratique nauséabonde du Monopoly mondial.


Jean-Marc DESANTI

Par voline - Publié dans : Débats
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 19:15

La burqa s'est donc invitée au château. Ce voile intégral, porté par des musulmanes, y a été réprouvé, lundi à Versailles, par le chef de l'État. " (Elle) ne sera pas la bienvenue ", a-t-il dit, sous les applaudissements nourris du Congrès. Plus tôt, des parlementaires, menés par André Gerin (PC), avaient réclamé une commission d'enquête sur ce phénomène et sa possible interdiction. Mais cet accoutrement répulsif, qui enferme la femme, n'est qu'un symptôme. Il révèle, plus gravement, la poussée de l'islamisme en France.

C'est une mission d'information parlementaire qui a été chargée, en définitive, de cerner ce choix vestimentaire encore marginal. Il faut dire que le Conseil français du culte musulman avait fait savoir son opposition à une commission d'enquête, accusée de "stigmatiser l'islam et les musulmans de France " : un argument spécieux, invitant à se taire. Or, la burqa comme le voile sont les signes d'une soumission et d'un rejet des règles de la République laïque (1). Doit-elle se résoudre à être défiée par ses hôtes ?

Quand Nicolas Sarkozy déplore : "Notre modèle d'intégration ne fonctionne plus", il se garde d'en fouiller les causes. Elles mériteraient, pourtant, la "remise à plat" promise quand le président parle de la crise économique, sociale, écologique. Car cette autre crise oubliée, multiculturelle celle-là, est autrement plus déstabilisante. Aristote : "L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation"(2). La France laisse venir l'épreuve, en refusant de se confronter à ceux qui rejettent ses valeurs.

Les nombreux musulmans démocrates ne peuvent se sentir solidaires d'une idéologie qui cherche, à terme, à subvertir la nation. Sarkozy parle d'or quand il dit : " Dans la République, la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions". Pour autant, cela ne doit pas interdire d'enquêter, au-delà de la burqa, sur le fondamentalisme dans les cités. La nation peut se perdre à fermer les yeux sur des processus de néocolonisation enclenchés dans des territoires déjà perdus. Cette évidence, le pouvoir devra bien l'aborder, autrement que par le petit bout de la lorgnette et en craignant de choquer.

Pourquoi faudrait-il craindre de contrarier les islamismes, qui se conduisent de plus en plus, en France, en territoire occupé et qui viennent de montrer leur vrai visage en Iran ? Les ménager encore serait faire reculer l'islam des Lumières, qui peine à consolider sa place. Notre "vieux pays", ainsi nommé par Sarkozy, aurait-il perdu le goût de se défendre ?

 

Ce que dit le peuple d'Iran
La France doit d'autant moins redouter d'interdire la burqa ou le niqab, et même de stigmatiser le voile comme fantasme sexuel imposé par des machistes, que l'islam radical qui inspire ces marques d'asservissement est en train de se faire désavouer par les Iraniens eux-mêmes. Ils ont forcé leur République islamiste, économiquement en ruine, à dévoiler son assise dictatoriale. Neda, belle étudiante tuée par balle, samedi, lors d'une manifestation à Téhéran, est devenue le symbole de cette oppression théocratique qui, au nom de ses interdits, truque les votes et tire sur les foules. Certes, on ne risque pas de voir défiler, à Paris, les islamo-gauchistes qui protestaient hier avec le Hamas contre le sort des Palestiniens. Ces indignés-là ne soutiennent que les tyrannies. Mais, en Iran, c'est un peuple aspirant à la démocratie qui ouvre la voie à une modernité sécularisée. Le régime des mollahs, qui commence à se fracturer de l'intérieur, a entamé sa chute.

L'histoire dira si ce tournant qui s'amorce en Iran aura été inspiré par la "contagion démocratique" qu'avait espérée George W. Bush au Moyen-Orient en libérant l'Irak de son dictateur, ou par la main tendue de Barack H. Obama à l'Islam, lors de son récent discours du Caire. Les deux politiques ont sans doute concouru, par des chemins opposés, à ces effets qu'elles recherchaient. Il a été en tout cas rassurant d'entendre le président des États-Unis sortir de ses pesants silences, dénoncés ici la semaine dernière et qu'approuvait la moutonnière obamania. Mardi, Obama a "condamné fermement les actions violentes ", en rendant hommage au "courage" des manifestants. Refuser de s'ingérer dans les affaires iraniennes, comme s'y astreint l'Occident avec raison, ne peut interdire, par excès de prudence, les élémentaires signes de soutien en direction de ce peuple musulman qui dit vouloir être libre.


Court-termisme
Reste la question : Nicolas Sarkozy désire-t-il vraiment prendre à bras-le-corps les problèmes les plus graves, dont celui de la sauvegarde de la cohésion nationale ? La promotion de femmes de confession musulmane, républicaines et laïques, est restée timide dans le remaniement ministériel. La tentation existe de dissiper les Français par une pipolisation de la politique, illustrée par l'arrivée de Frédéric Mitterrand à la Culture. Quand le chef de l'État assure, lundi, parlant d'économie et de social : " Le modèle français a de nouveau ses chances", alors que le rapport de la Cour des comptes, publié le lendemain, met en alerte sur les déficits colossaux produits, notamment, par l'État-providence, se retrouve cette constante attirance pour le court-termisme, qui a toujours repoussé les décisions les plus drastiques. À quand l'électrochoc ?

 

(1) Lire, à ce propos, Les dessous du voile, aux Editions Riposte laïque.

(2) J'emprunte cette citation à l'interessante étude que David Mascré vient de consacrer au meurtre de Ilan Halimi, Des barbares dans la cité, Editions de l'Infini. Le texte d'Aristote, cité par l'auteur, dit plus longuement ceci:"L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation.Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C'est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre".

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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 12:17

Extrait de L’Arche n°612 (mai 2009) - On peut recevoir un exemplaire gratuit du journal en envoyant son adresse postale à info@arche-mag.com.

ahmedinajab

Le 20 avril 2009, au siège européen des Nations unies à Genève, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad monte à la tribune pour prendre la parole devant les délégués à la Conférence d’examen de Durban (dite Durban 2).

 

Son discours est brièvement interrompu par des étudiants juifs français déguisés en clowns, puis par le départ d’un certain nombre de délégués qui quittent la salle pour protester contre ses propos visant Israël, le sionisme et les Juifs [1].

UEJF-durban2

 

Mais qu’a dit exactement Ahmadinejad? Aussi bizarre que cela puisse paraître, cette question simple en apparence a reçu des réponses contradictoires.

Ainsi, juste avant le départ des délégués européens, quand Ahmadinejad commence à parler des circonstances de la création de l’État d’Israël, on entend distinctement le président iranien prononcer, en langue persane (farsi), le mot «Holocauste». Dans la traduction simultanée qui a été diffusée en France – et dont la vidéo demeure disponible sur internet – l’interprète français dit: «sous prétexte des Juifs qui ont été victimes de l’Holocauste». Dans la traduction simultanée en langue anglaise, l’interprète dit, au même endroit du discours: «under pretext of Jewish sufferings and the am…» («sous le prétexte de souffrances juives et l’am…»), puis il s’interrompt de manière inexplicable et ne reprend le fil de la traduction qu’à la phrase suivante.
Que s’est-il passé, pour que deux interprètes professionnels donnent des versions différentes d’un même texte? Et pourquoi l’interprète anglophone s’est-il interrompu au milieu de sa traduction?

Si on consulte la version anglaise du discours qui a été diffusée ultérieurement sur le site internet de PressTV (une télévision gouvernementale iranienne en langue anglaise, qui est en fait un véhicule de la propagande de Téhéran à destination du monde anglo-saxon), on lit: «under the pretext of Jewish suffering», soit, à un article près, le début de la traduction de l’interprète; mais sans aucun mot qui commence par «am…». En revanche, si on se reporte au texte dans un anglais parfois approximatif qui a été distribué à Genève par la Mission permanente de la République islamique d’Iran auprès des Nations unies, on trouve: «on the pretext of Jewish sufferings and the ambiguous and dubious question of holocaust». (Contrairement à l’usage, le texte iranien ne met pas de majuscule au mot «Holocaust».)
Telle est l’origine du «am…» dans la bouche de l’interprète. Il s’apprêtait à dire «ambiguous», et il s’est arrêté soudain. Dans l’original anglais du discours de Mahmoud Ahmadinejad figure bien, après le «prétexte» des «souffrances juives», «la question ambiguë et douteuse de l’Holocauste». C’est ce texte-là que l’interprète a sous les yeux, de même que les diplomates et les autres participants à la conférence. C’est ce texte-là qui est pour eux le discours d’Ahmadinejad: préparé à l’avance, traduit en anglais et diffusé par les autorités iraniennes, il définit la position de Téhéran.
De fait, lisant son discours à la tribune de Genève, Ahmadinejad a prononcé le mot «holocauste» (on peut supposer qu’il ne pensait pas y mettre une majuscule), bien que la traduction de PressTV ait ensuite biffé le mot. Mais il a évité, à la dernière minute, de prononcer les adjectifs «ambigu et douteux». Si l’«holocauste» était selon Ahmadinejad un «prétexte» à la création de l’État d’Israël, le flou subsiste quant à la réalité de l’événement en question. Ce doute est, si l’on en croit les journalistes présents à Genève, le fruit d’une rencontre de dernière minute entre le président iranien et le secrétaire général des Nations unies, au cours de laquelle Ahmadinejad aurait été convaincu de ne pas aborder trop explicitement cette question qui fâche.

Voici donc, selon la version anglaise de PressTV, ce que Mahmoud Ahmadinejad a dit à Genève. Dénonçant «un certain nombre de pays puissants» qui gèrent les affaires du monde en «se basant sur leurs propres intérêts», il déclare:

«À la suite de la seconde guerre mondiale, elles ont recouru à l’agression militaire pour transformer toute une nation en peuple sans abri sous le prétexte de la souffrance juive et ils ont envoyé des immigrants d’Europe, des États-Unis et d’autres parties du monde pour mettre sur pied un gouvernement totalement raciste en Palestine occupée. Et, pour compenser les terribles conséquences du racisme en Europe, ils ont aidé à amener au pouvoir le régime le plus cruel et le plus répressif en Palestine.»

Nous suivons ici la traduction française publiée le 22 avril par Alain Gresh, directeur adjoint du Monde diplomatique, sur son blog Nouvelles d’Orient. Pour M. Gresh, qui se définit comme «spécialiste du Proche-Orient», le texte de PressTV représente l’«intervention intégrale» du président iranien. Dans une chronique au titre particulièrement violent, «Durban II, délire et désinformation», M. Gresh s’en prend aux journalistes occidentaux qu’il accuse de «déformer [l]es propos» d’Ahmadinejad. Ce dernier a renoncé aux mots «ambigu et douteux», donc tout est bien qui finit bien, et seuls des esprits chagrins ou des experts en «délire et désinformation» y trouveront à redire.

Ne chipotons pas sur le mot «holocauste» (avec ou sans majuscule) qui, figurant dans la version écrite originelle, puis effectivement prononcé par Ahmadinejad à la tribune, a disparu de la version tardive mise en ligne par les propagandistes de PressTV et fidèlement traduite par Alain Gresh [2]. Demandons-nous plutôt lequel, du discours rédigé à Téhéran et de la version amendée in extremis à Genève, est le «vrai» discours d’Ahmadinejad, c’est-à-dire l’expression des sentiments profonds du pouvoir iranien actuel.
Quand Ahmadinejad écrit que l’État d’Israël (il n’emploie évidemment pas le mot) a été créé «sous le prétexte de la souffrance juive et de la question ambiguë et douteuse de l’holocauste», qu’il fait diffuser ce texte en version anglaise par ses représentants officiels aux Nations unies, et qu’à la dernière minute il consent à en retrancher deux adjectifs, où faut-il voir la vérité de ce qui se dit et se pense à Téhéran? Dans le texte originel, mûrement pesé et médité, ou dans le correctif improvisé à Genève? Pour tout esprit honnête, la réponse à cette question ne devrait faire aucun doute, surtout au vu de ce qui se dit et s’écrit en ce moment même en Iran, et dont nous reproduisons quelques exemples en complément à cet article.
Mais restons au discours d’Ahmadinejad à Genève. Le monde entier, obnubilé par le négationnisme dont le régime iranien a fait sa marque de fabrique, s’est polarisé sur le passage du discours relatif au «prétexte» de «l’holocauste». Du coup, on a négligé un passage bien plus long, dont une partie a aussi été omise à la dernière minute par Ahmadinejad. Dans ce passage il n’est pas question de «l’holocauste», mais sa tonalité est bien plus épouvantable encore. Il s’agit d’un discours proprement antisémite, fondé sur les dubies conspirationnistes dans la veine des Protocoles des Sages de Sion. Certes, le mot «Juifs» est remplacé par le mot «sionistes»; mais un enfant de cinq ans comprend de quoi il ressort. Voici ce passage du discours d’Ahmadinejad, qui suit immédiatement le passage dont nous avons parlé plus haut.

«Le Conseil de sécurité a contribué à la stabilisation du régime sioniste et a soutenu les sionistes durant les soixante dernières années, leur donnant un feu vert pour poursuivre leurs crimes.
Il est d’autant plus regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux, avec les États-Unis, se soient engagés à défendre ces individus racistes responsables de génocide, alors même que la conscience éveillée et les esprits libres du monde entier condamnent les crimes sionistes d’agression, de massacres et autres brutalités commises lors des bombardements de civils à Gaza. Ces gouvernements ont toujours soutenu ou sont restés silencieux face aux actes infâmes du régime sioniste.
Fort malheureusement la raison de leur soutien et de leur silence est que le sionisme égoïste et barbare est parvenu à pénétrer profondément leur structure politique et économique, ce qui inclut leur législation, leurs médias de masse, leurs entreprises, leur système financier et leurs agences de sécurité et de renseignement. Ils ont imposé leur domination au point que rien ne puisse être fait contre leur volonté. Dans certains pays, même les changements de gouvernement ne font jamais fléchir le soutien aux sionistes, bien qu’ils soient tous conscients de leurs crimes: cela est en soi fort regrettable.
Tant que la domination sioniste se maintiendra, de nombreux pays, gouvernements et nations ne seront jamais en mesure de jouir de la liberté, de l’indépendance et de la sécurité. Tant qu’ils seront au sommet du pouvoir, la justice ne triomphera jamais dans le monde et la dignité humaine continuera d’être offensée et piétinée. Il est grand temps que l’idéal du sionisme, qui constitue le paroxysme du racisme, soit brisé.»

Qui sont donc ces «sionistes» omniprésents, capables de «pénétrer profondément» la «structure politique et économique» des pays occidentaux, y compris «leur législation, leurs médias de masse, leurs entreprises, leur système financier et leurs agences de sécurité et de renseignement»? Comment imposent-ils leur «domination» dans «de nombreux pays», au point que leurs habitants ne peuvent «jouir de la liberté, de l’indépendance et de la sécurité»? À quoi les reconnaît-on, puisqu’ils sont «au sommet du pouvoir»? Mahmoud Ahmadinejad a certainement la réponse à ces questions, puisque le passage ci-dessus figure dans le discours traduit, imprimé et diffusé en son nom par la Mission permanente de la République islamique d’Iran auprès des Nations unies.

Pour le premier passage, nous avions eu recours aux services du traducteur bénévole Alain Gresh. Pour ce passage-ci, notre collaborateur, aussi involontaire que le premier, se nomme Thierry Meyssan. Le journaliste conspirationniste, qui vit désormais au Liban, continue d’alimenter son site internet Voltairenet.org (ex-«Réseau Voltaire») en articles où il dévoile, outre l’«effroyable imposture» du 11-Septembre, les innombrables complots ourdis par un Empire que dirigent des puissances occultes et où le «sionisme» joue un rôle de premier plan. Le discours d’Ahmadinejad était donc pain bénit, et Meyssan ne pouvait manquer de le reproduire. Cependant, les circonstances ont donné à cette reproduction un relief particulier.
Il faut dire que le site Voltairenet.org existe, pour des raisons qui tiennent peut-être à ses sources de financement, en plusieurs langues. Sur le site de langue anglaise, on trouve à la date du 22 avril 2009 une version du discours qui est strictement conforme à celle de PressTV. Sur le site de langue française, en revanche, le texte publié est daté du 20 avril, jour où Ahmadinejad a pris la parole. Et il repose sur la première version, celle qui a été distribuée par les Iraniens à Genève – à une exception près: l’expression «sous le prétexte de la souffrance juive et de la question ambiguë et douteuse de l’holocauste» est devenue «sous prétexte des souffrances juives et des abus sur la question de l’Holocauste» [3].
C’est ainsi que le lecteur de Voltairenet.org a droit, selon sa langue, à la version originale du discours prononcé par Ahmadinejad à Genève (en français et en espagnol), ou à la version aseptisée de ce même discours publiée par PressTV (en anglais et en italien)… Le développement sur «la domination sioniste» figure dans la version originale. Dans la version aseptisée, la partie du discours commençant par «Fort malheureusement» a disparu de manière inopinée. Des «actes infâmes du régime sioniste» on passe directement à «l’attaque U.S. contre l’Irak» et à «l’invasion de l’Afghanistan» (on y apprend que celle-ci a été «planifiée par les sionistes et leurs alliés de l’administration U.S. d’alors»).

Continuons à lire le texte d’Ahmadinejad. L’orateur revient à son thème de prédilection, sans la moindre autocensure. Désormais, toutes les versions concordent – celle d’avant le discours et celle d’après le discours.

«Aujourd’hui la communauté humaine est confrontée à un genre de racisme qui a terni l’image de l’humanité au début du troisième millénaire. Le mot “sionisme” [NDLR: en fait, Ahmadinejad parle ici du “sionisme mondial”: voir la note 3 en fin de cet article] incarne un racisme qui a faussement recours à la religion et abuse du sentiment religieux pour cacher sa haine et son horrible visage.
Il est cependant très important de souligner les objectifs politiques de certaines des puissances mondiales et ceux qui contrôlent des intérêts économiques, des richesses énormes dans le monde. Ils mobilisent toutes leurs ressources, dont leur influence économique, politique et médiatique mondiale pour apporter leur soutien au régime sioniste et s’efforcent singulièrement d’atténuer l’indignité et la disgrâce de ce régime.
Ce n’est pas uniquement une question d’ignorance et il est impossible de dompter de tels phénomènes par de simples messages culturels. Des efforts doivent être déployés afin de mettre un terme aux abus, par les sionistes et leurs soutiens, à l’encontre de la volonté politique et internationale et, en respect de la volonté et des aspirations des nations, les gouvernements doivent être encouragés et soutenus dans leurs combats visant à éradiquer ce racisme barbare, à avancer vers une réforme des mécanismes internationaux actuels. 

Vous êtes, sans aucun doute, tous informés des complots de certains pouvoirs et des cercles sionistes contre les objectifs et les aspirations de cette conférence. Malheureusement beaucoup d’informations peuvent être diffusées dans un but de soutien au sionisme et à ses crimes, et il en va de la responsabilité des honorables représentants des nations de faire le jour sur ces campagnes qui sont en opposition avec les valeurs et principes humains.»
Un lecteur innocent ne verra là rien d’autre qu’une attaque en règle contre le «racisme» de l’État israélien. Un lecteur un peu plus subtil, informé par les passages du même discours que nous avons cités précédemment, s’interrogera sur l’identité de «ceux qui contrôlent des intérêts économiques, des richesses énormes dans le monde» et qui «mobilisent toutes leurs ressources, dont leur influence économique, politique et médiatique mondiale pour apporter leur soutien au régime sioniste»…

À la vérité, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la fantasmagorie antisémite se déploie ici dans toute sa brutalité. Partant de là, on est en droit de se poser des questions quant au discernement – ou à l’honnêteté intellectuelle – dont ont fait preuve les commentateurs français qui ont balayé d’un revers de la main les objections au discours de Mahmoud Ahmadinejad. On est même en droit de se demander de quelle manière ces mêmes commentateurs comprennent les discours, somme toute très semblables à celui de Mahmoud Ahmadinejad, prononcés par les «antisionistes» français que sont Dieudonné, Alain Soral et Yahia Gouasmi. Lorsque ce dernier – président du Parti anti-sioniste, du Centre Zahra et de la Fédération chiite de France – déclare sous le regard approbateur de ses deux comparses que «le sionisme a gangrené notre société», qu’il «gère les médias» et qu’il «gère l’éducation de nos enfants», il ne fait rien d’autre que reprendre, dans le contexte français, le discours dont Mahmoud Ahmadinejad était porteur devant une conférence des Nations unies à Genève.
Contrairement à l’impression que certains ont voulu donner lors de la Conférence «Durban 2», les enjeux ne se limitent pas au Proche-Orient, et ce qui est en cause n’est pas seulement le conflit israélo-palestinien. Car faire montre de la moindre indulgence envers les propos du président iranien, c’est entériner par avance les propos – voire les actes – de ses adeptes et imitateurs un peu partout dans le monde. Y compris en France.

NOTES

1. Selon les comptes rendus de la conférence qui ont été publiés, les délégués des 24 pays suivants ont quitté la salle après le commencement du discours de Mahmoud Ahmadinejad: Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Saint-Kitt et Neviss, Slovaquie, Slovénie, Suède. Neuf pays avaient par avance boycotté la conférence, pour les mêmes raisons: l’Allemagne, l’Australie, le Canada, les États-Unis, Israël, l’Italie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et la Pologne. On remarque que tous les pays membres de l’Union européenne qui n’ont pas boycotté la conférence se sont retirés de celle-ci lors du discours d’Ahmadinejad. La République tchèque (qui assume la présidence tournante de l’Union européenne) décidera de se retirer définitivement de la conférence après le discours; les autres pays européens reprendront leur place dans la salle après le discours du président iranien.

2. Par ailleurs, Alain Gresh se livre à une petite rectification amusante dans le vocabulaire des traducteurs iraniens. Le discours de Mahmoud Ahmadinejad se réfère, dans la version initiale comme dans la version «corrigée», aux «migrants» que les grandes puissances ont envoyés en Palestine pour y fonder l’État d’Israël. Mais le mot «migrants» a, dans la langue française contemporaine, une connotation positive liée aux tribulations des non-Européens en recherche d’un lieu où vivre et travailler. Les «migrants» du discours iranien sont donc devenus, sur le blog du Monde diplomatique, des «immigrants».

3. Pour être précis, il est un autre endroit où la traduction publiée par Thierry Meyssan s’écarte de l’original. On lit chez Meyssan: «Le mot “sionisme” incarne un racisme (…)». Or le texte anglais diffusé par les Iraniens, aussi bien dans la version originelle que dans la version ultérieure de PressTV, dit que le «World Zionism», c’est-à-dire le «sionisme mondial», est une incarnation du racisme (une formulation tout à fait conforme au conspirationnisme antisémite qui imprègne le discours d’Ahmadinejad). Pourquoi cet écart subit? Une explication pourrait être que Thierry Meyssan, ou celui qui a effectué pour lui une traduction de l’anglais vers le français, a pris peur devant cette violence verbale. Une explication plus triviale tiendrait à une confusion entre les mots anglais world («monde») et word («mot»).
http://www.terredisrael.com:80/wordpress/?p=7631

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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 12:29

Dans le cadre de sa tournée européenne, le Ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman a effectué une courte visite  à Paris. Cette étape parisienne a été ponctuée par une rencontre avec son homologue français Bernard Kouchner au Quai d’Orsay.

Il a été reçu à l’Elysée où, en l’absence du Président de la République en tournée en province, il a rencontré le  Secrétaire général Claude Guéant…Lire la suite

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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 12:22

Le pèlerinage de Sa Sainteté le pape Benoît XVI en Terre sainte a pour visée la promotion de la paix et de la réconciliation : « Au cours de mon pèlerinage en Terre sainte, je demanderai au Seigneur, en me rendant sur les lieux sanctifiés par son existence terrestre, de nous faire le présent précieux de l’unité et de la paix au Proche-Orient et pour toute l’humanité.1 » Sa Sainteté a défini son pèlerinage en Terre sainte de visite au lieu de naissance de la foi chrétienne: « Je m’apprête à visiter Israël, pays sacré pour les chrétiens comme pour les juifs, pays où plongent les racines de notre foi. L’Eglise puise en effet ses valeurs dans les racines de ce bon olivier – le peuple d’Israël -  sur lequel ont été greffées par les Gentils les branches de l’olivier sauvage (Épître aux Romains 11, 17-24). Depuis les premiers jours du christianisme, notre identité et chacun des aspects de notre existence et de notre culte ont été intimement liés à l’ancienne religion de nos pères dans la foi. » Lire la suite

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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 16:33
Source : Site Pajamasmedia


Texte original anglais : "« Never Again », Obama Style
"


Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

 

Aucun président de l’époque moderne n'est parvenu à cacher une si grande part de sa biographie que celui-là. Les journalistes affectés aux scoops sur Obama semblent avoir perdu leur appétit traditionnel pour la recherche d’éléments manquants. Nous n'avons pas un rapport médical, ni un document de l'Université de Columbia, ni la moindre indication sur ce qu’il a fait de bon à la Faculté de Droit de Harvard.

Ces choses ne sont pas forcément importantes, mais elles peuvent l’être. Personne ne pense que le président a quelque problème médical que ce soit. Il présente tous les signes d’une excellente condition physique. Mais c’était aussi le cas de John F. Kennedy, dont il s’avéra qu’il avait eu la maladie d'Addison et qu’il prenait des stéroïdes et des calmants anti-douleur, qui ont eu un effet sur son efficacité. Nous ne le savions pas alors. Nous aurions dû le savoir.

Qu'a étudié Obama ? Avec qui ? Avec quel succès ? Obama tient, de temps en temps, des propos qui ne sont pas caractéristiques de personnes cultivées, comme lorsqu’il gaffe à propos du nombre d'Etats américains, ou quand il semble croire qu'on parle "autrichien" à Vienne. S’agit-il de lapsus accidentels ? Ou bien ses années d'université et d’études de droit témoignent-elles d’une ignorance structurelle ? Nous avons le droit de le savoir, mais les habituels suspects de la meute des chasseurs de médias, font preuve d’un manque de curiosité décevant, quoique tout à fait prévisible.

De grandes quantités de papier-journal ont été remplies de critiques justifiées de l’insistance bush-chenyenne sur le secret. Des critiques, et même des gens qui se prétendaient sympathisants de l'administration Bush, ont été encouragés à croire toutes sortes d’absurdités, dont beaucoup étaient alimentées par l'incapacité bien connue de cette administration à expliquer ce qu'elle faisait, et pourquoi elle le faisait. De la même manière, l’obstruction à l’accès d'informations de base sur Obama alimente de sombres soupçons sur la légitimité même de sa présidence, et sur la persistance de l’exigence qu'il prouve sa qualification constitutionnelle à occuper ce poste.

Manquant de l'information de base, nous devons utiliser les vieux outils. Nous devons inférer, déduire, et deviner. Nous devons analyser ses propos et les comparer à ses actes. Lui-même y insiste. En mars, quand les Coréens du Nord ont répliqué aux multiples avertissements internationaux en lançant une fusée, Obama a mis l’accent sur le fait que « les mots doivent signifier quelque chose ». « Le monde doit faire front commun pour empêcher la dissémination de ces armes. C’est le moment, à présent, d’une réponse internationale forte ». Il a eu raison d’insister sur le fait que des bavardages inutiles n’avaient rien de bon, parce que, s’il n’était pas tenu compte des avertissements sans que cela n’implique aucun prix à payer, les avertissements n’auraient plus de sens. Sans action, les mots ne signifient rien.

Une déclaration conjointe Etats-unis-Europe est revenue sur ce thème, faisant remarquer que la Corée du Nord développait « sa capacité de menacer des pays, voisins et lointains, par des armes de destruction de masse. » Elle ajoutait :

« Cette action exige une réponse de la communauté internationale, y compris de la part du Conseil de Sécurité de l’ONU, pour démontrer qu’on ne peut faire fi de ses résolutions en toute impunité. »

Ce qui m’amène à son récent discours, peu analysé, prononcé au Capitole, pour le Jour du Souvenir de l’Holocauste, un thème obligatoirement cher au coeur et à l'âme de notre premier président noir. Une partie de ce discours est du meilleur Obama : élégant, sobre, allant droit au fait. Il a souligné un point qui m’est cher, et qui est souvent oublié dans l'histoire du fascisme :

« C’est la plus sinistre des ironies que l’un des actes les plus sauvages et les plus barbares du mal dans l'histoire ait pris naissance dans l’une des sociétés les plus modernes de son temps, où tant de points forts du progrès humain sont devenus des outils de dépravation de l’humanité : une science capable de guérir, utilisée pour tuer ; une éducation capable d’éclairer, utilisée pour justifier rationnellement les instincts moraux les plus bas...

Oui, le fascisme et le nazisme sont issus de deux sociétés occidentales parmi les plus avancées et les plus cultivées : l'Italie et l'Allemagne. Et les institutions de ces sociétés ont été mises au service de l’Holocauste, avec bien peu de protestations de la part individus parmi les plus cultivés et les plus modernes de ces sociétés.

La bureaucratie qui régule la vie moderne, a été utilisée comme une machinerie de la mort de masse, un système impitoyable et effroyablement efficace, où beaucoup ont été responsables du massacre, mais peu ont eu concrètement du sang sur les mains... »

Ces propos sur la « bureaucratie qui régule la vie moderne » fournissent un aperçu utile sur la manière dont Obama considère l’exercice de l’autorité. Il aime l’autorité, particulièrement la sienne. Mais il a mal compris l'histoire nazie. La bureaucratie qui a organisé les meurtres de masse était en grande partie militaire, et sa composante la plus importante ne faisait pas partie de la bureaucratie ni même de l'armée traditionnelle, mais de la SS, qui était rattachée directement au Führer, et non au vieil Etat allemand.

La description, que fait Obama, du processus de massacre, dans lequel les victimes ont été traitées par une chaîne de meurtre de masse, est exacte et importante, mais il n'a pas compris que Hitler avait créé un nouveau genre d'Etat. Le nazisme a pris le pouvoir en Allemagne, mais l'Etat nazi était très différent de l'"Etat de droit" qui l'avait précédé.

C’est alors qu’Obama donne sa version du "Plus jamais", et c'est une version très étrange, en vérité. D'abord, il tire des motifs d'espoir des survivants de Holocauste. Ceux qui sont venus en Amérique ont eu un taux de naissance plus élevé que les juifs qui vivaient déjà ici, et que les membres du « peuple choisi » qui a créé Israël. Ceux-ci, dit-il, ont choisi la vie et l'ont revendiquée, en dépit des horreurs qu'ils avaient subies. Puis, il poursuit :

« Nous trouvons une raison d’espérer dans le fait que des enfants protestants et catholiques vont à l'école ensemble en Irlande du Nord ; que des Hutus et des Tutsis vivent en bon voisinage et pardonnent à ceux qui ont commis l'impardonnable ; et dans l’existence d’un mouvement pour sauver le Darfour, qui compte des milliers de groupes locaux dans les collèges et les facultés de 25 pays, et qui a rassemblé, dans le grand hall public de Washington, 70 000 personnes de tous âges, croyances religieuses, expériences et races, unis pour une cause commune à des frères et des soeurs souffrants d’un bout du monde à l’autre.

Tous ces gens peuvent être notre avenir, nos compatriotes du monde, qui nous montrent comment effectuer le voyage de l'oppression à la survie, comment passer de la situation de témoin à celle de résistance, et finalement à la réconciliation. C’est ce que nous voulons dire quand nous disons "plus jamais". »

Donc, "plus jamais" veut dire que nous apprenons d'autres comment pardonner et oublier, et finalement vivre heureusement les uns avec les autres. Mais ce n'est pas ce que signifie "plus jamais", au moins pour la génération de l’Holocauste et pour la plupart de ses descendants. Pour eux, "plus jamais" signifie que nous allons annihiler celui qui se prend pour le prochain Führer. Pas une fois, dans tout son discours, Obama ne mentionne que les Etats-Unis ont pris la tête une coalition de peuples libres contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon ; il ne parle pas davantage non plus de la nécessité du sacrifice pour empêcher la réitération de ce qui s’est passé. En fait, ses exemples suggèrent qu'il ne saisit pas toutes les dimensions de la lutte contre le mal. L'Irlande du Nord est un exemple totalement inadéquat (rien qui ressemble, même de loin, à un Holocauste, ne s’est produit dans ce pays) ; les relations entre Hutus et Tutsis, au Rwanda et au Burundi, ne sont guère caractérisées par le pardon, bien que le président du Burundi œuvre puissamment à réaliser un modus vivendi pacifique ; quant au Darfour, eh bien, malgré les dizaines de milliers de personnes qui ont manifesté dans le grand Hall public de Washington, personne n’a fait grand-chose pour empêcher le régime de Khartoum de massacrer les peuples du sud.

Dans l'histoire des temps modernes, les Etats-Unis ont fait plus que n'importe qui d’autre, peut-être davantage que le monde entier réuni, pour vaincre le mal, et nous le faisons encore. Pourtant, Obama dit que nous devons "apprendre d'autres" comment progresser, pardonner et oublier, et vivre heureux pour toujours. Mais ce ne sont que des mots et non des politiques, ni même des actions. Et les significations qu’il donne à ses mots montrent qu'il n'a pas réellement l’intention de faire quoi que ce soit pour contrecarrer le mal, pas plus qu'il n’a eu quelque action concrète à proposer pour punir la Corée du Nord.

Fait significatif, Barack Obama est beaucoup plus sévère envers ses opposants intérieurs américains, qu’à l’égard des tyrans qui menacent nos valeurs et l’Amérique elle-même. Il dit aux Républicains qu’ils feraient mieux de cesser d’écouter Rush Limbaugh [1], mais il ne critique pas les Palestiniens qui éduquent leurs enfants dans la haine des juifs. Il se prosterne devant le monarque saoudien, mais humilie le Premier ministre de Grande-Bretagne. Il exprime son étonnement de ce que l’on puisse craindre que le président vénézuélien Hugo Chavez soit une menace pour la sécurité nationale, alors même qu’il scelle une alliance avec un Iran qui fait venir de Téhéran, via Damas, dans notre hémisphère, des avions pleins de maîtres ès terreur, d’armes et d’explosifs, qui alimente le trafic de terroristes et de narcotiques, et offre des installations militaires aux vaisseaux de guerre et à l'aviation russes. Apparemment [Obama] semble indifférent à l'islam radical et à la résurgence du communisme en Amérique latine, tandis que son département de la sécurité intérieure lance  un avertissement aux anciens combattants – élite de l'Amérique – de retour du Moyen-Orient. Il s’efforce d’avoir des relations chaleureuses avec l'Iran et la Syrie – qui ont du sang américain jusqu'au cou –, tout en avertissant Israël des terribles conséquences qu’il encourt s’il tente de lancer une attaque préventive contre la menace nucléaire iranienne.

Jusqu'ici, au moins, l'unique message clair du Président Obama est qu'il n'est pas disposé à combattre... nos ennemis internationaux. Et les propos suivants de son discours pour la Journée de l’Holocauste, donnent l’impression qu’il est plus un psychothérapeute qu'un dirigeant national :

« … Nous avons l'occasion de prendre l’habitude de l'empathie, de nous reconnaître dans chacun d’autre, de nous engager à résister à l’injustice, à l'intolérance et à l'indifférence, quelles que soient les formes qu'elles peuvent prendre, que ce soit en tenant tête à ceux qui mentent à propos de l'histoire, ou en faisant tout notre possible pour empêcher et stopper des atrocités comme celles qui ont eu lieu au Rwanda, et celles qui ont lieu au Darfour… »

Ces mots sont calculés pour intérioriser [2] les conflits qui font rage dans le monde réel, et c’est précisément le genre de propos qui encourageront nos ennemis à redoubler d’efforts pour nous abattre. Car si le président des Etats-Unis n'agit pas, qui peut les arrêter?

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Notes du traducteur

 

[1] Linbaugh, personnalité très controversée, est l'un des animateurs de radio les plus écoutés du pays (13 millions de personnes par semaine, selon Wikipedia). C’est un tenant inconditionnel de la droite américaine, et il a contribué à la réélection de Georges Bush.


[2] Faute de meilleure option, j’ai traduit par "intérioriser" le verbe anglais "internalize", qui signifie, dans le présent contexte, amener l’esprit à accepter comme normal le fait qu’il y a des conflits.


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Par voline
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